‹ La relation sur le Tonkin et la CochinchineChapitre 15 sur 35 · P. 26 du ms · texte numérisé non relu

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le mémoire et les cartes de Dayot. Dans une lettre que celui-ci écrit de Macao le 15 novembre 1807, c'està-dire sans doute peu de temps après que Sainte- Croix eût quitté la ville, on peut lire ces lignes curieuses : « Mes faibles talents ne me permettent pas d'aspirer au titre de correspondant d'un corps aussi savant (l'Institut), mais si j'étais assez heureux pour qu'on voulût agréer l'hommage du fruit de mes travaux, je pourrais envoyer des observations intéressantes sur des sujets que me fournirait ce pays pour ainsi dire inconnu et qui seraient toujours intéressants par leur objet s'ils ne pouvaient l'être par mes faibles lumières. Au reste, mon cher de Sainte-Croix, je suis bien persuadé d'avance des soins que vous me donnerez ; ils seront empressés et délicats. Je vous confie le fruit d'un travail assez rude de six années, tout ce que vous ferez sera bien fait et si les circonstances s'opposaient à ce que votre amitié vous dictera de faire pour moi et au désir que j'ai d'être utile à ma patrie, rien ne pourra diminuer ma reconnaissance ni altérer les sentiments que je vous ai voués pour la vie ^. »

Sainte-Croix remit fidèlement le dépôt dont il était chargé ^. Le gouvernement décida d'offrir à

1. Lettre publiée d'après l'autographe signé des Archives de la Marine et des Colonies par H. Cordieb, La France et V Angleterre en Indo-Chine, T'oung-pao, 1903, p. 221.

2. Voir, au même lieu, p. 222 et suiv., la lettre par laquelle le ministre des Affaires étrangères rend compte à l'Empereur de la visite de Sainte-Croix ; on y trouvera quelques détails et quelques appréciations sur le travail de Dayot.

Dayot, en 1820, un cercle astronomique ; mais la récompense vint trop tard, Dayot était mort depuis 1809. Il n'eut pas non plus la satisfaction de voir ses cartes publiées par le Dépôt de la Marine, en 1818, ni de connaître l'appréciation élogieuse qu'en faisait Abel Rémusat : « ...On sait aussi que plusieurs autres individus de notre nation ont également occupé des charges importantes à la cour des rois de Siam et de Cochinchine et c'est même à l'un de ces derniers, feu M. Dayot, qu'on doit le magnifique atlas de la Cochinchine gravé par ordre du roi en 1818 et qui est sans contredit un des plus beaux monuments qu'on ait élevés à la science géographique dans des pays si éloignés de l'Europe... Le littoral de la Cochinchine est aussi bien et peutêtre mieux connu que certaines côtes de l'Europe, depuis la publication du magnifique travail de M. Dayot i. »

Ce travail fut utilisé par J. Horsburgh, successeur (en 1810) de Dalrymple en qualité d'historiographe de la Compagnie des Indes, qui s'en servit pour la rédaction de ses Directions for sailing to and from the East Indies, China, New-Holland... ^ En 1817, lorsque le capitaine de vaisseau Achille de Kergariou fut envoyé dans les mers de Chine pour y faire

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