‹ La Région Industrielle SarroiseChapitre 67 sur 270 · TYPES DE TEMPS ET PRÉCIPITATIONS · texte numérisé non relu

TYPES DE TEMPS ET PRÉCIPITATIONS

Le régime des vents, en relation avec la répartition générale des pressions dans l’Europe du Nord-Ouest, amène une succession de types de temps qui sont à peu près les mêmes en Lorraine, en Sarre et dans le Palatinat occidental.

En hiver, deux types de temps s’individualisent nettement. Le premier est caractérisé par le passage de dépressions se suivant rapidement qui donnent naissance à des rafales de vents d'Ouest, suivies de calmes de courte durée. Ainsi, du 23 au 26 janvier 1931, à Sarrebruck, le vent a soufflé du Sud-Ouest avec une violence presque ininterrompue; la température s’est maintenue entre + 10 et 90; il est tombé, le 26, 16 millimètres d’eau, chiffre élevé pour la saison. Dans le second cas, un anticyclone est établi sur l’Europe du Nord-Ouest et sa persistance est favorisée par une couche de neige tombée antérieurement. Ainsi, en février 1929, à la suite de chutes de neige qui avaient atteint 31 centimètres en janvier, un régime de haute pression s'établit avec temps clair ou brouillard léger et la température s’abaisse à Sarrebruck à — 210. Les perturbations qui passent alors par le golfe de Gascogne et la Méditerranée peuvent ou bien laisser notre région indifférente — et on a alors des vents d'E-NE peu sensibles — ou bien, si elles se creusent, provoquer un vent d’Est violent, la bise, qui abaisse brutalement le thermomètre (tel fut le cas du 12 février 1929). Le passage de l’un à l’autre type de temps est marqué par des brouillards (qui ont ainsi le caractère tantôt de fronts froids, tantôt de fronts chauds), et par des chutes de neige. C’est le seul cas dans lequel le vent d’Est amène des précipitations. La prépondérance du premier type constitue l’hiver « pourri » que l’on continue de redouter par une survivance chez les citadins de préoccupations de laboureurs.

La même succession de giboulées de neige, d’averses bénignes et de brèves ensoleillées, le tout coupé par d’aigres coups de vents, se produit fréquemment à la fin de mars et au début d’avril. Puis les contrastes de pression s’atténuent, le gradient est faible dans toute l'Allemagne occidentale. En mai-juin, le réchauffement rapide du continent y creuse des dépressions plus accentuées, limitées par des isobares dirigées NO-SE Cette situation tendrait à donner naissance à une sorte de mousson d’été soufflant du NO. Mais elle ne se maintient pas : la Baltique, mer continentale, se réchauffe vite et redevient le siège de pressions plus basses que l’ Allemagne du Sud, ce qui ramène les isobares à une direction à peu près parallèle aux côtes. IT s’étabiit en juillet un régime de vents d'Ouest réguliers.

unten Sec étés il d'éns ont és ele Ce Se

Le dé or dan di dde dati

C'est le mois où les pluies sont le JE uniformément réparties sur toute l'Allemagne; car, bien qu’il s’agisse de pluies d' orage (averses d’instabilité) Re TR limitée, les conditions favorables à leur formation, humidité de l'air et Rd danont du sol, sont partout réalisées. A quelques heures d’intervalle, l'orage lie à Metz, à Sarrebruck et à Saint-Wendel, déversant des quantités d’eau Porc dantes (44 mm à Sreheucks le 5 août 1931; 66 mm à Sarreguemines, le 17 juin 1880), variables chaque fois de station à station, mais s’équilibrant sensiblement pour un même mois.

Au contraire, l’arrivée des dépressions d’automne accentue les contrastes dus à l'altitude et à l'exposition. Les isobares s’infléchissent en direction SO-NE; les vents du Sud-Ouest s’établissent en permanence; les orages cessent, mais les pluies cycloniques redoublent jusqu’à ce que les premiers froids aient refoulé les dépressions au Nord et au Sud de l’Europe continentale.

Soumis plus de la moitié de l’année au régime des vents d'Ouest, le bassin de la Sarre reçoit en moyenne à peu près 800 millimètres d’eau par an.

