TROISIÈME PARTIE
Chap. premier (p. 138). — Evénemens principaux dans le Tunkin, la Cochinchine et autres Etats. Quatre époques à distinguer.
Première époque. — (1) Les Tunkinois issus des Chinois ; antiquité de l'origine de ces nations. (2) Le Tunkin habité depuis deux mille ans. (3) Le Tunkin gouverné tantôt par des vice-rois de l'Empereur de Chine, tantôt par des rois qu'il se donnait ; érection de cet Etat en royaume dépendant et tributaire de la Chine.
Deuxième époque. — (1) Etablissement dans le Tunkin d'un Chua-vua héréditaire. (2) Usurpation de cette dignité. (3) Dissensions et guerres qui suivent cette usurpation. (4) Inféodation de la Cochinchine, et érection de ce pays en royaume dépendant, tributaire du Tunkin.
Troisième époque. — (1) La puissance du Chua-vua rend celle du roi illusoire. (2) La Cochinchine devient une puissance rivale du Tunkin, quoique dépendante.
Quatrième époque. — (1) Restauration de la puissance royale dans le Tunkin ; le dignité de Chua-vua
n'est plus héréditaire. (2) En Cochinchine, interversion de l'ordre de succession à la couronne. (3) Révolution en Cochinchine ; le Tunkin y intervient. (4) Insurrection des Tay-son en Cochinchine. (5) Le roi illégitime est mis à mort. (6) Usurpation de la Cochinchine par les trois frères Tay-son ; malheurs et massacres des rois légitimes ; leur héritier, Ong- Nguy-en-Chung, empereur actuel du Tunkin échappe aux rebelles. (7) Ce prince combat les Tay-son, usurpateurs de ses Etats, et, après des succès divers, est obligé de fuir. (8) Il se retire à Siam, y rend de grands services au roi de ce pays, et cependant n'y est pas en sûreté. (9) Invasion d'un des Tay-son dans le Tunkin, et stratagème très extraordinaire.
(10) Partage de la Cochinchine entre les trois frères Tay-son ; un d'eux fait une seconde invasion dans le Tunkin, et en usurpe la souveraineté ; Nguy-en- Chung rentre dans la Cochinchine, mais est vaincu^
(11) Négociations et traité de Nguy-en-Chung avec la France; il rentre dans la Cochinchine et s'en empare, ainsi que de quelques pays adjacens, mais le traité avec la France n'a point d'exécution.
(12) Il brûle la flotte de Nhac, l'aîné des Tay-son ; Can-thinh, neveu de Nhac, marche à son secours, mais, sous ce prétexte, le dépouille de ses Etats ; mort de Nhac. (13) Guerre de Nguy-en-Chung contre Can-thinh, qui est surpris et obligé de fuir. (14) Canthinh rassemble une armée, attaque la Cochinchine ; mais son armée est séduite, et se débande. (15) Une autre armée de Can-thinh, qui avait pénétré dans la basse Cochinchine, périt presque entièrement dans le passage par le Laos. (16) Nguy-en-Chung est reconnu souverain du Tunkin et de la Cochinchine, et prend le titre d'Empereur. (17) Mœurs et conduite de ce prince. (18) Altération dans ses mœurs depuis qu'il est en possession paisible de ses Etats. (19) Difficultés qui s'élèvent sur la succession future au trône. (20) Résultat de son règne.
Chap. ÎI (p. 202). — Résumé. — Résumé des faits.
— (1) Aspect des grands avantages du Tunkin. (2) Balance des avantages et des désavantages, climat, température, qualité des eaux, etc. (3) Coupe de terrain. (4) Richesse intérieure. (5) Production de la végétation, grains. (6) Arbres. (7) Animaux. (8) Œuvres industrielles. (9) Morale. (10) Intelligence. (11) Institutions politiques et civiles. (12) Comparaison avec les autres nations en général. (13) Avec les nations américaines avant leur communication avec l'Europe. (14) Avec les nations européennes depuis le xii^ siècle jusqu'au xui^. (15) Avec les Français. (16) Avec les peuples de l'Inde en général. (17) Avec les peuples de la presqu'île de l'Inde au delà du Gange. (18) Avec les Chinois. (19) Résultat de ces divers genres d'estime.
