ACTE DEUXIÈME
DANIELO
Je voulais vous le taire, Je ue puis. Je reprends ma route solitaire ; Et c est lafleur Adieu que j'apporte ce soir.
OR LAN D A
Je ue veux pas d'adieux !
DANIELO
Héléna! mon devoir Du côté du désastre et de la mort m'entraîne. Oubliez.
ORLAXDA
Quel est don<; votre devoir ?
DANIELO
La haine.
ORLANDA
Non! l'amour! l'amour seul! Vous n"étes obligé Qu'au bonheur que je donne et qu'au bonheur que j'ai ! Puis, qu'il vous plaise ou non de me laisser, n'importe, Je vous garde! Quand on est douce on est très forte ;
Elle lui met une œaiu sur lépaule, vers le cou, elle le regarde elle lui sourit, de tout près.
Allons, partez.
DANIELO
Oh! quand sa main frôle mou bras, — Elle fait cela sans péché, ne sachant pas — Je défaille... Adieu!
68 • LA REINK FIAMMKTTE
ORLANDA
Non !
l'éloigaant gravement.
Sœur des saintes ! vous êtes Si pure qu'en suivant tous les pas que vous faites Votre ange dit : « Je vins du ciel, mais elle y va! » Et je suis près de vous un passant qui trouva Sur sa route une perle et l'admire et se penche Et n'y veut pas toucher parce qu'elle est trop blanche.
ORLANDA
Il est certain qu'il l'ut toujours très réservé.
DANIELO
Le seul bonheur que mes respects eussent ré vé C'était sous mon baiser ton front de fiancée. Dans la chapelle en fleurs où, de jour traversée, La sainte du vitrail qui sourit aux hj'mens A l'aube dans les yeux et des lys dans les mains. Tu venais d'innocence et de lumière ceinte; Et l'on s'imaginait que j'épousais la sainte!
ORLANDA
Ce cher bonheur, que vous rêviez, et que j'attends, Nous l'aurons. Ma famille...
DANIELO, violent.
Est-ce que j'ai le temps
D'attendre le bonheur? L'impitoyable urgence
Démon destin joindra la peine à la vengeance;