Moyennes 1891-1925 Moyennes 1925-1930 (1) Riegelsberg (347 m.). 831 mm Saint-Wendel (École Kieinblittersdot (210 m.) 822 — d’agriculture). . . 964,5 mm Mérzise (MA7b em.) . 770 — Saint-Wendel (Mis- Heusweiler (230 m.) . . 769 — sion) (310 m.) . . 886,8 — Burbach (205 m.) . . . 769 — Homburg (345 m.) . 928 — Sarrebruck (220 m.).. . 750 — Spieser Mühle Lauterbach (220 m.) . . 708 — (240 m.). 00 Sarrelouis (180 m. ) Ê 897- Sarrebruck I (220 » m. 870,7 —

IS AE AR FAO Burbach (205 m.). . 850 — Merzig (175 m.).. . 848 — Oberthal(325 m.). . 843,3 —

Lauterbach (220 m.). 777,8 — Ludweiler (203 m.). 740 —-

La moyenne de trente-cinq ans des 7 premières stations est 774 millimètres; celle des 10 stations de la deuxième série pendant six ans est de 861 millimètres.

Cette différence considérable peut s’expliquer par l’incertitude de la moyenne obtenue pendant une courte période; mais si on examine les totaux décade par décade, on constate qu’ils sont partout plus élevés pendant la dernière (?).

(1) Les stations en italique sont celles qui figurent dans les deux séries. (2) Exemple : Burbach : 1891-1900 : 7.147 millimètres.

On peut faire la même observation pour les stations lorraines.

Pt Période 1925-1930.

Gondrexange. . 813 892 Longeville. . . 810 4.025 Mittersheim. . 770 952 Haute-Sierck . 750 899 Neumatt . . . 740 882 Veymerange. . 737 897 Métr nier 648 759 Novéant . . . 640 713

Toutes ces observations ont été faites dans les mêmes conditions, parfois par les mêmes personnes. Le rapport entre la pluviosité des différentes stations est demeuré sensiblement le même, le maximum étant toujours à Longeville ou Gondrexange, le minimum à Novéant. Le fait de l’accroissement de pluviosité paraît donc bien établi. Mais la durée des observations n’est pas encore assez longue pour qu’on puisse dire s’il s’agit d’une oscillation à période déterminée ou d’une variation de climat.

Pour comparer les conditions de la Sarre à celles des régions voisines, il est nécessaire de prendre une longue série d'observations autant que possible non interpolées. Nous prendrons comme base les chiffres donnés par HELLMANN pour la période 1893-1912.

Net dE) EEE EEE GS OT Sarreguemines (206 m.) 750 mm Trèves (148 m.) . . . . 670 — Sarrebruck (205 m.). . 750 —- Sarrelouis (180 m.). . . 680 —-— Deux-Ponts(227 m.). . 800 — Kaiserslautern (242 m.). 680 — Von der Heydt (283 m.) 810 — Château-Salins (347 m.). 740 —- Gondrexange (275 m.) . 860 —

Trois stations sarroises figurent à ce tableau. Leurs valeurs oscillent entre le minimum régional qui est à Metz et le maximum qui est à Gondrexange. Le Territoire de la Sarre apparaît done comme une région de pluviosité moyenne. La vallée de la Sarre est le siège d’un minimum qui s’étend du confluent de la Blies au confluent de la Nied. Sarrelouis est presque aussi sec que Trèves. Par contre, la pluviosité augmente rapidement au-dessus des collines du Grès bigarré; elle y atteint un chiffre supérieur à celui du Palatinat occidental, mais qui demeure encore au-dessous de celui du Plateau Lorrain oriental (Gondrexange) et, à plus forte raison, de la Lorraine occidentale (Bar-le-Duc, 938 mm.).

Pour étudier avec plus de détail la répartition des pluies dans la région sarroise, il y a intérêt à disposer d’un grand nombre d’obser-

vations, provenant de stations se trouvant dans les conditions topographiques les plus variées. On a donc sacrifié, Pour cet objet, la série de HELLMANN, et pris comme base les observations dans 20 stations sarroises et lorraines de 1925 à 1930. C’est d’après elle qu’a été dressée la carte de répartition des pluies. Elle ne diffère pas d’ailleurs de celles données par ANGorT et HELLMANN. La carte de Ports est beaucoup trop schématique pour pouvoir être retenue comme élément de comparaison. Celle de WeRNER GLEY (1) présente le même défaut.

Abstraction faite du minimum de la vallée, les précipitations augmentent depuis la combe du Warndt jusqu'aux collines de la Haute Blies et aux premières pentes du Hochwald. Le minimum est à Ludweiler, le maximum à l’École d'agriculture de Saint-Wendel. La variation du nombre de jours pluvieux est beaucoup plus irrégulière. Si le minimum (106) est à Ludweiler, Lauterbach (186) dépasse nettement Saint-Wendel (155) et les maxima sont à Homburg (214) et à Burbach (205).

