‹ La reine Fiammette, conte dramatiqueChapitre 60 sur 105 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

DAXIELO

Ah ! charmeresse Trop aimée !

Il court à la fenêtre, arrache les tentures, pousse la croisée. Ou voit le jardin plein de soleil.' Toute la chambre s'éclaire de la' lumière de midi.

Déjà le plein jour ! Le temps presse ! N'espère aucun pardon, si tu m'as, d'un instant, Attardé sur le seuil du devoir qui m'attend!

ORLANDA,

à part, en souriant.

Il est terrible !

DAXIELO,

la prenant dans ses bras.

Non! Pauvre âme à qui je laisse Le repentir de ta clémence à ma faiblesse ! Veuve aux longues douleurs, je ne vous maudis pas, Et je t'aime, et je pleure en dénouant tes bras ! Adieu !

Il va vers la fenêtre-porte.

ORLANDA

Dis : à bientôt!

DAXIELO

Adieu, baisers, délice.

Péchés si purs que Dieu semble en être complice. Adieu, l'enlacement dans le repos ami, Et les langueurs! Adieu le sein où j'ai dormi!

M-' LA \iVASK FIAMMKTTK

Et, quand m'aura vaincu la tâche qui m'incombe. Ton lit d'amour sera le songe de ma tombe! Il s'éloigne vivement dans le jardin.

ORLAXnA,

seule. Mais c'est très effrayant !

Elle voit le poignard sur la table.

Ah!

Appelant.

Danielo !

D.VNIELO,

revenant.

Pourquoi M 'avez- vous rappelé?

ORLANDA

Pour ce poignard. Sans moi Tu l'oubliais.

Danielo le met à sa ceinture.

Et puis pour un baiser encore !

Elle l'enlace. Il l'écarté et s'enfuit.

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