Résumé des causes. — (1) Utilité du rapprochement des causes, pour en juger la force et les effets. (2) Effet du climat ; (3) l'humidité de la température, douce et chaude, relâchant la fibre, porte à l'inaction ; (4) favorisée par l'usage des boissons chaudes. (5) Cependant ce peuple rappelé à l'action, par la nécessité de satisfaire aux charges de l'Etat. (6) Le relâchement de la fibre favorable à la méditation, par l'inaction du corps, mais contraire aux grands efforts de l'esprit. (7) La stagnation de l'intelligence tient aussi aux diflicultés que la langue met à l'instruction, et à la déviation de l'opinion par l'idolâtrie et le despotisme. (8) En même temps que ces institutions cimentent l'ignorance, l'ignorance consolide ces institutions, (9) Puissance des usages. (10) Usages utiles et nuisibles sous divers rapports. (11) Origine du sort du Tunkin dans ses institutions politiques. (12) Causes de l'imperfection des œuvres industrielles. (13) Causes de la diversité des mœurs dans les diverses parties de l'Empire. (14) Les malheurs du Tunkinois procèdent plus de sa faute que de la faute de la nature, et plus de son impéritie que de sa méchanceté.
Chap, III (p. 255). — Aperçu de V avenir. — (1) Imperfection de la prévision politique. (2) Cette prévision plus imparfaite encore quand elle a pour objet un état despotique. (3) Changemens dans le Tunkin, signalés par les changemens généraux qui s'opèrent sur toute la surface du globe. (4) Relation des changemens moraux et politiques avec les changemens physiques. (5) Délaissement de la mer, etc. (6) Rectification des principes de la morale. (7) Rectification des opinions sur tout genre d'objets. (8) Perfectionnement des idées scientifiques. (9) Direction donnée à ces idées dans le Tunkin. (10) Avantages résultant de la réunion de six états sous une même domination. (11) Dissensions intérieures moins à craindre. (12) L'Etat plus à l'abri des guerres extérieures. (13) L'Etat sans intérêt d'entreprendre des guerres offensives. (14) Avantages qui doivent résulter d'une longue paix. (15) Avantages qu'on peut attendre de la protection accordée aux sciences, et du progrès des connaissances humaines. (16) Quelles relations de commerce les Européens peuvent espérer avec le Tunkin. (17) Objets d'exportation. (18) Objets d'importation. (19) Quels motifs a le Tunkin pour se livrer au commerce extérieur et pour s'y refuser ? (20) Nulle apparence d'un commerce extérieur fait par le tunkinois. (21) Le Tunkin peut occuper ses citoyens à des objets dont l'intérêt prévaut sur l'intérêt du commerce. (22) Inconvéniens pour le Tunkin de porter ses citoyens à la navigation de long cours, et à l'introduction dans le pays étranger. (23) Motifs pour que le Tunkin proscrive même l'admission de l'étranger dans ses ports. (24) Apparence des dispositions personnelles de l'empereur actuel. (25) Quand même l'Empereur admettrait l'étranger dans ses ports, doutes sur le maintien de ce régime. (26) Nul grand intérêt ne porte à cette admission. (27) Cependant il y a vraisemblance qu'un long temps ne se passera pas sans qu'elle ait lieu. (28) Mais avec les restrictions usitées
dans la Chine et au Japon. (29) Possibilité d'une grande concession de commerce, s'il survient quelque crise dans le Tunkin. (30) Obstacles de la constitution de l'Etat à un très grand commerce. (31) Autres obstacles dans les vices de l'administration. (32) Le commerce avec le Tunkin particulièrement avantageux aux nations manufacturières. (33) Ce commerce ne peut se faire que par une compagnie de commerce. (34) Ces spéculations sur le commerce du Tunkin peuvent devenir illusoires, par un changement de l'opinion des Européens sur l'utilité du commerce de l'Inde. (35) Aperçu de la destinée du Tunkin, considérée en général. (36) Aperçu de cette destinée pour des temps éloignés.