L’augmentation de la pluviosité du Sud-Ouest au Nord-Est est en relation avant tout avec le relèvement de l'altitude. Les vents pluvieux, après avoir passé au-dessus de la dépression où coule la Sarre, se heurtent au Nord et au Nord-Est à des reliefs plus élevés : crêtes du Hochwald (700 m.), coulées de la Haute-Nahe (600 m.): à l'Est seulement le plateau du Palatinat occidental ne présente pas d’obstacle; mais la côte qui le borde suffit à déterminer des pluies de relief. Inversement, une fois franchi l’écran montagneux du Birkenfeld, la pluie diminue et on a un minimum prononcé dans la vallée inférieure de la Nahe.

Les conditions locales de l'exposition peuvent d’ailleurs modifier les effets de l'altitude. Ainsi Oberthal (325 m.) à l'extrémité Nord du Territoire, mais protégée des vents du Sud-Ouest par le Schaumberg, a le même chiffre que les stations de la vallée de la Sarre qui sont à 200 mètres. Inversement la station de Homburg (340 m.), sur le front-de la côte exposé à la pluie et au débouché d’un couloir ouvert à l’Ouest, a des précipitations abondantes. Le voisinage de prairies et de tourbières explique en outre que les condensations y soient plus abondantes, les brouillards plus fréquents.

Le principal intérêt de la carte est de permettre d’étudier l’action des deux facteurs auxquels on attribue communément une influence prépondérante sur la pluviosité dans le Bassin de la Sarre, la forêt et l’agglomération industrielle.

(1) ÆElsass Lothringischer Atlas [X XV].

L'humidité relative est particulièrement élevée au-dessus des bois. Pendant la période 1888-1892 elle a atteint à Von der Heydt une valeur moyenne de 79,8 % (1). On en a conclu que la forèt devait augmenter les précipitations.

Trois stations de la Sarre, Von der Heydt, Spieser Mühle et Lauterbach, sont situées en pleine forêt; deux autres, Ludweiler et Riegelsberg, sont à la lisière. Les deux premières présentent un excès de

pluviosité non imputable au relief et qu'on peut être tenté d'attribuer à la forêt; mais Lauterbach occupe avec 70S millimètres le d'rnier ou l'avant-dernier rang parmi toutes les stations sarroises. à

Riegelsberg se trouve à peu près dans les mêmes conditions que Von der Heydt; mais Ludweiler est, dans la série d’après-guerre, la station

la plus sèche du Territoire. Done un premier examen ne paraït pas favo- à rable à l'hypothèse d’un accroissement des pluies sous l'effet de la forèt. J Regardons de plus près les conditions topographiques. Von der }

Heydt et Spieser Mühle sont situés à l'extrémité de deux couloirs ouverts au Sud, c'est-à-dire dans la direction que prennent les vents du Sud-Ouest quand ils sont déviés de la normale. Riegelsberg est dominée à l'Est par des hauteurs qui atteignent 360 mètres (la sta- | tion elle-même est à 335 m.), alors qu’à l'Ouest le Küllertal s’abaisse | à 220 mètres. Ainsi, dans les trois cas les plus favorables, l’action de la forèt, si elle existe, se confond avec celle du relief.

On a tiré argument d’une comparaison entre Ludweiler et Lauterbach qui sont situés dans des conditions topographiques semblables. Parce que Lauterbach au cœur de la forêt reçoit 777 millimètres, Ludweiler à la lisière 740, on en a conclu que la fort augmentait les précipitations (?). Mais remarquons que, dans la première À série d'observations, Lauterbach avait 708 millimètres, minimum de toute la région du Warndt; il est vraisemblable que la seconde série, si on prolonge la durée des observations, donnera le même rapport entre les deux stations. |

Admettons toutefois comme exact le rapport actuel entre les précipitations de Lauterbach et celles de Ludweiler. On arrivera à cette conclusion que, à la lisière orientale, l’action de la forèt cesse ou devient négative. De même qu'il y a dans une colline un versant au vent et un versant sous le vent, il doit y avoir dans une forêt une moitié soumise à des précipitations accrues, une autre abritée. L’action d'une forêt supposée recouvrant une surface horizontale serait S de même nature que celle du relief. En obligeant les vents à s'élever,

(1) E. Kaues [66]. = (2) J. Prarr [70], p. 13.

L 2 tan

PR renTe

CU

Page 1