ACTE PREMIER
LE PELERIN
Répond:-
Tournant son batou vers la vallée :
Ce fleuve?
LTTAGXOLO,
cicérone enthousiaste et bav?.rd.
Le Reno! Sable d'or. Quatre ponts De marbre où le Bramante accouda des statues De Naïades, de vent et de soleil têtues !
Avec des accords de guitare, comme s'il accompagnait une chanson :
Écoutez! l'onde chante et l'air du bord de l'eau Incline des frissons de myrte et de bouleau Vers les barcjues (jui vont portant de folles fées Amoureuses par tous les baisers décoiffées !
LE PÈLERIN
Cette ville?
LUCAGNOLO
- Bologne. Une âpre et noire tour Eu un ciel de ramiers met un nid de vautour! Mais les jardins de joie étagent leur verdure Enchantée, où l'amour est une fleur qui dure, Et, là-bas, nid de neige et d'albâtre rosé. Où l'on dirait qu'un ange en riant s'est posé, Trop joli i^our que rien de sombre s'y commette. Luit le palais charmant de la reine Fiammette!
LE PÈLERIN
Et c'est ici, je crois, l'auberge d'un certain... ?
LUCAGXOLO
Lueaguolo, qui l'ut le jouet du destin!
Clerc fantasque, chanteur de vers, des barbacoles
L'exilèrent jadis d'écoles en écoles.
Tant qu'enfin sa chimère a dû s'humilier
Jusqu'à ces fonctions obscures d'hôtelier.
Mais son cœur resta clair comme un rubis sans tare;
Avec le geste de tourner la broche :
Et je tourne la broche.
Avec un accord :
en pinçant ma guitare!
LE PÈLERIN
regardant autour de lui.
Un lieu fameux, dit-on, entre les mal famés,
Où tous les libertins delà ville allumés
Pour la chair et pour l'or d'appétits détestables
Perdent leur âme aux lits et leur honneur aux tables.
Lucagnolo est allé prendre sur la crédence un plat où un faisan d'or éploie sa queue.
LUCAGNOLO
Jouer, aimer, hélas! ce sont les mœurs du temps ! J'en rougis.
LE PÈLERIN
Mais vous en vivez.
Lucagnolo lui présente la volaille.
Du pain. — Attends.