Avant de terminer l'article de cette introduction relatif à Montyon, et pour fournir quelques exemples de ses procédés de composition, il a paru bon de donner un tableau de certains de ses emprunts. Mais préoccupé de rester dans le cadre de cette étude, nous avons voulu nous borner à ce qui concerne l'histoire du pays d'Annam, sans nous arrêter à ce qui touche aux mœurs, aux coutumes, à la géographie, etc. Nous avons donc relevé, sans autres commentaires que ceux qui s'imposent, quelques renseignements d'ordre historique que Montyon semble devoir à Barrow, — car, chose remarquable, tout porte à croire qu'il a adopté les vues de l'auteur anglais de préférence à celles du missionnaire sur la relation duquel il prétend fonder son ouvrage *.
1. Il n'est pas superflu de rappeler qu'il ne cite le nom de Barrow en aucun lieu de son ouvrage.
I. ... but the Queen, the young Prince, with his wife and infant son, and one sister, by the ready assistance of Adran, effected their escape.
Under favour of the night they fled to a considérable distance from the capital, and took refuge in a forest. Hère, for several months, the young King of Cochinchina, like another Charles, concealed himself and the remuants of his unfortunate family in the shady branches, not of an oak, but of a banyan or fig-tree, whose sacred character rendered it, perhaps, in their estimation the more secure. In this situation, they received their daily sustenance from the hands of a Christian priest, of the name of Paul, who carried them supplies at the hazard of his own life, till ail further search was discontinued, and the parties of troops sent out for the purpose recalled (p. 256).
Le jeune Nguy-en-Chung, sous la conduite de sa mère, se réfugia dans les bois, où pendant plusieurs mois caché sur la cime d'un arbre touffu, il n'avait pour subsister que les alimens que leur apportaient la nuit quelques confîdens de leur retraite ; et ils ne parvinrent à s'en évader, que par le secours d'un évêque d'Adran, évêque in partibus, chef d'une mission chrétienne, homme qui jouissait d'une haute considération... (II, p. 163),
IL Having collected the remains of his family and a few faithful followers, he embarked in the river of Saigong ; and, putting to sea, arrived safely on a small uninhabited island in the gulph of Siam, called Pulo Wai (p. 257).
Vaincu sans ressource, n'ayant plus de retraite, ni de défenseurs dans ses Etats, il passa secrètement avec sa famille dans l'île de Pullowai, petite île déserte située dans le golfe de Siam (II, p. 165).
III. ... an invitation in due form was sent down for Quangtung {sic pour Quang-trung) to proceed to Pékin. This wary gênerai, however, thinking it might be a trick of the Vice-roy to get possession of his person ; and naturally distrusting the man whom he had so sliamefully defeated, remained in doubt as lo the course he ought to pursue :
but, on Consulting one of his confidential gênerais, it was concluded between them that this ofTicer should proceed to the capital of China as his représentative, and as the new King of Tung-quin and Cochinchina. He was received at the court of Pékin with ail due honours, loaded with the usual présents, and confirmed in his title to the united kingdoms, which were in future to be considered as tributary to the Emperor of China.
On the return of this mock king to Hué, Quang-tung was greatly puzzled how he should act ; but seeing that the aiïair could not long remain a secret with so many living witnesscs, he caused his friend and the whole of his suite to be put to death, as the surest and perhaps the only means of preventing the trick, which he has so successfuUy played
... Il demanda à l'empereur de la Chine de le reconnaître pour roi du Tunkin, et obtint cette reconnaissance sous condition qu'il se rendrait à Pékin pour prêter foi et hommage, et recevrait l'investiture. Si l'on en croit un bruit accrédité dans ce pays, Long-nhuong se méfia du voyage de la Chine qu'on exigeait de lui, et toujours fécond en fourberies, il envoya à sa place un de ses principaux officiers, qui se présenta comme étant le nouveau roi, et remplit les devoirs prescrits. Quand cet officier fut revenu de sa mission, Longnhu-ong le fit périr avec ceux qui l'avaient accompagné afin qu'il ne restât ni vestige ni témoins de ce stratagème (p. 170, 171).
on the Emperor of China, from beeing discovered (p. 254).
IV. His Siamese Majesly happened to be at war with the Braamans (the Birmans) who had hitherto been constantly victorious... Caungshung... made an offer of his services to procecd against the enemy at the head of his little army of followers, amounting, at that time, to about one thousand effective men.
The King accepted his offer...
