E. Sergent, Traité de pathologie, Syphilis, t. 1, p
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première chose frappe, c’est que le syphilitique présente, après l'accident primitif, des accidents secondaires et, éventuellement, des accidents tertiaires, Îl n'est donc pas immunisé contre son propre virus, du moins d’une façon complète. »
Bordet explique qu'une lésion syphilitique localisée puisse disparaître, lésion cutanée par exemple, sans que ie porteur soit à l'abri de nouveaux accidents. « Remarquons que si parfois l’on constate qu'une préparation des microbes par les matières issues des leucocytes est indispensable à la phagocytose, on reconnait par le fait même, en pareil cas, la nécessité d’une réaction très vive et bien localisée ».. « Les principes leucocytaires sont par définition libérés au siège mêine de l'infection, et n'agissent avec toute la puissance indispensable à la guérison que si en cette région, les leucocytes ont afflué en très grand nombre. »
On sait d'autre part que des chancres peuvent apparaître chez le même sujet à plusieurs jours d’intervalle, jusqu’à quinze Jours d'après Fournier qui les catalogues chancres successifs.
Les expériences chez l’homme et chez le singe ont montré qu'on peut faire apparaître un nouveau chancre par inoculation pendant la période d’incubation. |
Queyrat nous a fait voir aussi l’inoculation possible une fois le premier chancre apparu, pendant une période de huit à douze jours, Mais ces chancres différeraient du premier par une période d’incuba-
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tion plus courte et une moindre tendance à l'érosion. Donc l'immunité débuterait progressivement pour être complète vers le douzièmé jour après l’apparition du chancre.
Quand finit-elle ? Voilà le point qui n’est pas éclairei.
Réinfection et superinfection
On a pu par inoculation produire des accidents locaux chez les syphilitiques en période tertiaire.
Là encore l’immunité n’est donc pas complète, tout au moins chez certains sujets. Mais il n’y a pas réinfection vraie, la première vérole évoluant encore pour son comple. Îl y aurait supersyphilisation d’après le mot de Marcel Pinard. De plus, or n’obtient pas de chancre, accident primitif, une seconde syphilis s’ajoute chez le malade à la première, lui vient en renfort.
On n’a rien obtenu, jamais, en opérant sur des syphilitiques en période secondaire, l’immunité serait à ce moment absolument efficace.
Faut-il, pour qu’il y ait réinfection, que la première atteinte soit totalement guérie ?
Pour résoudre ce problème, le laboratoire a mis en œuvre toutes ses ressources afin de nous armer d’une réaction qui dirait à coup sûr si oui ou non tel malade est déjà, ou non encore, syphilitique.
Réactions de : Bordet- Wassermann, Hecht, Desmoulières, Calmette, benjoin colloïdal, et nombre d’autres essayées.
Aucune malheureusement, ne peut nous assurer que le malade est guéri, c'est-à-dire à l'abri de nouveaux accidents. Tout au moins peuvent-elles nous prévenir, quand elles sont positives, qu'il y a lieu de continuer le traitement. 11 n’en faut comme preuve que le fait, qu'après avoir été négative un certain nombre de semaines ou de mois, la réac-
tion redevient positive chez le même sujet.
Conditions à remplir
Cependant, à défaut de bases d’une sûreté mathématique, il faut bien poser les conditions dans lesquelles on pourra admettre l’évolution d’une nouvelle contamination.
Faut-il exiger, comme le voulait Fournier, qu’après le chancre typique survienne une roséole typi-
que ?
Nous croyons pour notre part qu’on ne doit pas attendre la période secondaire pour instituer le traitement ; alors qu'on sait que l’on obtient des résultats incomparablement meilleurs en soignant le plus tôt possible.
On peut accepter, croyons-nous, comme critérium : l'existence d’une lésion clinique de chancre induré ; la constatation du spirochète ; l'adénopathie; la réation de Wassermann négative dès le début ; le temps d’incubation normal.
Et ce sera une grande chance quand on pourra
examiner et le contaminé et le contaminant,.
R. Louis 2
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A vouons aussi, en passant, que Fournier avait bien le droit d’être incrédule, lui qui ne disposait pas des réactions sérologiques.
Un grand nombre de cas de réinfections syphilitiques ont élé publiés qui peuvent être considérés comme probants.
J. Benario, en 1914, examine en des recherches étendues et sérieuses cent douze observations sur les données que nous avons admises. Îl les classe en cas : certains, probables, possibles et invraisemblables. Ch. Audry, en faisant la critique, dit qu’il n'admet pas pour son compte tous les 41 cas certains de Benario.
Il conclue : Cen disant que parmi les observations de B. on peut admettre 30 réinfections, je suis assuré de ne pas être au-dessous de la vérité. »
Gennerich, en 1913, apporta 15 cas de réinfections, la première syphilis ayant été soignée par Salvarsan et mercure, le second chancre ayant été suivi, dans 9 éas, de roséole ou d’exanthème papuleux.
Le Dr Oltramare de Genève, en 1921, se défendant d’être intoxiqué par une idée préconçue, tendant à ne s'appuyer que sur des faits objectifs, publie 19 observations. Il constate qu'après quinze ans passés sans avoir vu un seul cas de réinfection il observe, parallèlement à l'apparition el aux progrès de la médication arsénicale :
En 1915, 1 cas ; en 1916, 1 cas; en 1915, 1 cas; en 1918, 3 CAS ; en 1919, 4 Cas ; en 1920, 8 cas.
De ces 19 cas, nous devrions en écarter pas mal à un examen approfondi.
Dans les recherches personnelles que nous avons faites dans les observations du service du Docteur Louis Fournier à Cochin, nous sommes loin de trouver un nombre aussi élevé de cas par année.
Nous ne suivrons pas Lhoste (thèse de Lyon, 1901) qui voit des réinfections syphilitiques un peu partout, même dans les observations que Fournier produit pour combattre la même thèse.
Mais, essayant de nous tenir dans un juste milieu, nous allons choisir quelques observations déjà publiées ou inédites et nous efforcer de les discuter de bonne foi.