SI
Père, avec lequel vous viendrez juger les vivants et les morts.
C'est ce même sang, infiniment précieux, qui a
été répandu pour nous, et par lequel nos péchés ont élé lavés.
Ce corps et ce sang sont inséparables. Ainsi avec ]r corps on reçoit le sang, avec le sang on reçoit le corps, et avec l'un et l'autre on reçoit l'âme et la divinité de Jésus-Christ, qui ne peuvent en être séparées ! en un mot, on reçoit Jésus-Christ, Dieu et homme.
En Jésus-Christ sont toutes les grâces, toutes les lumières, toutes les consolations, entin toutes les richesses du ciel et de la terre. Tout nous est donné avec Jésus-Christ, et qui se donne soi-même ne peut plus rien refuser.
Je le crois, Seigneur, vous l'avez dit de votre bouche sacrée et toute puissante ; je sais que vous êtes la vérité même et que tout obéit à votre voix. Encore une fois, je le crois.
Excitez votre désir. 0 Dieu ! il est donc vrai, il y a sur la terre, dans ce temple, un cœur qui va se reposer sur le cœur de Jésus- Christ, s'embraser de ses feux, se plonger dans l'océan de ses grâces ; et ce cœur, c'est le mien ! Il y a sur la terre, dans ce temple, un enfant de Dieu à qui Dieu le père va donner son Fils, à qui Dieu le Fils va se donner lui-même ; et cet enfant de Dieu, c'est moi !
Venez, corps de Jésus meurtri pour moi : le moment est venu de vous prendre, de vous manger je m'unis à toutes vos plaies, ces plaies par lesquelles mon âme blessée a été guérie. Venez, sang que l'amour à tiré des veines de Jésus, de ses pieds et de ses mains, de son chef couronné d'épines, de son cœur ouvert par la lance ; que je vous boive, et
que je vous fasse couler dans mon sein, que je purifie par vous et en vous toutes mes souillures.
Venez, Seigneur Jésus. Déjà le piètre vous a offert en sacrilice, il s'est nourri le premier de la chair de la victime. On donne le signal ; l'Epoux et l'Epouse disent : Venez.
Après la communion, offrez-vous avec Jésus, et jurez-lui un éternel amour.
Offrez-vous avec Jésus. Contemplez, ô mon Dieu, au fond de mon cœur, la face de votre Christ. Vous m'avez aimée jusqu'à me le donner ; et moi je vous aime jusqu'à vous l'offrir, et je m'offre avec lui. J'unis ma voix à sa voix, je me cache dans ses divines blessures, je voile ma laideur sous les splendeurs ravissantes de son visage, je vous aime et je vous adore par son cœur. C'est lui qui prie pour moi, qu satisfait pour moi, qui rend grâces pour moi, qui aime et adore pour moi. Que pouvez-vous désormais me reprocher ou me redemander ? Et n'ètes-vous pas contraint d'avouer, comme autrefois Isaac pour Jacob revêtu des habits d'Esaû, que je suis votre enfant bien-aimée, et que vous devez m'accorder votre bénédiction et votre héritage ?
Jurez-lui un étemel amour. Vous vous êtes donné à moi, 6 Jésus, pour être possédé tout entier et pour me posséder sans réserve, pour ne faire avec moi qu'une même chose et pour que je ne vive plus que de votre vie. Or vous ne respiriez que la gloire de votre Père, votre nourriture était de faire la volonté de votre Père, vous avez subi la mort, et vous étiez prêta la subir mille fois, pour plaire à votre Père. C'est ainsi que je veux vous aimer, ne respirant que pour votre gloire, disposée à tout sacrifier pour vous être agréable. Dieu qui êtes l'amour infini. Dien qui m'avez tant aimée de toute éternité,
Dieu qui m'avez ordonné de vous aimer, faites-moi la grâce de vous aimer. C'est de tout mon cœur, de toute mon âme, de tout mon espril, de toutes mes forces que je veux vous aimer. C'est uniquement pour vous seul, parce que vous êtes le bien suprême» parce que vous êtes souverainement parfait, parce que vous êtes digne d'un amour infini, que je vous aime, ô mon Dieu. Puisse mon amour ressembler à celui des séraphins, s'unir à celui de tous vos élus, de Marie elle-même, s'embraser de l'amour dont vous vous aimez de toute éternité! Amen, amen'. qu'ilen soit ainsi ! oui, mon Dieu, qu'il en soit ainsi! A la messe et à la communion, proposez-vous toujours quelque intention particulière.
