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LES FORMES D'HABITAT

On peut distinguer dans notre région deux types de villages :

19 Le village allongé, à maisons serrées les unes contre les autres et pignons contigus, avec le jardin rejeté par derrière, la cour remplacée par les servitudes du parge. Toutes les façades sont tournées vers la rue: il n’y a qu'une rue par village, mais elle s’allonge parfois sur plusieurs centaines de mètres.

C'est le village lorrain classique, celui qu’on rencontre à peu près exclusivement de l’Argonne jusqu’à la Seiïlle; il domine encore dans le Gau et déborde quelque peu dans le Pays aux Bois (Uberherrn, Creutzwald, Carling).

20 le village sans forme précise, à maisons séparées les unes des autres, tournant vers la rue tantôt leur facade, tantôt leur pignon, présentant autant de vides, de cours et de jardins que de constructions. C’est le village-tas des géographes allemands (Haufendorf) ou, pour reprendre l'expression plus gracieuse de Mie LEFÈvRE, le villagenébuleuse (*). Il domine dans le Hochwald et les Campagnes permiennes (Hôchen, planche XXIX, B), et on en retrouve quelques échantillons jusque dans le Kôüllertal, à Hellenhausen, Herchenbach, Walpershofen, Hirtel (?). Les deux types se mélangent dans la dépres- : sion sarroise, parfois même ils Shecolent l’un à l’autre; Behren (canton de Forbach), à l'extrémité du plateau, offre un curieux exemple de village-nébuleuse, dérivant d’un ancien hameau, juxtaposé à un village allongé, né le long de la nouvelle route de Sarreguemines à Forbach. Entre les deux, une zone de jardins et de vergers forme une solution de continuité.

Le village allongé est, en général, un village-route : ou bien il est né de celle-ci (Forbach, Malstatt), ou bien il s’y est ajusté de bonne heure (Tholey). Nulle part il n’est aussi net que là où la route ne rencontre pas d’obstacle, sur le plateau déboisé ou dans les vallées. Parfois ce village allongé est un village de défrichement récent (Porcelette, Ludweiler) ou de reconquête sur la forêt; dans ce Cas, il ne se trouve pas forcément le long d’une grande route, mais au centre d’une clairière forestière aux limites géométriques (Henriville, fig. 31). Faute de documents cartographiques anciens, on ne peut pas affirmer

(1) M. À Ler.vRE [267].

(2) W. ZIMMERMANN [2101, p. 27.

que les maisons des premiers colons étaient contiguës ou séparées par un enclos que prolongeait un long champ gagné sur la forêt, comme c’est le cas dans le Waldhufendorf de l'Allemagne centrale. Actuellement, ce type tend à se confondre avec le village-route.

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