‹ La reine Topaze opéracomique en trois actesChapitre 20 sur 54 · SCÈNE in · texte numérisé non relu

SCÈNE in

l.is «tua, ANN1DAL, TOl-AZK, K1LOMÈUÎ, au.-u,

bou>jael A la nalo.

GRÏTTI.

Messieurs... voici notre charmante étrangère avec Filomèle.

AMORAL, i U ran'enude.

.laissez l’air entrer dans les galeries. Conduisez aux terrasses. (A de» froupe» qu'il rrneontre.) Le caiUtl Cst COUVCrt de gondoles qui jettent des feux de toutes couleurs. Ce coup d’ccil vous plaira, j’espère. Pardon, comtesse, et vous, signera, si je vous prive pour un moment et de ce spectacle et du plaisir de danser, mais vous avez voulu visiter en détail mon palais, et, en tous retenant, je ne fais qu'obéir à vos ordres.

TOfAZK.

Devant tant de merveilles, seigneur, nous n'avons rien à regretter. Mais l'admiration se lasse vite, et je d* mande à m'asseoir. (Le* Seigneur* *'*«»[■<» ival d'avaïui-r ua buteaU.)

FILOMÊLE, la» S Aanllul.

Ne trouve*- vous pas que la s’ignora Léonor Salvinli rappelle cette petite bohémienne de la piazzctla San- Carlo?

AKKIDAL.

Beaucoup, surtout quand elle me regarde.

FILOMÊLE, riant.

Fat!

ÿKXIRAL.

Nous voici presque revenus nu point d’où nous «ompies pailis, cl cependant je vqus prie de remarquer qu’il y a autant de différence entre celte galerie et celle où puits gîtons, qu'epiiè ma sallp romaine et inuii pavillon asiatique, CeUp diversité plaît à l'tpR du visiteur et sied dans un PùUiSj à la condition de n'en pas contrarier l'harmonie généivda. Ces marbres viennent de Paies, ccs mosaïques de Florence.

carra.

La fatuité de ce Barhiano m’irrite.

MAfcfrRF.M, riaal.

Sottise et opulence sont, dit-on, soeurs jumelles.

TOPAZE

Pour mol, ce qui nie parait plus merveilleux encore que tant de richesses, c'est que la vie d’un homme suffise à les acquérir.

AMIRAL

Mou père, «ignora, était très-économe et 11 a été vingt ans administrateur des deniers de la république.

TOPAZE

Ah ! c'est différent. 11 ne vous a laissé que ça?

AtWBAL.

Non pas vraiment! des biens en terre ferme, quelques châteaux en Morée, deux ou trois Iles dans l'Archipel, que sais-je ? Mon père, je le répéta, avait beaucoup d'ordre.

TOPAZE

Je commence à trouver qu’il en avait trop.

AMIRAL

Je continue. findkqeaat i» doute do »j>r«u*gr.) Ici sont *Pes Meaux, plushün mon appartement... (iwitqiuntm p*» <3pr*çauci*,) Et de ce coté... un pas age secret qui mène au vestibule. C’csl un escalier dérobé.

TOPAZE

Comme tout le reste, (u* SH'inm «Va -r.vni dViocVer n«r rm»)

M AMALDI, Ki» à LurHaco CB té pinçant le» letne.

Le Barhiano ne s'attendait pas à ce trait-là.

GRÏTTI.

Je vous dis qu'elle est adorable.

TOPAZE

Une chose que l’on ne saurait s'expliquer sans peine, seigneur Annibal, c'est qu’avec les qualités dont le ciel vous a doué et toutes celles que vous devez à la prévoyance paternelle, vous n’ayez pas encore songé au mariage. Est ce de votre part insouciance, aversion naturelle, ou vous trouvez-vous trop de bonheur aq jeu?

GRÏTTI, ruât.

On pourrait croire que c'est celle dernière raison qui retient Annibal, si l’on ne savait que, comme nous tous, il aspire ù un hy men précieux.

topaze.

Comme vous tous? 01*1 cela ne saurait être vrai pour le seigneur Bombe, qui est marié...

BKWIO.

Hein ?

TOPAZE

Pour le seigneur Manfredi, qui aime *pügur* en même temps...

NAMHED1.

Quoi?

TOPAZE

Pour le foigocur Zeno, qui est chevalier de Utile. (f.Hc te

lé*»', ala.l qui; KklMBrle.)

AENIBAL, •« frottant le* nuin».

Bravo ! en voilà trois de congédiés.

BEHBO.

Mordieu! elle sait l'histoire de tout le monde J

FILOMELE, l'uprc.

En vérité, seigneur Ra rhiano, votre baise ressent de l’époque de carnaval où nous sonuiies, et \a trouve même qu’en fait de libertés et de hardiesses, il uu gagnerait uon à être masqué.

topaze.

11 perdrait plutôt de son mérite, «ignora, la Masque étant au visage ce que la cuirasm est pour lu cuiur i une armure de poltron.

Je sais que Feirarc est renommée pour sa bravoure.

TOPAZE

Comme Yiecuce pour sa tidélüé.

FILOMELE, i mm,

. Que dit-elle?

TOPAZE

A propos de Vicence, on assure que scs femmes $c distinguent entre toutes les Italiennes par l'éclat de leur beauté et la tendre sensibilité de leur cœur. L'avez-vous entendu dire, seigneur Annibal?

AJWIBAL.

Oui... et Lier encore on nous racontait à ce sujet une histoire... (m» 4 Fiiomèk.) C'est le capitaine! il était aimé... & Vicence.

Comment nommez-vous donc cette certaine église où elles vont de préférence faire leurs dévotions et que fréquentent de leur cdté les jeunes cavaliers de la ville?

ANNIBAL

Sau-Francesco.

TOPAZE

Précisément. Et cette rue écartée qui va de la place du marché aux remparts ?

IKSUUL.

La rue de Padouc.

topaze.

De Padoue... oui. J'ai un peu oublié cela depuis un an : mais si quelqu'un voulait me remettre sur la voie...

FII.OVÈLE.

Il me semble que 1 orchestre nous appelle, messeigneurs...

(r,rrmroi, bai 4 Top» m, «a prè» d'tli*.) U faut qUC je VOUS

parle... ici.

TOPAZE, d« laine.

A vos ordres, «ignora.

ASMOU, Lu <■! vivement.

Vous venez, en écartant mes rivaux, de me rendre un signalé service. Jo suis sur de sa main, à présent.

TOPAZE-

tn vérité ? J'aurais gagé, moi, que vous n’épouseriez jamais qu'une reine.

FILOMELE.

Eh bien, seigneur Annibal ?...

ANNIBAL

Me voici. (Annlbtl «Vmpreue de lui offrir li ouio. U, «orUnt.) MAMREDI.

Vous avez laissé tomber votre bouquet, signora. ( 111 * 1.1

rrod.)

TOPAZE, »*«c U pie* gr»i»ie dV|aelUri«.

Pour vous donner l'occasion de m'en demander une fleur.

(Elle h la! daviar, 1 ] |i nclc mcaieoi.)

«uni.

La signora consentira-t-elle à danser tout à l’heure?

TOPAZE

Peut-être, si c'est avec vous.

ItEWBO.

Ah! signora, on se croit un moment de vos amis, et l'on se demande ensuite si l’on ne s'est pas trompé.

TOPAZE, ea «ourlant.

Que voulez-vous? le cœur d'une femme est comme son oratoire : il ne fait jamais assez clair pour y lire. (toa« *•«laiffMl.)

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