TL.E SEPTIEME JOUIfr
Rénovation des vœux
1° Du COTE DE LA RELIGIEUSE,
C'est 1° une ratification. Loin de se repentir, comme il arrive dans la plupart des engagements humains, rappelant le sien à son souvenir et se reportant avec attendrissement au jour solennel où elle l'a signé, elle le confirme avec la même joie qu'elle Ta contracté ; elle s'en applaudit devant Dieu et devant les hommes par un acte public ; elle remercie le ciel de lui en avoir inspiré la pensée et d'avoir daigné l'accepter ; elle l'apprécie plu» que jamais, et, si l'engagement sacré n'était déjà contracté, elle n'hésiterait pas à le contracter aussitôt, bien qu'elle ait rencontré dans sa carrière religieuse des difficultés qu'elle n'avait pas soupçonnées d'abord, et dutelle en rencontrer de plus grandes encore. La victime à moitié consumée revient plus joyeuse à l'autel du sacrifice ; le martyr déjà meurtri et, ensanglanté tressaille à la perspective des supplices qu'il lui reste à subir.
C'est 2° une. réparation. Dans les méditations qu'elle vient de faire pour mieux se pénétrer de la sublimité de sa vocation, comparant les grâces reçues avec les progrès, la Religieuse a reconnu sur plusieurs points des infidélités et des négligences ; dans
la direction et l'ouverture de conscience, elle acherché et trouvé les moyens de s'en corriger ; dans sa (M uihssion générale, elle les a accusées et détestées. Elle demande qu'en présence de cette amende honorable, Jésus-Christ, touché de son repentir, du ferme propos qu'elle forme pour l'avenir, pardonne tout, remette tout, coulpe et peine ; et elle a une si haute idée de la miséricordieuse tendresse du divin Epoux, qu'elle ose presque espérer, au renouuvellement de ses vœux, ce que les théologiens lui promirent au moment de leur première émission, une absolution universelle, une indulgence plénière, une sorte de jubilé et comme un second baptême,
2° Du côté de Jèsus-Christ.
C'est 1° la grâce de La profession épanchée tout entière. Par ses infractions et sa tiédeur, ia Religieuse avait plus ou moins obstrué les canaux de cette grâce puissante et en quelque sorte sacramentelle ; puisqu'elle vient d'enlever l'obstacle, Jésus- Christ laisse immédiatement couler cette grâce par tous ses ruisseaux naturels ; il réintègre la Religieuse dans les droits que la profession lui donnait à recevoir des faveurs spéciales, appropriées à ses obligations ; il la meta même, ainsi rafraîchie et fortifiée, de reprendre efficacement l'œuvre un moment interrompue de sa perfection. Comme Pâques et Noël font revivre, pour ceux qui célèbrent dévotement le Carême et l'A vent, le fruit toujours subsistant des mystères du Sauveur ; comme l'anniversaire de la dédicace des églises, en ranimant la piété des fidèles, fait descendre sur leurs prières les bénédictions obtenues par la consécration elle-même : ainsi la cérémonie de la rénovation des vœux, pour l'âme qui s'y prépare avec soin et qui l'accomplit avec amour, ouvre le cœur du divin Maître, et permet à la grâce
que la profession a mise en réserve dans ce cœur Je se répandre sans mesure.
C'est 2° une effusion de grâces nouvelles. Jésus- Christ tient compte à la Religieuse de tout ce qu'elle a déjà fait pour sa gloire, de la ferveur qui a marqué les exercices de sa retraite, de l'empressement avec lequel elle réitère son offrande, du regret qu'elle éprouve en voyant cette offrande si chétive. Puisqu'elle donne tout et que son désir le plus vif serait de donner plus encore, Jésus-Christ, pour ne point se laisser vaincre en générosité, aux faveurs anciennes ajoutera des faveurs nouvelles. De sa part, ce n'est pas une simple réconciliation où restent presque toujours certains nuages, c'est un redoublement de tendresse. Ce n'est pas seulement une restauration qui rend à l'âme comme à une peinture flétrie son premier coloris, c'est un surcroît de beauté, une splendeur ravissante. Les pertes sont réparées avec usure, la pointe émoussée de l'esprit reçoit une trempe plus vigoureuse, la volonté tombée insensiblement par l'effet de sa pesanteur naturelle est reportée tout d'un coup à une hauteur jusque là inconnue ; la Religieuse est plus que jamais attachée à Jésus-Christ, enracinée dans sa vocation, déterminée à devenir sainte et apôtre.