SCÈNE V
ORLAXDA, GIORGIO D'AST, plis POMPEO CORTEZ, PUIS CHIARINA
Giorgio d'Ast, pendaat la plus grande partie de cette scène, élégaat, froid, imperceptiblement ironique.
ORLANDA
Vous! Que venez-vous faire ici? Qui vous réclame? Ah! oui, puisqu'à présent mon supplice est parfait; Puisque je suis meurtrie et vaincue en effet, II me fallait avoir sur ma ruine entière Son rire comme un feu follet de cimetière. — Mais ce rire imprudent devrait se souvenir Que si je ne puis pas sauver, je puis punir!
GIORGIO d'ast Vos belles lèvres ont de brutales paroles ! L'offre de leur parfum sied mieux à ces corolles. Puis, vous méjugez mal, j'apporte, justement. L'ordre de délivrer ce jeune homme. Un amant, N'est-ce pas? A servir de la sorte l'épouse, L'époux montre une humeur bénigne et peu jalouse.
Toi! Quel ordre?
Le prisonnier.
ORLANDA GIORGIO d'ast
Celui de mettre en liberté
128 LA REINE FIAMMETTK
OaLANDA
Mensonge ! ou piège.
GIORGIO d'aST, dcroulaiH uu parchemin qu'il tiendra un instant à la main.
En vérité.
C'est un l)lanc seing du pape. Oui. Qu'a rempli lui-même Le cardinal. Voyez la tiare suprême Et les clés.
ORLANDA
Quoi ! Vraiment ? — Vous avez oljtcnu . Cela, vous?
GiOKGio d'ast Orlanda! Vous m'avez méconnu.
ORLAXDA
Oui. Je le crois. Donnez ce papier. — Joie immense ! Donnez.
GIORGIO d'ast, remettant le parchemin dans sa poche.
César Sforza ne met à sa clémence Qu'une condition.
Laquelle ?
GIORGIO d'ast
Remarquez Que lui seul, et non moi...