OBSERVATION V
(Orphanidès, Annales des maladies vénériennes, mars 1922)
M.X..., 59 ans, présente depuis trente-cinq jours unchancre induré typique du sillon balano-préputial.
À l'ultramicroscope nous trouvons de nombreux tréponèmes. Réaction de B.-W. positive.
| Bien plus, il me fut possible de retrouver la femme avec laquelle notre malade avait eu des rapports vingt-trois jours avant l'apparitionsde l'ulcération. Cette femme était syphilitique et portait encore des syphilides vulvaires et des traces
sur le corps de macules syphilitiques.
Voici à présent le passé de ce malade : chancre induré en 1906. Traitement insuffisant et irrégulier par des injections mercurielles et des pilules jusqu’en 1909. En 1910, apparition de gommes diagnostiquées comme étant d’origine syphilitique par le professeur Gaucher et traitées par injections mercurielles pendant deux mois.
Disparition rapide des gommes par le traitement spécifique. Depuis aucun autre accidentet aucun autre traitement jusqu’en septembre 1921, date de l'apparition du nouveau chancre. (Le diagnostic et le traitement ne peuvent être mis en doute, car nous avons en main les lettres et ordonnances
du professeur Gaucher).
OBSERVATION VI (Bulletin de la Société française de Dermatologie et de Syphiligraphie, séance du 9 mars 1922. E. Lépinay de Casa-
blanca).
X.., 18 ans, présente en Suisse en 1917"trois semaines après une contamination, un chancre induré du sillon balanopréputial avec adénite inguinale. Le chancre est excisé immédiatement, mais X... reste sans traitement jusqu'en juin.
Sa séro-réaction était alors fortement positive.
Il reçoit trois injections intra-veineuses de novarsénoben- 201 : Ofgre 15, 0 gr. 30, gr: 45
Deux injections d’huile grise, et en juillet à Marseille quatre nouvelles injections d'huile grise.
- Fin août il revient à Casablanca et est pris en traitement
par M. le docteur Azémar.
LE oGt =
Le septembre, son Wassermann et son Hecht sont fortement positifs. De semaine en semaine on lui injecte successivement, mais très régulièrement : o gr. 30, 0,45, 0,60, 0,75, 0,90, 0,90, 0,90, 0,90, 0,90, 0,90, soit du 8 septembre au 13 novembre un total de 7 gr. 5o de novar. Le 6 décembre 1917 ses séro-réactions Wassermann et Hecht sont négatives.
Le 18, le traitement est repris, et X... reçoit encore de semaine en semaine : 0,45, 0,60, 0,75 et sept fois o,yo soit du 6 décembre au 24 février un total de 8 gr. 10 de novar. Le malade est alors mis en surveillance sans aucun traitement.
Le 14 mars 1918, W. et Hecht sont négatifs.
Une ponction lombaire est pratiquée le 24 mai le liquide est clair ; on trouve 0,4 lymphocytes par centimétre cube et toutes les autres réactions effectuées restent négatives.
En octobre 1919, un Wassermann fait à Londres est négatif. Le 4 novembre 1920, le W. pratiqué par le Dr Azémar est toujours négatif. k
Le 7 novembre 1921, X... vient nous consulter pour deux «lésions » app&ues sur la verge il ÿ a une douzaine de jours. Nous trouvons sur le fourreau deux petits éléments papuloérosifs de 3 à 4 millimètres de diamètre, à bords nets et à base indurée. Ils siègent à 2 centimètres environ l’un de l’autre et l’un très exactement à l'extrémité de la cicatrice laissée par l’excision du premier chancre, mais cette cicatrice est souple, non indurée, et non adhérente au plan profond.
Il existe quelques petits ganglions inguinaux mais non caractéristiques. Dans la sérosité des deux chancres, un Fontana-Tribondeau révèle la présence de nombreux tréponèmes et la séro-réaction faite le 8 novembre donne un W.
et un Hecht fortement positits.
... La contamination remontait en effet à fin septembre, notre malade avait en à ce moment des rapports avec une jeune danseuse, qui quelques jours après, le 6 octobre, venait nous consulter pour une roséole et des plaques
muqueuses uulvaires.
OBSERVATION VII MM. Marcel Pinard et Deguignand
(Bulletin de la société médicale des hôpitaux 4 nov. 1921)
Voici telle qu'elle nous fut racontée par le malade et contrôlée autant que possible par nous une histoire intéressante à plusieurs titres :
Pour confondre un médecin qui l’accusait de syphilis, malgré un Wassermann négatif fait à la Salpêtrière, J... (Auguste), mécanicien, âgé de vingt-sept ans, s'inocule la maladie le 24 novembre 1917. Pour cela il se pique le gland avec une plume ayant raclé un chancre syphilitique de quinze jours avec tréponèmes constatés à l’ultra, à Saint-Louis.
Comine il ne se développe aucun chancre à l'endroit de la piqûre, le malade recommence le 29 décembre, cette fois à l'avant-bras droit, avec le produit de raclage de plaques muqueuses d’un ami qui ne se traitait pas et dont la séroréaction était positive. D’après le malade, cet homme ferait actuellement du tabes. Le 15 janvier 1918, c'est-à-dire dixsept jours après la seconde inoculation, apparut au niveau de la piqûre une induration qui s'est ensuite ulcérée, et le 19 janvier, à l'hôpital Saint-Louis on constatait la présence de tréponèmes à l’ultra, au niveau de cette ulcération. On
propose un traitement mixte que le malade refuse parce qu'il