SCÈNE \l CÉSAli SFORZA, DANIELO
CÉSAR SFORZA
d'un peu loin, et en approchaut.
Pourquoi? Tout acte est bon lorsque Dieu le réclame.
La main sur l'épaule de Dauiclo.
Pourquoi ?
IJANIELO
Parce que c'est affreux — en y pensant. Je frémis — de meurtrir un doux être qui sent Bien plus le mal, étant plus faible, et trouve à peine Pour crier qu'on lui vienne à l'aide assez d'haleine !
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CÉSAR SKORZA
J'ai cru ton cœur plus sûr. Dis la raison. Pourquoi?
Eh bien ! parce que j'aime une femme! Oui, moi,
J'aime une femme! Hélas! je comprends qu'on s'étonne
Que, cierge pour Jésus et lys pour la Madone,
Un cœur d'enfant, captif de devoirs ténébreux,
S'émeuve, et vive, et soit, comme un autre, amoureux!
J'aime ! On n'aurait pas dû me laisser, même une heure,
Sortir de la morose et jalouse demeure;
Car une fois, pensif, et le regard aux cieux,
Je vis encor l'azur, mais ce fut dans ses yeux !
Ce qui m'a fait l'aimer? Eh! le sais-je moi-même?
C'est une jeune fille, elle est pâle, je l'aime!
Elle rêvait à la fenêtre d'un couvent,
Penchée un peu, je l'aime! Elle se met souvent
Une fleur près du cou, je l'aime! Tout se dore
Quand elle est là, c'est qu'elle est blonde, je l'adore!
CÉSAR SFORZA
Sois damné pour le crime et damné pour l'aveu, Lâche cœur que l'amour de la chair vole à Dieu.
DANIELO
Dieu ne me défend pas d'aimer l'un de ses anges ! Je frapperai. Seigneur, s'il faut que tu te venges, Mais une femme! 0 ciel! comme elle! et qui serait Jolie aussi, peut-être, et lui ressemblerait. Pâle, avec un front pur dont je connais les charmes,