Instead of hazarding a gênerai engagement with the enemy, he attacked him only from certain commanding positions, ihrew obstacles in the way of his mardi, harassed him continually by detachments and, in short, made use of so many manœuvres unknown to the Birmans, that he obliged them to sue for a peace of his own terms (p. 258).
V. The King of Siam, it seems, had made overtures to Quang-shung's [sic] mother during his absence in the war, to obtain his sister as one of his concubines ; a proposai which she had rejecled with disdain. But beeing desperately smitten with her beauty he was determined to possess her at any rate, and, for this
... bientôt après le roi de Siam ayant perdu une bataille contre une nation voisine, eut recours à son protégé, qui, avec trois ou quatre mille Cochinchinois qui étaient venus le trouver, joignit l'armée siamoise, et battit les ennemis qui demandèrent en vain la paix ; leur armée fut détruite, les commandans fui-ent pris et mis à mort suivant la coutume barbare du pays (II, p. 1G6).
... le roi de Siam avait conçu une passion pour la sœur de ce prince malheureux, et voulait l'avoir pour concubine, ne pouvant lui donner un autre rang ; Nguy-en-chung se refusait à cette dégradation...
purpose, made an ofîer to share with her his throne (p. 258, 259).
VL ... he sallied forth from the capital of Siam, eut his way through ail that opposed him, embarked his friends (about fifteen hundred persons) in a sufTicient number of Siamese vessels and Malay proas that were lying in the harbour and, putting to sea, arrived safely on Pulo Wai, which he now took care to fortify in such a manner, with the guns and arms found on the ships he has seized, as to be secure against any attack that either the king of Siam or the rebels of Cochinchina might be disposed to make against it (p. 259, 260).
VIL On passing the inner gâte (de Qui-nhon) he was fired at by a person on the rampart. His guards advancing immediately seized the culprit, whom they brought before the King with his hands bound behind him. It was discovered that he was a gênerai ofTicer, and a relation of the usurper.
The King, according to the custom of the Chinese when they mean to mitigate the sentence of death passed on a eriminal, told him that instead
... il se détermina à une nouvelle retraite dans l'île de Pullo-wa, partit subitement avec sa famille à la tête de quinze cents Cochinchinois qui l'avaient joint à Siam, parvint à un port avant qu'on eût pu l'atteindre, s'empara de force de quelques navires, fit voile vers son île, s'y fortifia avec les canons qui étaient sur ces navires, et tira des approvisionnemens de la basse Cochinchine (p. 172).
... il avait pris une ville par capitulation ; lorsqu'il y entra, on fît feu sur lui et sur sa troupe, et on tua plusieurs personnes auprès de lui. L'auteur de cette trahison saisi et chargé de fers eut l'insolente audace de déclarer au roi qu'il était heureux de pouvoir le faire périr, parce que jusqu'à son dernier moment il combattrait contre lui; le prince au lieu de punir tant de perfidie et de fureur lui rendit la liberté sans condition (p. 175, 176).
of ordering his head to be struck ofî, which he so well merited, he would allow him, in considération of his rank, to chuse his own punishment...
« If you are not afraid of me, said the rebel chief, you will instantly order my release :
and, as I hâve sworn never to live under your protection, or to be obedient to your laws, if you dare to comply with I ash, I shall immediately repair to Hué, where my rank and character will procure me the command of an army, at the head of which I shall hereafter be proud to meet you. » The King, struck with his bold and open conduct, ordered him to be untied, directed a guard of soldiers to escort him to the northern fiontier... (p. 272, 273).
VIII. His stature (de Gialong) is represented to be somewhat above the middle size ; his features regular and agreeable ; his complexion ruddy, very much sun-burnt by a constant exposure to the weather. He is at this time (1806) just on the verge of fifty years of âge (p. 279).
Ce prince âgé (en 1807) de cinquante et un ans, est d'une taille un peu au-dessus de la médiocre ; sa constitution est forte ; ses traits sont réguhers et assez agréables 5 son teint est plus brun que celui de la plupart des Tunkinois et des Cochinchinois, parce qu'ayant presque toujours été livré aux travaux de la guerre, il a été rembruni par le grand air (p. 186, 187).
