OX
James Richardson, du Service Géologique, fit, en 1859, une exploration de la vallée de la Matapédia, et dans son rapport, il signale les habitations suivantes: 1. Pierre Boucher a une grande terre défrichée à la tête du lac Matapédia, et son fils à la décharge du même lac; 2. A l'embouchure de la rivière Causapscal, M. Noble a environ 50 acres de terre en culture. “J'ai rarement vu, remarque M. Richardson, une plus belle récolte que celle qui recouvrait sa terre à l’époque de ma visite. Elle se composait d'avoine, orge, pois, pomme de terre, navets et foin. Les fortes tiges de l’avoine, ses longs épis fortement chargés, et la manière touffue dont les tiges recouvraient le terrain, la faisait ressembler à ce que l’on rencontre en Angleterre plutôt qu’a ce que l'on voit en Canada.” 3. A environ quatre milles en remontant la Matapédia, de son confluent avec la Restigouche, se trouve la ferme de ! aivid Fraser, qui élève de 70 à 100 têtes de bétail et 150 à 200 moutons.
Quelques années plus tard, M. Stanislas Drapeau faisait le recensement de la région avec la résultat suivant:
La population de Sainte-Anne-de-Restigouche s'élevait à 521 habitants, 47 seulement d’origine française, lesquels possédaient 18,551 acres de terre, dont 3,104 en culture, ayant pro-
duit 16,279 minots de grain et 22,091 minots de natates et 1,242 tonnes de foin. La mission de Matapédia renfermait une popu-
lation de 32 familles ou 310 habitants, dont un seul est d'origine française. Ces familles possèdent 6,200 acres de terre dont 1,330 défrichées, ayant produit 5,324 minots de grain, 11,768 minots de patates et navets et 379 tonnes de foin.
Un petit noyau de colonisation s'était aussi formé sur les bords du lac Matapédia. 1 dépendait de la paroisse de Saint- Octave-de-Métis. Il y avait, au commencement de 1862, environ 6 où 8 familles formant une population totale de 26 personnes, lesquelles possédaient une étendne défrichée de 215 acres et 90 en abatis. Dans le printemps de 1861, il fut ensemencé 192 acres qui produisirent 1,089 minots de grain et 705 minot: de
Un pont sur la Matapédia, à la gare de Saint-Alexis.
patates et navets, formant en tout 1,785 minots et environ 64 tonnaux de foin, le tout évalué à $1,317.70. Ces quelques familles possédaient en outre 99 têtes de bétail et paraissaient, dit M. Drapeau, être très encouragées de ces premiers succès. x *% k
L'année 1860 avait vu la première tentative sérieuse de colonisation canadienne francaise par la venue de M. l'abbé Bel. court et de 12 Acadiens de Rustico, Ile du Prince-Edouard. Ce fut le noyau de la belle paroisse de Saint-Alexis-de-Matapédia.
Dans la partie nord de Matane, ce sont les habitants de Sainte-Flavie qui essaiment dans leur voisinage, et on voit naître
le< paroisses de Saint-Octave-de-Métis (1855), (1) Sainte-Ansele-de-Mériei (1861). Saint-Ulric, Sainte-Félicité et Naint-Jérome devaient entrer bientôt dans ce mouvement d'expansion de la colonisation canadienne francaise,
M. T.-H. Legendre, arpenteur, donne, dans un rapport du <0 mars 1868, le résultat des récoltes des colons acadiens pour l'année 1866:
1.00 barils de pommes de terre +. . . à $0.80—$1,410 1.400 minots d'orge . . . . . , . .à 0.80— 1,120
ON SÉRIE LR Cet dd Dites 350 SOS NS RE T0 1,000 1.S00 barils de navets . . . . . . . à O.8O— 1,110
80 tonnes de foin . . . . . . ,À10.00— 809 $6,150
“Outre les proluits mentionnés ci-dessus, il y a ceux des jardis, tels que choux, betteraves, carcttes, que l'on doit classer proporcionnellement aux autres. Ensuite, viennent les viandes, encore des produits de la ferme, en sorte que la récolte de 1866 à dû rapporter aux colons acadiens pour un montant égal au ioins à sept mille piastres, nt pour preuve de l'augmentation rapide des produits, je dois dire que du mois d'avril au mois c'e jullet 1867, les Acadiens à eux. seuls ont engraissé et tué dixsept mille livres de lard. Il possèdent en sus des chevaux, des bocufs de travail, vaches et moutons. Leurs améliorations s’a croissent très rapidement, vu qu'ils ne occupent ginéralement
pas d'autre chose que des travaux de la terie.” (1) “On lit ce passage dans la Topographie qu'a publiée Bouuretle rentals CU la surface de cette seigneurie (de Peirus
ou Métis) est généraiement montawneuse et hérissée le long du front, et offre pou de terrain propre à l'agriculture". Si le célèbre arpenteur était encore de ce monde, je lui conseillerais de payer une visite à la paroisse de Saint-Octave de Métis que la seigneurie de ce nom enclave toute entière, Je voudrais que cette visite eut lieu un beau dimanche du mois d'août ou de septembre, par exemple. A la porte de l'églies catholique ou de ses deux temples protestants. il verrait à la sortie des services religieuy la presque totalité d'une population dépassant de quelques centaines ses deux mille âmes, respirant par tous les pores, la santé et le contentement ; grands et petits, mis avee recherche, prendre place dans de jolies voitures trainées par des vigoureux chevaux luxueusement enharnachés. Dans les rangs, partout, il verrait de coquettes habitations, de superbesS jardins, de gras pâturages, des champs poussant à pleines ciôtures les diverses semences qu'on jeur a confiées.
“Comme parfois l'on se trompe dans ses appréciations!...... sk (J.-W. M, dans le “Bulletin des Recherches :listoriques,” décembre LOL)
Comme on le voit, la colonisation françiise accomplissait son ocuvre aux deux extrémités de la contrée: les Acadiens sur la Restigouche et la Matapédia et les Canadiens-français dans les anciennes seigeuries et les cantons voisins, Var Ja construction du chemin Matapédia, les deux courants sont venus l'un à Pautre, et en peu d'années < lormérent des groupements sur tout SO parcours. De co: froupements, devaient sortir Saint-Octave, Sayabec, Cedar-FTall. Amqui, Causayscal et Beaurivas. Le travail du défrichement fut facilité, dans b aucoup de «8 localités, surtout à Causapseal, par les grands feux de forèts de 1862, 63, et 64.
ne manne se emo ee can mme a
Une ferme à Saint-Alexis-de-Matapédia,
En 1861 survint l'affaire du “iontes Me capitaine Wilkes aborda le “P quet-Trent” de la malle anglaise. ayant à son bord MM. Masou et Sildell, commissaires confédérés. Le gouvernement anglais demanda la soumission de Mason et Sildell. La demande fut accordée Par le gouvernement américain et la guerre fut évitée, Mais Ja construction du chemin Matrnédia fut décidée, afin de mettre Quéhec et Halifax en communication tu moyen d'une bonne route militaire.
Ce fut donc une cause bien éloignée qui devait d ner la Premire impulsion sérieuse à l'établissement de Ja Matapédia.
Et ce ch est resté un modèle du verre, Aujourd'hui encore,