F1G. 14. — RÉPARTITION DES PRÉCIPITATIONS PENDANT LA PÉRIODE
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elle augmenterait d’abord la pluviosité sur le côté au vent; mais elle protégerait de la pluie une zone étroite, à la lisière opposée. Au total, elle ne modifierait pas les précipitations sur la surface considérée.
Le cas de Longeville semble bien confirmer cette explication. Longeville (!) se trouve à 250 mètres d’altitude, au pied de la côte de Calcaire coquillier qui atteint là 420 mètres. C’est dire que la station se trouve dans les meilleures conditions pour être abritée des vents d'Ouest (?). Or on y observe un maximum de pluviosité qui détermine l'avancée des isohyètes vosgiennes vers le Nord-Ouest. WAGNER attribue le fait à l’action des grandes forêts qui s'étendent in médiatement à l'Est de la localité.
Ainsi présentée, l'explication ne peut être acceptée. Si la forêt prise dans son ensemble était responsable de l'accroissement de pluviosité, on devrait trouver au centre du massif foresti r le maximum de toute la région. C’est le contraire qu’on observe : Creutzwald, dont le seul nom indique la situation, est la station lorraine la moins arrosée en dehors de celles de la vallée de la Moselle. Mais Longeville se trouve à la lisière S-O des forêts de Longeville et de Saint-Avold. Les vents pluvieux passent sur la station avant d'aborder la forêt. Si donc celle-ci exerce une action, c’est bien une action du genre de celle que nous venons d’expliquer.
On peut se demander d’ailleurs si, dans le cas de Longeville, d’autres facteurs que la forêt n’interviennent pas. Un peu au Nord de Longeville, il existe une brèche dans la côte : c’est le col de Boucheporn où l'altitude s’abaisse à 345 mètres. Cette dépression canalise les vents d'Ouest qui ont remonté la vallée de la Nied et en même temps condensé leur humidité. Longeville est éclaboussé par le courant d'air humide débouchant dans le Pays aux Bois avant que les influences contraires de la topographie pe et de la couverture boisée aient pu se manifester.
En résumé, on observe dans un certain nombre de stations situées à la lisière occidentale des grandes forêts de la Sarre une aggravation de la pluviosité qu’on peut mettre en rapport avec l'existence de celles-ci. Mais des stations situées en pleine forêt ou à la lisière orientale ont des minima très nets, de sorte que, au total, la forêt, en Sarre, ne change rien aux conditions générales de pluviosité (3).
(1) Longeville-lès-Saint-Avold (en allemand : Lubeln).
(2) Le pluviomètre se trouve 50 m au Sud de la maison forestière, qui est elle-même à Pextrémité orientale du village. Les observations sont faites par le garde-forestier.
(3) G. Rempp (Annuaire de l'Institut de Physique du Globe de Strasbourg, 1930, p. 93) a étudié l’influence de la forêt sur la pluie d’après les observations faites dans la forêt de Haguenau de 1921 à 1930, mais seulement dans les parties centrale
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Il n’est même pas sûr que Le nombre des Jours de pluie soit plus élevé dans les stations forestières, bien que cela semble devoir résulter du fait que la forêt augmente l'humidité de l'air. S; Ludweiler compte 186 jours de pluie, Spieser Mühle en pleine forêt en a moins que l’École d'Agriculture de Saint-Wendel en rase campagne; de même le nombre des jours avec précipitations inférieures à O0 mm. 5 y est un des plus faibles de la région. Il est possible que les condensations qui s’opèrent au-dessus des forêts demeurent sous forme de nuages ou de brouillards. Attendons une plus longue série d’observations pour affirmer.
On a souvent attribué aux usines une action analogue à celle qu’on prête un peu gratuitement à la forêt : augmentation du total des précipitations, du nombre des jours pluvieux et des Jours de brouillard. Ceci semble devoir résulter de la multiplication des poussières et des fumées qui favorise les condensations. Cependant il faut distinguer entre ces différents effets. Il ne saurait s'agir, en Sarre du moins, d’un accroissement du total des précipitations, puisque dans la première série d'observations Sarrebruck recoit moins de pluie que Kleinblittersdorf, village rural situé dans des conditions topographiques comparables, et qu’actuellement le quartier bourgeois de Sarrebruck, Sarrebruck 1, reçoit 20 millimètres de plus que Burbach, où les hauts fourneaux et les fours à coke crachent sans arrêt leur fumée. Par contre on peut considérer comme établi que dans la vallée de la Sarre la concentration industrielle augmente le nombre des jours de pluie, surtout de ceux à faibles précipitations : Burbach a 205 jours de pluie contre 170 à Sarrebruck 1; Burbach compte 65 jours par an avec des précipitations inférieures à 0 mm. D; Spieser Mübhle, en plein désert forestier, 16 jours seulement. De même, on verra plus loin que Sarrebruck atteint pour les brouillards des chiffres records parmi toutes les villes allemandes.
En somme, les différences qu’on observe entre la Sarre et la Lorraine ne sont point telles que le relief et l'exposition ne puissent en rendre compte. Le relèvement général de l'altitude vers l'Est, un relief plus morcelé que celui du Plateau Lorrain, des pentes plus raides que celles du revers des côtes, des étangs nombreux et des vallées souvent occupées par des marécages, expliquent que les pluies soient plus abondantes en Sarre, sans qu’il soit nécessaire de faire intervenir l’action des forêts ou celle des usines. Il serait imprudent d'admettre
et orientale. Il a mis en évidence une ancmalie de + 8,2 % et + 4,1 % pour les stations centrales, de — 1,2 % et — 2 % pour les stations de lisière alors que les erreurs probables sont de l’ordre de + 1 % en moyenne. Ilen conclut : «L’influence de la forêt est à la limite de ce qui peut être constaté avec certitude. »
que ces facteurs exercent une action sur la pluviosité de la contrée, quand on ne peut la mettre en évidence avec certitude pour aucune station.