‹ La reine Fiammette, conte dramatiqueChapitre 47 sur 105 · ACTE DEIXIKMK · texte numérisé non relu

ACTE DEIXIKMK

Et tout mon avenir tient en l'instant qu'il faut ^ Pour qu'un oiseau blessé s'abatte d'un peu baut .

tVune murmurante voix, perceptible à peiue. Eb bien, n'attendez plus, quelque aveu qu'il m'en coûte

DAXIELO

Que dis-tu?

ORLANDA,

Que je t'aime! et tu sais bien que, toute, Je suis à toi!

DANIELO

Grand Dieu!

ORLANDA

Mais pourquoi donc m'avoir

Parlé de mort, de fuite et d'borrible devoir?

Cettebistoire, j'ai cru, d'abord, qu'elle était vraie;

Et tu comprends, je suis une enfant qui s ettraie.

La prière eût suffi de votre cœur au mien ;

Même, à quoi bon prier, quand la sainte veut bien .

On ne demande pas les cboses qu'on possède.

Je vous laisse ordonner, parfois, sans que je cède

Mais c'est pour le bonbeur d'entendre votre voix . Il n'était pas besoin de m'effrayer, tu vois? Que je doive être ou non votre femme, n'importe, Je suis depuis longtemps votre servante, en sorte Que je fais, simplement, sans peur ni désaveux. Tout ce que vous voulez, non, tout ce que tu veux .

70 LA IIKINK FIAMMETIK

DANIELO

Est- ce que j'entends bien? Vous, passante céleste, Vous, rcve, à moi ! J'aurais avant l'heure funeste L'heure exquise! une aurore au couchant de mon sort ! 11 se pourrait qu'en la minute avant la mort Un ineffable don fit tenir une vie Entière de délice et d'amour assouvie, Et que votre baiser divinisant ma chair Mit tout le paradis au seuil de mon enfer ?

OR L. VXD A

Il pourrait rendre grâce en un discours moins sombre.

DANIELO

Mais non! sur vos lueurs vierges mettre de l'ombre!

Prendre le cygne au bleu du ciel pour lui flétrir

L'aile, et la déchirer! Pis encore, t'offrir,

En présent de matin d'amour, l'infâme épreuve

De n'avoir pas été l'épouse, étant la veuve,

Et, pour drapS; mettre au lit nuptial mon linceul,

(Jh! ce serait hideux, et lâche! Je pars seul.

ORLAXDA

Non ! avec moi.

DAMELO

Le sort me tient en sa puissance.

ORLAXDA

Je vous tiens mieux...

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