IX. He neither makes use of Chinese wine, nor any kind of spirituous liquors, and contents hlmself with a very small portion of animal food.
A little fish, rice, vegelables and fruit with tea and light pastry, conslitute the chief articles of his diet (p. 278).
X. Like a true Chinese descended, as he boasts to be, fronï the impérial family of Ming, he always eats aloue, not permitting either his wife or any part of his family to sit down to the same table with him (p. 278, 279).
XI. ... his mode of life is régula ted by a fixed plan. At six in the morning he rises from his couch, and goes into the cold bath. At seven he has his levée of Mandarins :
Dans sa jeunesse, il était sujet à s'enivrer ; il s'est corrigé de ce vice, vit avec la plus grande sobriété, ne boit d'aucunes liqueurs spiritueuses, mange peu de viandes ; du poisson mêlé avec du riz, des légumes, des fruits et quelques pâtisseries légères forment tous ses alimensi (p. 188, 189).
A l'exemple des empereurs de Chine, dont il prétend descendre, il mange toujours seul, et n'admet à sa table aucune femme, pas même l'impératrice... (p. 190).
Sa vie habituelle est très réglée ; toutes les heures de sa journée ont un emploi déterminé, et presque toutes sont consacrées à des devoirs : il se lève à six heures du matin et
1. On croirait, au début de ce paragraphe, que Montyon a pris son inspiration dans une lettre du missionnaire Le Labousse, mais on se rend bientôt compte que Barrow paraît encore ici son informateur. Voici le passage visé de Le Labousse : « Dans /èa jeunesse il était adonné au vin ; mais, quand il s'est vu à la tête des affaires, il s'en est si bien corrigé, qu'il ne veut même plus le goûter du bout des lèvres. » Noui>elles Lettres édifiantes, Lettre de Le Labousse, VIII, p. 184, 185. Cette lettre, telle qu'elle avait été reproduite dans les Nouvelles des Missions Orientales, publiées en 1808 à Lyon, ne contient justement pas le passage en question ; et les Nouvelles Lettres édifiantes n'dnt paru qu'en 1823 ; il paraît donc très peu probable que Montyon l'ait connu.
ail the letters are read which hâve been received in the course of the preceding day, on which his orders are minuted by the respective secretaries. He then proceeds to the naval arsenal, examines the Works that hâve been performed in his absence, rows in his barge round the harbour, inspecting his ships of war...
About twelve or one he takes his breakfast in the dockyard, which consists of a little boiled rice and dried fish. At two he retires to his apartment and sleeps till live, when again rises ; gives audience to the naval and military offîcers, rejects, or amends whatever they may hâve to propose.
Thèse affairs of state generally employ his attention till midnight, after which he retires to his private apartements to make such notes and mémorandums as the occurences of the day .may hâve suggested.
He then takes a Hght supper, passes an hour with his family, and between two and three in the morning retires to his bed ; taking, in this manner, at two intervais, about six hours of rest in the four-and twenty (p. 277, 278).
d'abord prend un bain froid ; à sept heures, il se fait remettre les lettres et mémoires reçus depuis la veille, les lit et les apostille ; ensuite il visite l'arsenal, la fonderie et les autres constructions, et en inspecte les travaux ; à onze heures et demie, il se fait apporter son déjeûner, qui ne consiste qu'en du riz bouilli et du poisson sec ; à deux heures, il retourne à son palais, se fait rendre un compte succinct de sa dépense domestique, se couche et dort jusqu'à cinq heures ; alors il se lève et donne audience aux mandarins et à tous ses sujets ; répond sur-le-champ aux demandes qui n'exigent pas d'instruction, et donne des ordres sur tous les genres d'affaires ; on lui remet les expéditions faites en conséquence de ses apostilles du matin ; et il les approuve ou les change. A onze heures, il rentre dans son intérieur, inscrit dans son journal ce qu'il a fait ou observé dans la journée, et ce qu'il se propose de faire, ensuite il fait entrer ses fds qui attendent ses ordres à la porte ; il leur fait rendre compte de l'emploi de leur temps, et leur donne ses ordres pour le lendemain ; vers trois heures du matin, après avoir pris un léger repas, il se couche ; ainsi, sur les vingt-
XIL He observes a most scrupulous regard to the maxims of filial piely, as laid down in the works of Confucius, and humbles himself in the présence of his mother (who îs still living) as a child before his master (p. 276).
