‹ La reine Fiammette, conte dramatiqueChapitre 104 sur 105 · ACTE SIXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE SIXIÈME

OR L AND A

dans les bras de Dauielo, eu lui montrant les folles et Chiarina.

Laisse-les pleurer notre infortune !

C'est encor le sommeil à deux, la mort commune. Je n'ai plus peur de l'ombre où je vais avec lui! — Dans un dernier regard, le dernier d'aujourd'liui, Car nous nous reverrons, demain, dans la lumière. Donne toute ton âme et prends mon âme entière, Et mêlons-les si bien que l'ange radieux S'imagine emporter une seule âme aux cieux!

Sous le ciel tout d'azur, la terrasse est devenue magnifiquement lumineuse de lune et d'étoiles. L'allée de lauriers roses apparaît jonchée de fleurs, vers le billot blanc, au fond, et voici qu'entre les lauriers-roses, un peu en avant des arbustes espacés, les jeunes Clarisses, postulantes et novices, viennent s'agenouiller en jetant des fleurs et en levant des cierges dans la clarté plus éblouissante. La lune s'étend jusque dans la sombre salle. Et l'orgue invisible pleure un chant très pur, très clair, angélique.

Cependant César Sforza a ordonné le supplice. L'exécuteur, la hache levée, se tient près du billot; et, s'enlaçant, Orlauda et Danielo entrent sur la terrasse lumineuse.

ORLANDA

Viens !

Ils marchent, enlacés, vers le billot blanc, dans l'allée de lauriers-roses et de cierges. Les voici à la place même où, par une nuit pareille, elle lui donna le premier baiser.

vers l'exécuteur.

Toi! si tu suffis à cette double tâche.

KiO

LA REIN1<: FIAMMETTl-

Frappe les deux amants ravis ! Et que la hache Vers le chevet pâle où nos fronts vont se poser Tombe sans désunir notre infini baiser !

Comme elle lit autrefois de son blauc voile diaphane, Orlauda enveloppe Danielo de sa large manche de bure blanche... Voilés, ils s'unissent dans une caresse suprême...

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