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LES CYCLES RÉCENTS

Si la surface de 400-420 mètres n’est pas déformée, cette conclusion peut être immédiatement étendue à toutes les formes plus récentes : l’évolution du relief au Pliocène et au Quaternaire doit avoir été commandée uniquement par les variations du niveau de base rhénan. Cependant il n’est pas inutile de chercher confirmation de cette interprétation dans l'examen des niveaux et des terrasses.

(1) G. BazckerooT [23] a bien retrouvé une surface d’érosion à une altitude absolue constante de 400-420 mètres le long de la vallée de la Semois et de la Meuse; mais il l’a considérée d’abord comme déformée à la bordure méridionale du massif ancien. Ce dernier point mériterait peut-être une revision, car la côte bajocienne entre Hussigny et Tellancourt (N. de Longuyon) culmine précisément à 400- 420 mètres. Dans une communication plus récente [24 bis] BAEcKkEROOoT admet la

possibilité d’une surface horizontale « aussi bien sur le Sud de l’Ardenne que sur

le Massif ardennais lui-même », et il explique l’altitude déprimée du Grès de Stonne dans les Ardennes françaises par un abaissement vertical d’une centaine de mètres de ces blocs. Il y aurait une autre manière de lever la difficulté : reconnaître que la surface de base du Grès de Stonne est la surface oligocène déformée. :

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a) Problème de méthode. — Au vrai, le témoignage qu’ils apportent n’est pas toujours explicite. Les niveaux, parfaitement nets dans la traversée du Hochwald, quand ils sont établis sur des couches dévonniennes redressées jusqu’à la verticale, sont difficiles à suivre dès qu’on passe sur l’avant-pays triasique : ou bien la roche est trop meuble, ou bien l'allure subhorizontale des couches ne permet pas de distinguer niveaux d’érosion et niveaux structuraux.

L'interprétation des terrasses ne demande pas moins de précautions. Les matériaux sont de trois sortes : limons (lehms), sables et cailloux roulés. On a vu plus haut la diversité des lehms : les uns, régulièrement stratifiés et présentant une composition chimique différente de celle du substratum, sont d’authentiques alluvions. Mais beaucoup d’autres, simple pellicule de terre arable par-dessus la roche en place, sans trace de stratification, doivent provenir d’une désagrégation du substratum. Les cartes géologiques allemandes, aussi bien celle d’Alsace-Lorraine que la carte prussienne, font une débauche de lehms. On peut en faire disparaître tranquillement les trois quarts; notamment tous ceux qui sont indiqués sur le Grès bigarré.

Quant aux sables et cailloux roulés, ils n’ont pas, sauf sur le Muschelkalk (où encore il faut tenir compte du résidu sablonneux que laissent les dolomies), un caractère forcément allogène. D’une façon générale toutes les couches qui affleurent dans la dépression sarroïse contiennent des conglomérats dont la désagrégation laisse une traînée de caïlloux roulés à n'importe quelle altitude. Là encore la carte géologique pèche par excès. Ainsi elle indique une terrasse au Nord de Vülklingen (die Stai) là où il y a simplement un niveau de conglomérat; au Sud de la vallée le même niveau donne, exactement à la même altitude, la fausse terrasse du Hühnerscheer Berg, 125 mètres au-dessus de la rivière : il n’y avait pas de raison pour ne pas prolonger la terrasse en Lorraine, jusqu’au-dessus de Petite-Rosselle, puisque les cailloux roulés se rencontrent dans toute la forêt le long du chemin de Fürstenhausen à Vieïlle-Verrerie.

Même quand les conglomérats sont en place, il n’est pas toujours commode de les distinguer d’une terrasse consolidée, du genre de celles que TnéoBarp (1) a décrites sur la rive droite de la Moselle, à Hunting. Ainsi la carte géologique (f. Ludweiler) indique à PEst de Picard, au Taffingsmühle, une terrasse reposant sur le Grès vosgien. Le petit vallon que suit le tramway montre en effet 2 ou 3 mètres de cailloux roulés bien stratifiés, d'apparence alluvionnaire. Mais déjà le fait que cette prétendue terrasse forme corniche la rend sus-

(1) N, Tuéogarn [611

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