F1G. 12. — ROSE ANÉMOMÉTRIQUE DE LA STATION DE VON DER HEYDT
Si on compare les températures de Von der Heydt à celles des régions voisines, Le tout ramené au niveau de la mer (*), on obtient les résultats suivants :
Températures moyennes pendant la période 1881-1910 [HELLMANN)
Birken-
pie Kaisers- Von der Sarre- Nreiz Château- Gondre-
Trèves Jautern Heydt guemines Salins xange
Janvier . 0.6 0.7 0.8 1) 42 TS d. de Juletent se 18.3 19; 18.8 19.3 19:22 19.4 19.4 Année. . 9.4 9.6 OO METIOS TETE
La station sarroise apparaît dans les moyennes annuelles comme
(4) J. Prarr [70], p. 15.
(2) Chiffre anormalement élevé : par suite de la topographie, une partie des vents d'Ouest prennent la direction Sud-Nord.
(3) Coefficient de réduction : Janvier, 0, 50; Juillet, 0,62; Année, 0,56,
plus chaude que les stations allemandes, mais plus froide que celles de Lorraine orientale, L'avantage que marque la Sarre sur la Rhénanie provient d’un réchauffement de l'hiver; son infériorité par rapport à la Lorraine, d’un refroidissement de l'été. Ceci s'applique d’ailleurs à la seule station de Von der Heydt : elle est située en dehors de la vallée de la Sarre (soustraite par conséquent aux influences qui, à Trèves, exagèrent les contrastes), dans un vallon ouvert au Sud, abrité au Nord et à l'Ouest, enfin en pleine forêt. C’est à ce dernier fait surtout qu’il faut attribuer l’adoucissement des hivers.
D’une portée plus générale sont les observations de Sarrebruck, parce que la nouvelle station se trouve dans des conditions topographiques comparables à celles de Metz et de Sarreguemines (!). Malheureusement on n’y fait des observations régulières de température que depuis 1923. Il a donc fallu interpoler quatre ans pour les rendre comparables aux observations des stations lorraines pendant la période 1919-1929,
Températures moyennes pendant la période 1919-1929.
Sarre- . : :
Sarre- n Gondre- Haute- Château- Zinsweibruck Aa pr Metz xange Sierck Salins ler Janvier . 2. Je 520 2.6 o 255 2.4 JuiHet. 20.4 41957 19.5 49.3 TO 20.1 49.1 Année. . 4173 10.6 10.6 10.2 10.3 11418 9.9
Une première remarque s'impose. Toutes les stations dont on possède les moyennes pour les périodes 1881-1910 et 1919-1929 ont eu dans la seconde période des moyennes de janvier plus élevées que dans la première, et cela malgré la réduction des températures au niveau de la mer qui élimine à peu près l'influence des variations d'emplacement, là où elles se sont produites. Les stations les plus favorisées sont Sarrebruck et Metz avec une augmentation de 108 en janvier. En juillet, la différence est moins prononcée, mais elle est toujours de même sens, sauf à Gondrexange. Le fait est trop général pour pouvoir être attribué à des erreurs d’observations. Il faut en conclure que, pendant la seconde période, le climat a été plus chaud, le relèvement de la moyenne annuelle traduisant l’adoucissement, de l'hiver plus que le réchauffement de l’été.
Autre constatation intéressante, quoique d’une portée moins générale : la température de Von der Heydt (à 10 km. de Sarrebruck) était dans la première série inférieure à celle de Sarreguemines,
(1) La station est située Feldmannstrasse, à 220 mètres.
tandis que pour Sarrebruck, dans la deuxième série, les conditions sont inverses. On peut mesurer là l’inégale influence de la forêt et de l’agglomération urbaine. Si la forêt relève les moyennes de janvier, elle abaisse la moyenne de juillet, tandis que les surfaces bâties provoquent par rayonnement une élévation de température.
Trèves
CA 0°7. 1803 Érhentela 7 06.185
Âaisers/sutern 08.194 ”
Neumatt 028-194
hateau-Salins 10 1904 Abondrexange 191924
Janvier
=. 2700 F1G. 13. — ISOTHERMES MENSUELLES D'APRÈS LES OBSERVATIONS DE LA PÉRIODE 1881-1910 (Sierck et Neumatt, 1891-1910). Janvier. — Juillet.
Les isothermes dressées d’après l’une et l’autre série d'observations ont sensiblement la même allure, au moins en hiver. La température diminue de l'Ouest à l'Est, mais irrégulièrement, Château-Salins et
Gondrexange ayant des températures inférieures à celles de Sarrebruck et Sarreguemines. Autant qu’on puisse le dire avec un aussi petit nombre de stations, il se forme en hiver, dans la vallée de la Sarre moyenne, un maximum dû aux influences locales que la correction d'altitude n’a pas éliminées : jes forêts, les brouillards urbains, la protection contre les vents d’Est.
L'été, cet avantage de la vallée de la Sarre serait encore accentué, si on s'en tenait au second tableau; Sarrebruck a la température la plus élevée des sept stations considérées; Sarreguemines est alors plus chaud que Metz. Mais ni Sarrebruck, ni Sarreguemines ne sont absolument sûres, dans cette série, Sarrebruck à cause de la trop longue interpolation (1), Sarreguemines à cause du déplacement de la station. Il est préférable de construire les isothermes en s'appuyant sur la série complète d’avant-guerre. L’anomalie positive de la vallée de la Sarre disparaît alors et la température décroit régulièrement du Sud au Nord. Sarreguemines a presque la même moyenne de juillet que Metz, situé à la même latitude. Aïnsi la vallée moyenne de la Sarre se trouve placée, hiver comme été, dans des conditions thermiques analogues à celles du Pays Messin.
Mais ni les chiffres de Von der Heydt ni même ceux de Sarrebruck ne donnent une idée exacte des températures de l’ensemble du Territoire. Les observations faites pendant de courtes périodes montrent que celles-ci sont inférieures à celles de la capitale. Voici par exemple les moyennes de l’année 1931 :
SAELED DUC RE M RE RS 015) ODA ee Mb nl Del Res ice 7-89 8-(2) San teNende le MER ir nec hs 00:19 MOIS DU te en La, 708
La concentration des altitudes supérieures à 400 mètres dans la partie Nord du Territoire accentue l'effet de la latitude, qui demeurerait insensible sur des distances aussi faibles. La végétation et les travaux des champs y ont facilement quinze jours de retard; on fauche le seigle à Gresaubach dans le même temps où on le bat à Uberherrn et l’on a vu des cerises aux arbres à Limbach le 6 août, alors que la saison était finie dans les Vosges.
(1) Il faut ajouter qu’à Sarrebruck la température de la journée est la moyenne du minimum et du maximum ; dans toutes les stations lorraines, c’est la moyenne de trois observations faites à 8 heures, midi et 8 heures du soir.
(2) Chiffre anormalement élevé. SELASINSKY donne comme moyenne annuelle du cercle de Sarrelouis : 6 à 7°.