‹ La Région Industrielle SarroiseChapitre 2 sur 270 · VIII AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VIII AVANT-PROPOS

en France, en 1932, les deux tiers du charbon, les deux cinquièmes des aciers qu’elle exporte ; elle tire de France les neuf dixièmes du minerai et les deux tiers environ des produits alimentaires qu’elle consomme. Or, tandis que les achats de la Sarre en Alsace et en Lorraine datent d'avant la Guerre, c’est seulement après 1920, à la faveur du nouveau régime, et surtout depuis la crise, qu’elle a pu s'orienter vers le marché français. L'industrie sarroise a donc gagné à être rattachée au territoire douanier français et on ne voit pas comment, dans l’état actuel des voies de communication, elle pourrait vivre séparée de la France par cette muraille de Chine que constitue le protectionnisme — taxes, contingentements, prohibitions — et que la crise oblige sans cesse à relever. Je n’en dirai pas davantage; si dix ans d’études m'autorisent à tirer une conclusion, ils ne me confèrent pas le droit de donner un conseil aux Sarrots, ni d'apporter au public français une prophétie.

Dans la longue liste des personnes que j'ai à remercier, j'ai la joie de placer au premier rang mes maîtres de la Sorbonne, MM. L. GazLois, Emm. DE MARTONNE et A. DEMANGEON, non seulement par gratitude d'étudiant, à qui us ont révélé l’infinie variété du paysage et les multiples prises qu'il offre à l’intelligence ; mais par reconnaissance pour l’aide affectueuse qu’ils m'ont apportée. [ls ont attendu patiemment que cet ouvrage sortit des limbes ; ils ont lu et relu les ébauches de manuscrit et leurs critiques ont été l’occasion d’une fructueuse revision. Je leur associe un autre maître, M. H. BAUzi1G, professeur de géographie à l’Université de Strasbourg, qui m'a toujours accueilli avec une discrète bonté.

Ce livre n'aurait pas été possible si je n'avais trouvé, en Sarre même, dans la personne de M. J. Morize, membre français de la Commission de Gouvernement, l’homme le plus capable de l'écrire. Il fallait beaucoup d'intelligence et un patriotisme éclairé pour tirer du statut sarrois tous les avantages que la France, propriétaire des mines, et la Sarre, maîtresse de ses destinées, étaient en droit d'en attendre. On aime à retrouver l'une et l’autre dans l’œuvre accomplie, à la Commission de Gouvernement, par le représentant de la France. Les historiens diront, quand l'heure sera plus

Page 1