F1G. 16. — HAUTEURS D'EAU À L'ÉCHELLE DE SARRELOUIS
(Moyenne des années 1901-1930.)
Janvier Février Mars Avril Mai Juin 1,38 1,26 1,26 0,92 0,65 0,38
; Sep- Oc- No- Dé- Juillet Août tembre tobre vembre cembre 0,31 0,24 0,25 0,51 0,84 1,2
Ainsi, en saison chaude, l’évaporation compense et au delà l’accroissement des pluies. La même pluie produit sur le débit de la Sarre des effets très différents suivant la saison. Ainsi à une chute d’eau de 15 millimètres sur le bassin de la Sarre supérieure correspond à Sarreguemines un relèvement du niveau de la rivière qui est
(1) ArGHIVES pu WAssERBAUAMT : Müittlere Monatswasserstände in den Wasserjahren, 1901-1930. .
de 200 millimètres en janvier-février (avec un sol non gelé et sans neige), de 140 en mars, de 100 en avril et décembre, de 70 en octobre et novembre, de 50 en mai, juin et septembre et de 30 seulement en juillet-août (1). Cette baisse des eaux en été a de tout temps constitué le principal obstacle à l’utilisation de la Sarre par la batellerie.
Les crues sont fréquentes, provoquées tantôt par des pluies diluviennes (cyclones d'automne), tantôt par des pluies continues de saison froide, tantôt par des pluies tièdes tombant sur un sol couvert de neige. Au cours de la période 1901-1930, les maxima annuels ont été atteints à Sarrebruck 7 fois en novembre, 7 fois en janvier, o fois en février, 4 fois en décembre, 3 fois en mars, 2 fois en avril, 2 fois en octobre (?). L'époque des crues ne coïncide donc pas exactement avec celle des hautes eaux moyennes, puisque les crues peuvent se produire au début et à la fin de la saison chaude (?). Néanmoins les crues d’été, qui sont relativement fréquentes pour la Meuse, déjà plus rares pour la Moselle, deviennent exceptionnelies dans le bassin de la Sarre. Les grandes crues dont l’histoire a conservé le souvenir se placent en hiver (février 1784, mars 1546) (3). On peut voir dans ce fait une conséquence de l’atténuation du régime continental sous l'effet du relief.
Les crues sont également moins rapides, parce que les étangs de Rixing et de Mittersheim, réunis à la Sarre blanche par un canal de dérivation, retiennent une partie des eaux. Il s’écoule d’ordinaire un intervalle de vingt-quatre heures entre le maximum de pluie et le maximum de la crue à Sarreguemines, et il faut à celle-ci une autre journée pour arriver jusqu’à la Moselle.
Comme la pente est faible et la rivière peu encaissée, les inondations sont chaque fois à redouter. En général les dommages sont assez limités, parce que le fond de la vallée est occupé par de médiocres prairies. Il faut des crues extraordinaires dépassant 8 mètres à Sarrebruck (8 m. 62 le 26 novembre 1882) et 5 mètres à Sarrelouis pour que les habitations construites sur la basse terrasse soient atteintes par les eaux. Plus redoutées sont les crues de la Blies qui se produisent en été comme en hiver. Les eaux ne pouvant s’écouler assez rapidement dans un lit envasé débordent sur les berges et causent des dégâts considérables aux jardins et aux prairies.
(1) Ergebnisse der Untersuchungen … [65], p. 59.
(2) WasserBauamrT : Hüôchste Wasserstände an der Schleusenpegel Saarbrücken.
(3) Au pont de Keuchingen, en face de Mettlach, les repères d'inondation portent les dates suivantes : 8 février 4910, 14 janvier 1920, 2 novembre 1920, février 1927, 9 octobre 1930, 23 novembre 1930. On reconnaît deux types de crues : crues de fin de saison chaude, dues à des pluies cycloniques; crues de saison froide, dues à des pluies modérées, mais continues et sans évaporation.
A côté de ces rivières de plaine, chargées surtout de graviers et de limon, la Prims est un torrent à pente irrégulière, au lit encombré de cailloux. Mais elle n’est dangereuse que près de son confluent, où elle divaguait sur son cône de déjection avant les travaux exécutés à Dillingen.