‹ La reine Fiammette, conte dramatiqueChapitre 72 sur 105 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

La reine est assise sur le trône, uu peu vers la gaur.be, touiuant le clos au palais, la main appuyée sur l'épaule de Chiarina qui s'accoude au genou de la reine et regarde avec inquiétude vers l'escalier, là-haut; les folles et les pages sont groupés sur les marches du trône.

Toute la cour, eu demi-cercie, entoure la danse, laissant un ■espace vide, entre le troue et lescalier.

Au second plan, à droite, les quatre conspirateurs restent groupés, regardant vers le fond du théâtre.

Giorgio d'Ast, accoudé à la statue de Diane, ob.sei've anxieusement la porte du palais.

Les danses ont à peine duré quelques secondes quand Danielo, sombre sur le fond bine des architectures, entr'ouvre le portail, tout à fait en haut, et commence à descendre Je plus lointain escalier, tantôt visible, tantôt se dérobant derrière un vase de marbre. Oiorgio d'Ast et les conspirateurs l'aperçoivent.

GIORGIO d'aST

Ail ! — l'homme!

CHIARINA,

à voix basse, en tremblant.

Il vient, madame !

La reine lait signe que c'est bien, continue à regarder les danses. Danielo a descendu lentement le haut escalier, il est maintenant suri» terrasse. Les danses et les musiques n'ont pas cessé.

Il s'avance!

CHIARINA

Madame.

Il descend l'escalier!

Danielo vient d'apercevoir le trône.

GIORGIO d'aST

Il la voit!

banielo, derrière les groupes des seigneurs, a tiré sou poi-

gnard.

Luit!

CHIARINA

Oh ! la lame

GIORGIO d'aST

Bien!

CHIARINA

Il est tout proche!

GIORGIO d'aST

Elle est perdue !...

CHIARINA

Il n'a Plus qu'à lever la main !

En effet, Danielo. montant une marche du trône, lève la main. — La reine, toujours souriante, n'a pas daigné se retourner.

GIORGIO d'aST, de loin, entre les dents.

Va!

DANFELO,

d'une voix terrible et le poignard levé. Meurs, impie^^ La reine s'est retournée, toujours souriante, presque avec un

Acii-; (,)rATRiKMi': ii:i

rire, vers Daniclo, qui recule, épouvauté, pendant qu'à son wi les danses et le^ musiques s'interrompent, et que les courtisans se jettent vers lui avec de grandes clameurs.

Iléléna !

Mais la reine, d'un geste impérieux, a arrêté le niouvinient de la cour; sans aucune apparence d'émotion, pendant que loiU le monde recule, elle descend du trône, marche, un peu de moquerie aux Icvres, vers Danielo qui s'écarte à reculons, stupide d'étonuement et d'horreur. Ils traversent ainsi la moitié du théâtre. Il tourne, toujours suivi par Orlauda qui rit; au premier plan, à gauche, il s'arrête, hébété, laissant tomber son poignard. — Giorgio <r.A.st, ."Stupéfait, observe et comprend. — La cour veut encore se précipiter sur l'assassin. Mais Orlanda s'\^ oppose d'un geste, et, doucement gaie, envoie un baiser à Danielo plein d'horreur, tandis que la toile descend très lentement. — Elle se relèvera presque immédiatement.

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