‹ La reine Fiammette, conte dramatiqueChapitre 53 sur 105 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

OnLAXDA

Bien courtes !

DAXIELO

Et le ciel, c'est que tu me souries Et que ma lèvre boive aux longs cils de tes yeux, Longtemps, des pleurs d'amour lents et délicieux !

ORLAXDA

Chère àme! Ali î que je suis contente d'être belle !

DAXIELO

Ta blancheur est d'un lys et ta rougeur est celle Des roses !

ORLAXDA,

se levant.

Trouves-tu mes cheveux assez longs?

Enfant, ils me tombaient à flots sur les talons. Mais j'ai grandi — jusqu'à tes lèvres !

DAXIELO,

lui caressant les cbeveux.

Ma main joue Avec de l'or qui flambe et brûle !

ORLAXDA

Sur la joue.

J'ai, je crois, un petit signe. Non. Près du cou. Ce n'est pas vilain, dis?

DAXIELO

Ah ! le baiser rend fou!

SO LA IIKISV. l'IAMMKTTE

OlîLANDA

Mais, belle, ce n'est pas assez. Pour que mon maître Pût s'honorer de mon amour, je voudrais être Quelque très haute dame, et non cette Héléna Sans aïeux ni blason, pauvre fille qui n'a Qu'elle-même à donner. Un liumble nom sans tache, Cette maison des bois, où notre amour se cache,

— Car mon père, depuis qu'il a pris à Milan Du service, ne vient ici qu'une t'ois l'an, — C'est là toute ma gloire et tout mon héritage.

Ne seriez-vous pas fier, sans m'aimer davantage,

— Cela, nous savons bien que tu ne le peux pas, — Si je quittais pour vous des fêtes, un fracas

De gloires, si j'étais, que sais je, moi? — la reine ?

DANIELO, dans uu frisson.

Vous, la reine! — Tais-toi!

OR L AND A

étonuée.

Je t'ai fait de la peine?

DAXIELO

Non, non. Mais c'est d'un rêve étrange, en vérité. Enfant, que vous avez l'esprit inquiété. La reine!

ORLANDA

Qu'a-t-il donc? Bon! Quelque sombre idée Comme il en a souvent. — Tu m'as intimidée.

Arri'^ iROisiKMi-: si

J'avais peur, l^our m'avoir parlé de ce ton dur. Tu ne dois pas aimer la reine? — En es-tu sûr? (")h! cela ne fait rien. Moi, le bonheur suprême, Je l'ai, puisque je suis une femme qui t aime!

Consolatrice, hélas!

OIÎLANIJA,

en iocliiiant vers le chevet la ti'te de Dauielo.

Viens! pour avoir veillé Tes chers yeux las ont peur du jour ensoleillé, Et je veux d'un baiser très lentement les clore.

En un murmure berceur pendaut (^uil se rendort.

Afin qu'en sommeillant votre cœur soit encore Plein de moi seule, et m'aime, et ne s'attriste pas. Je vous dirai mon nom, à l'oreille, tout bas.

Un long sileuee... Ils sont dans l'attitude où on les a vu- an lover du rideau. Chiarina ouvre vivement la porte du fond.

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