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charbonnières plus que partout ailleurs. On conçoit que les mœurs des jeunes ouvrières devaient se ressentir de la corruption générale et que cette corruption était d’autant plus précoce et plus profonde que les hommes et les femmes étaient plus étroitement confondus dans les travaux, loin de la surveillance des chefs de famille.
A la différence de ce qu'avançait M. Burat, la chambre de commerce de Mons constatait que la différence entre les ouvriers des mines et ceux occupés dans les autres industries étaient à leur désavantage. « Nous voulons, conclue la chambre de Mons, que l’intérieur des mines fut interdit aux femmes et aux jeunes filles ».
La question de moralité existait certainement dans le même degré en France. Il y avait beaucoup d'ouvriers et de femmes belges occupés dans les mines françaises, comme à Charleroi 1l y avait beaucoup de Francais, et ce mélange ne devait pas manquer de produire les mêmes mœurs.
Il y a encore une raison non moins forte qui demande l'exclusion des femmes des travaux souterrains. Les travaux des mines par eux-mêmes, beaucoup plus que les conditions bygiéniques dans lesquelles ces’travaux s’effectuent, ont des conséquences très préjudiciables à la santé des femmes et des jeunesfilles. Moins lestes, moins agiles que les garçons, elles sont plus souvent atteintes par les chariots et tous les accidents de l’envoyage et du roulage. D'où les nombreuses fractures et luxations qui produisaient fréquemment des infirmités incurables.
Et cette situation était d'autant plus pénible que la femme infirme coûte autant de prix d'entretien qu’un homme invalide, tandis que les secours qui lui sont alloués, en raison de la différence des salaires, sont beaucoup moins élevés.
En se référant aux spécialistes, c'est-à-dire aux médecins qui ont étudié spécialement la question, on est frappé du nombre et de la gravité des maladies dont sont sujettes les femmes employées aux travaux des mines (1).
Comme la réalité est loin du beau tableau présenté par M. Burat dans son rapport à la société de Protection. En effet, la fosse n’est pas un paradis. En faisant bien attention on peut y entendre autre chose que des rires et des chants.
Nous aurions pu citer encore plusieurs pages de ce livre instructif, où le D' Boërns a si bien décrit les dangers auxquels s’exposent les filles en travaillant dans les mines. Cela nous aurait amené bien loin.
La présence des femmes dans les mines exerce quelquefois une influence pernicieuse sur les autres ouvriers. Les accidents sont assez fréquents dans les mines. Les “hommes et femmes y sont à peu près également exposés. Les éboulements, les coups de feu, les coups d’eau arrive sans qu'on s’y attende le moins du monde. Et à ces moments de périls où le sang froid et la liberté d’ac-
4. Conf. le livre du docteur Boërns, Traité des maladies, des accidents et des difformités des hourileurs, paru à Bruxelles.
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tion sont si nécessaires à l’ouvrier mineur, la frayeur, les cris, les lamentations des femmes produisent un effet désastreux sur le moral des ouvriers. Le nombre de victimes augmente rapidement, si les femmes se trouvaient à l’intérieur.
Il y à donc des raisons spéciales qui exigent impérieusement l'interdiction des travaux souterrains aux filles mineures et aux femmes. Il fallait supprimer ce travail non seulement au nom de la science et de la morale, mais aussi au nom de l’humanité ! On n'emploie pas les femmes en qualité de militaires, ni de matelots, ni de charpentiers, parce que ces travaux offrent des dangers exceptionnels et exigent des forces, une agilité, du sang-froid, une énergie physique et morale, qui ne sont ni dans la nature, ni dans la conformation de la femme. De même, au nom de l'humanité et pour les mêmes motifs, on peut soutenir que la place des femmes n’est pas dans les fosses.
Le grand protecteur des femmes et des enfants, Jules Simon a exprimé la même opinion. Voilà ce qu'il dit dans une lettre adressée à M. Kuborne : « Il est hors de doute que le travail dans les houillères constitue pour les femmes, et par conséquent pour la société, un double danger physique et moral IL n’est pas moins évident que l'Etat, en présence d’une nécessité si manifeste, a le droit de prononcer l'interdiction ».
Nous finirons cet exposé de la question, en faisant un petit résumé sous forme de conclusions. Et ces derniè-