XIIL ... Of their seven children the tAvo eldest sons were put under the tuition of Adran. The heir apparent, the youth whom the Bishop carried with him to Paris, died shortly after his master. He was of a mild, obliging, and affable disposition, endued with ail the social virtues, but of talents more suitable for the quiet of domestic requirement than the bustle of public lifc.
The second brother, the présent heir to the throne, bas the character of being a complète soldier. Hi scrved three years as a priva te in his father's guards, and five years as a corporal and serjeant, during which servitude he was engaged in a great deal of active warfare. In 1797, ne was raised to the rank of Lieutenant Colonel, and the following year he was appointed
quatre heures, il n'en donne pas plus de six au sommeil (p. 189, 190).
Fidèle observateur de la piété fdiale, il a jusque sur le trône rendu à sa mère les hommages du fils le plus respectueux (ij. 187).
... Ce jeune prince (le fils aine de Gia-long) est mort...
Cette perte n'en a pas été une grande pour l'empire ; car ce prince ne donnait pas de grandes espérances. L'évêque d' Adran, chargé de son éducation en avait fait un homme modéré et vertueux ; mais il l'avait préservé des vices sans lui donner les grandes qualités nécessaires à quiconque est destiné à porter une couronne.
Quoique l'évêque n'eût pas osé lui conférer le baptême, parce que l'empereur son père l'avait expressément défendu, il lui avait inspiré un grand enthousiasme pour le christianisme, un grand mépris et une grande aversion pour les idoles, dispositions bien dangereuses dans le souverain d'un peuple superstitieux, dévoué de tout temps au culte des idoles. L'empereur avait
Governor of the southern provinces. In 1800, he obtained the rank of General, and was appointed to the command of on army of 50.000 men ; in vvhich year he gained a most important victory over the rebels in the north, having slain 9.000 of the enemy, and taken ail their éléphants of war and artillery (p. 283, 283).
un autre fils qui n'était point issu du mariage avec l'impératrice ; celui-ci, étranger aux leçons de l'évêque d'Adran, avait vécu dans les camps, et ne connaissait que les armes.
Après avoir passé par tous les grades du service militaire, et être resté long-temps simple soldat, il avait été fait colonel ; puis était devenu général ; et en 1800 avait obtenu le comniandement d'une armée de trente cinq mille hommes à la tête de laquelle il avait gagné une bataille contre les rebelles.
Ce prince, cher à toute l'armée, est mort peu de temps après l'héritier du trône (p. 195- 197).
Ce dernier passage, intentionnellement reproduit, appelle quelques réflexions. On a noté d'abord que le portrait du fils aîné de Gia-long, le prince Canh, offre chez Barrow et chez Montyon, d'assez considérables différences ; le portrait du second fils, le prince Hi, semble d'autre part librement traduit par Montyon suivant sa méthode habituelle. Mais deux contradictions de détail sont apparentes (le prince, pour Barrow, était né de l'impératrice et avait été élève de l'évêque d'Adran, — ce que Montyon nie) et, en outre, une addition est faite par Montyon au portrait de Barrow : le prince Hi ne survécut pas longtemps à son aîné.
Le fait est exact : le prince Canh était mort le
20 mars 1801 et le prince Hi mourut le 21 mai de la même année. Barrow, semble-t-il, n'en a rien su ; Montyon était mieux informé. Ce qu'il dit du prince Canh et de ses dispositions à l'égard de la religion du pays, il n'a pu l'imaginer non plus ; de qui le tenait-il ? De La Bissachère lui-même peut-être si, comme il est fort probable, il a été en relations avec lui à Londres. Mais ce n'est là qu'une hypothèse qu'il serait difficile, dans l'état actuel de nos informations, de bien étayer. Retenons seulement que Montyon a pu, en certaines circonstances et sur des points historiques, recevoir des renseignements exacts d'une source encore inconnue ^. On peut en trouver un autre exemple dans un passage où il répond à la question : Gia-long était-il lettré ? il se sépare d'abord de l'opinion de Barrow sur le point essentiel et s'en rapproche immédiatement en un détail de moindre importance.