‹ La religieuse en retraiteChapitre 15 sur 45 · MESSE ET COMMUNION · texte numérisé non relu

MESSE ET COMMUNION

1° Messie.

Vous avez l'insigne bonheur d'assister chaque jour au saint sacrifice, vous n'en sauriez donc trop connaître L'excellence et les fruits. Pour l'apprécier, autant qu'il est donné à l'intelligence humaine, considère/. L'honneur suréminent et parfait qu'il nous permet de rendre à Dieu.

Par ce sacrifice 1° nous rendons à Dieu V honneur que nous lui devons, l 'adoration, faction de grâces, la satisfaction, la prière.

Nous adorons son souverain domaine sur nous et sur toute la création, en offrant l'humanité sainte de Jésus-Christ, qui, en sa qualité de victime et à cause de son union avec la personne du Verbe, rend à Dieu, par ses anéantissements et ses profonds hommages, un honneur infini.

Nous le remercions dignement pour les faveurs dont il nous comble, en offrant par les mains du prêtre le don le plus précieux et le plus agréable que les hommes puissent offrir à Dieu, et en présentant les mêmes actions de grâces que Jésus-Christ ne cesse de présenter à son Père au nom de son Eglise.

Nous satisfaisons pleinement pour nos péchés et reconnaissons que nous avions mérité la mort, en offrant et en substiluantànotre place ledivinAgneau qui s'est immolé sur la croix pour les expier, et qui s'immole encore tous les jours sur l'autel pour la même fin.

Nous demandons efficacement, les grâces dont nous avons besoin par Celui à qui le Père céleste ne peut rien refuser, el qui a institué le sacrifice de la messe

pour compléter le sacrifice de la croix, nous donnant le moyen de nous L'approprier et de recevoir l'application des grâces qu'il a méritées.

2° Nous rendons à Dieu llionneur qu'il recevait autrefois des patriarches.

Ce que les patriarches pouvaient faire de plus relevé et de plus noble pour adorer leur Créa leur et leur Maître, c'était premièrement d'offrir à Dieu des animaux, en témoignage de sa libéralité qui leur avait tout donné ; secondement d'égorger ces animaux, en témoignage de sa grandeur qui n'a nul besoin de nos richesses.

Or cet honneur est formellement contenu dans le sacrifice de la messe, dont une partie essentielle est la destruction de Poiîrande apportée sur l'autel. Le prêtre prend du pain et du vin, et présente l'un et l'autre à Dieu comme une particule de nos biens et du monde mis à notre usage. Mais bientôt, proclamant que Dieu n'a que faire de pain et de vin, ni du monde entier, il détruit par les paroles sacramentelles le pain et le vin ; et, ce que ne firent ni la synagogue ni le paganisme, ce que ne purent jamais ni le glaive ni le feu sur aucune hostie, il les pousse jusqu'au néant : le pain et le vin ne sont plus, il ne reste que les accidents ; si bien que, par cet anéantissement total, le prêtre arrive tout d'un coup au plus haut point d'adoration possible à L'humanité, et glorifie plus Dieu que les patriarches sous la loi de nature et que les sacrificateurs sous la loi mosaïque n'auraient pu le glorifier par l'offrande de plusieurs millions de victimes égorgées, il est vrai, mais non anéanties.

3° Nous rendons à Dieu llionneur qu'il se rend à lui-même dans V éternité.

La suprême gloire de Dieu le Père, sa félicité in-

comparable, c'est la génération de son Verbe, qui atteste non plus seulement qu'il est l'Auteur et le Maître absolu de toutes les créatures, mais qu'il es! Dieu même, digne de posséder ce Fils adorable et ti'en être le Père. « Verbe divin, abîme de perfec- « lion et de grandeur, vous êtes à moi, je vous enc gendre éternellement de ma substance, Dieu de « Dieu, lumière de lumière. C'est ainsi que je me a glorifie moi-même et mets le couronnement à « tous les honneurs qui me sont dus. »

Or, au saint sacrifice, le prêtre, en notre nom, procure à Dieu la même gloire. Il commence, en effet, par la destruction du pain et du vin ; puis aussitôt, franchissant les limites du temps et passant jusqu'à l'infini, en vertu des mêmes paroles, il fait naître à la place le Verbe incarné, il lui donne une nouvelle vie, le met en état de victime, et, sous cette forme, il le présente à Dieu comme un don de ses mains, un fruit de ses lèvres ; il en fait Dieu le possesseur, et ne se retire de l'autel qu'après avoir honoré Dieu par un présent égal au bienfait reçu, égal même au Bienfaiteur.

4° Nous rendons à Dieu l'honneur que Jésus*- Christ lui rendit sur le Calvaire.

« Tout est consommé, « s'écria le Sauveur en expirant. Victime divine, je glorifie infiniment Dieu par sa mort, et j'acquitte surabondamment toutes les dettes du genre humain. Il est juste qu'un Dieu soit crucifié pour réparer l'outrage fait à Dieu par le péché. Voilà la consommation de toutes les adorations et de toutes les satisfactions qu'un Dieu offensé peut exiger et recevoir.

Or, sur l'autel, Jésus-Christ est réellement dans un état de mort. Les paroles sacramentelles, comme un glaive spirituel, ont séparé mystiquement son

corps d'avec son sang ; puisque la consécration du sang est différente de celle du corps, et que le corps et le sang ne sont unis qu'en vertu de la réunion qui s'en est faite à la résurrection. Dieu le Père voit donc en Jésus-Christ les cicatrices de ses plaies, les témoignages de son obéissance, les signes authentiques de ses opprobres, ce qui est le plus beau spectacle pour sa justice ; et en même temps il aperçoit, en lui les félicités de la vie, lesv splendeurs de la gloire, les triomphes de La puissance, ce qui est le plus beau spectacle pour son amour. Ainsi Jésus- Christ a-t-ii trouvé le secret de rendre perpétuellement présent aux yeux de Dieu le sacrilice qui a apaisé sa colère, et aux yeux des hommes le sacrifice qui les a rachetés.

Oh ! combien ces pensées seraient propres à ranimer la ferveur, si l'on s'en pénétrait !

2° Communion*.

Vous avez encore le bonheur non moins grand d'approcher fréquemment de la sainte table. Pour le faire avec piété et avec fruit, il est des actes qu'il faut produire avant et d'autres qu'il faut produire après.

1° Avant la Communion, ranimez votre foi et excitez votre désir.

Ranimez votre foi. Si l'épouse doit être nourrie selon la grandeur de son époux, la fille selon la noblesse de son père, les membres selon la dignité du chef, donc, ô Eglise, épouse d'un Dieu, tille d'un Dieu, corps mystique d'un Dieu qui pût t'ètre présentée pour nourriture ; et voici que Jésus-Christ nous dit : Prene^ mangez : ceci est mon corps.

O mon Sauveur, je le crois. C'est ce même corps conçu du Saint-Esprit, né de la Vierge Marie, crucifié, ressuscité, élevé aux cieux. placé à îa droite du

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