LA RELIGION EN AMI^.RIQUE. LIV. VII
douze ou quinze prédicateurs de cette dernière catégorie, et leurs églises sont encore moins nonribreuses, tandis que le nombre des universalisles proprement dits s'est accru rapidement durant les quarante dernières années. En 1801, il n'y avait que vingt-deux prédicateurs qui s'avouaient universalistes; voici maintenant les chiffres qu'ils nous donnent : une convention générale, 12 conventions d'Etat, 59 associations, 540 prédicateurs, 550 lieux de réunions, 875 sociétés, et une population de 600,000 âmes sous leur influence. Je soupçonne que ce dernier chiffre est un peu enflé. Leurs congrégations, pour la plupart, sont petites, et bien des gens ne s'y rendent que par curiosité.
Nous ne saurions mieux nous y prendre, pour faire connaître les doctrines des universalistes américains, que de Iransôrire les trois articles adoptés, comme profession de foi , par leur convention générale, en
1" Nous croyons que les Saintes-Ecritures de l'Ancien et du Nouveau-Testament nous révèlent le caractère de Dieu, les devoirs, les intérêts et la destinée future de l'humanité.
2° Nous croyons qu'il y a un seul Dieu , dont la nature est d'aimer. Il s'est révélé dans un seul Seigneur Jésus-Christ, par un seul Saint-Esprit, l'Esprit de grâce, qui rétablira finalement le monde entier dans la siainleté et dans le bonheur.
3" Nous croyons que la sainteté et le vrai bonheur sont inséparables, et que les fidèles doivent soigneu-
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sèment se maintenir dans l'ordre et pratiquer les bonnes œuvres; car c'est là ce qui est bon et utile aux hommes.
Les églises universalistes sont indépendantes les unes des autres; mais elles s'entendent et se consultent au moyen de leurs associations locales, des conventions d'Etat et delà convention générale. Elles ont commencé dernièrement à donner quelques soins à l'instruction supérieure, et possèdent dans l'Elat de Vermont ce qu'elles appellent une université et trois ou quatre établissements secondaires. Bien que la plupart de leurs prédicateurs ne soient pas fort cultivés , à force de diriger leurs pensées sur un seul point et de ramasser des arguments quelque peu plausibles en faveur de leur thèse, ils deviennent d'une étonnante habileté à manier leurs sophismes; en sorte qu'ils séduisent aisément ceux qui désirent gagner le ciel par un chemin plus facile que celui dont les Ecritures, entendues simplement, nous donnent le tracé. Ils ont, disent-ils, de quinze à vingt journaux, la plupart politiques, qui soutiennent leurs doctrines dans les divers Etats de l'Union.
Les seuls universalistes dont la prédication paraisse avoir une influence morale assez bienfaisante, sont cette poignée de partisans du rétablissement final dont j'ai parlé. Quant aux autres, ils n'ont guère pour sectateurs que des hommes irréligieux et profanes , des violateurs du sabbat, des buveurs et des ennemis de la religion évangélique. Leur prédication n'exerce décidément aucune action réformatrice sur ceux qui
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la suivent , et que pourrait-on en dire de pire? Quand il s'ouvre quelque part une prédication universalisle, on y voit courir force de désœuvrés et de mauvais sujets; puis aussi quelques individus de meilleure condition qu'attire surtout la curiosité. Mais il est un fait remarquable qu'atteste le témoignage des universalistes qui se convertissent : c'est que, malgré la bonne envie qu'ils en auraient, les sectateurs de ce système ne parviennent point à y croire. Ils sont, pour la plupart, comme ce fermier de la Nouvelle-Angleterre, qui, ayant entendu un prédicateur universalisle, lui dit après le sermon : « J'aime fort votre doctrine, et je donnerais bien cinq dollars pour que vous pussiez en démontrer la vérité. »