LE ROI, LA REINE
le roi, dormant, Catarina !...
CATAR1NA.
Seigneur!...
le aoi, s'éveillant.
Que vois-je ?... vous, ici?
Sans sommeil ? A cette heure? Et malgré ma défense!
(Avec expression) Est-ce bien, dîtes-moi, de me tromper ainsi?
Et qui donc veillerai! sur vous?
LE roi.
Plus d'espérance!
Vois, les progrès du mal épouvantent tes yeux! Le terme en est prochai u !
Ah! quelles pensées affreux!
LE ROI
Et pourquoi s'abuser?... Le ciel de ta constance, Noble femme, après moi. te doit la récompense. Et peut-être veut-il, en m'appellant à lui, Des maux que je t'ai fait l'affranchir aujourd'hui. Gérard... d'un inconnu quand ta main tutélaire Au glaive du bourreau , la nuit, vint le soustraire, Il voulut dans le sein de son libérateur Epancher, en partant, le secret de son cœur.
Et ce libérateur ?
le roi, avec bonté.
Il sait tout... Ta souffrance...
Tes nœuds brises pour lui, ta sublime constance... De là... ce mal affreux dont tu me vois mourir Que nul savoir humain n'a pu connaître encore... Que depuis deux ans je dévore, Et qui sans moi ne peut finir.
la reine, avec douleur.
Mon Difli! qu'entends-je?
CA VA TWE.
LE ROI
A (on noble courage
Va, mon cœur rend hommage.
D'un pénible esclavage
Ma mort te déliera !...
Toi, qu'un devoir austère
Enchaîne sur la terre,
Tu vivras reine et mère,
Et Dieu te bénira!
Ali ! si je vous suis chère, Épargnez une mère!
Le sort, longtemps contraire, Enfin s'apaisera !
(le Roi. Reprise.)