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rôle de Dieu et à Ions les moyens de G^râce en dehors de l'ànie; ils admellenl également la nôeessitù où est le fidèle d'être dans une constante communion avec Dieu par le Saint-Esprit, demeurant en lui, afin de faire des progrès dans la sainteté; puis la résurrection des morts, le jugement universel, une éternelle félicité pour ceux qui sont sauvés , et une éternelle misère pour ceux qui se perdent.
Les méthodistes et quelques associations de moindre étendue rejettent la doctrine calviniste ou réformée delà prédestination, surtout dans son application aux individus qui, selon les conseils de Dieu, deviennent les objets de la grâce régénératrice. Ils nient aussi que ceux qui sont une fois renouvelés par le Saint-Esprit, soient efficacement et certainement gardés pour le salut par la puissance de Dieu, au moyen de la foi. Mais les autres communions reçoivent ces doctrines, non-seulement comme clairement révélées, mais comme infiniment utiles dans la pratique.
Un tiers peut-être du clergé et des membres de l'église épiscopale est en accord d'opinion avec ce qu'on appelle, dans l'église anglicane, les théologiens d'Oxford, ou puséites; ils le sont du moins pour ce qui concerne les sacrements, auxquels ils attribuent une efficace spirituelle que ne leur reconnaissent pas les autres protestants.
Du reste les disputes qui s'agitent quelquefois entre ces diverses communions sont la plupart de telle nature, qu'il est difficile d'en donner des idées justes à un étranger. Il n'est pas rare que les parties coMten-
danles elles-mêmes aient beaucoup de peine à déterminer le point en litige. Par exemple , je ne me vanterai pas d'exposer le différend qui sépare l'ancienne et la nouvelle école presbytérienne , de manière à contenter les deux bords.
Qu'il me suffise donc de le remarquer, en général, les discussions de nos théologiens roulent sur la constitution de l'esprit humain, sur l'analyse de la responsabilité de l'homme et de son activité morale, et sur la vieille question du «libre arbitre et de la nécessité.» Les uns prétendent que tous les individus de la famille humaine sont, à la lettre, responsables devant Dieu du péché de leurs premiers parents ; les autres estiment seulement que, par une conséquence du péché d'Adam , toute sa postérité est tombée dans le péché. Quelques-uns pensent que le péché consiste dans le penchant au mal inhérent à l'âme, penchant qui s'y trouve depuis l'instant môme où elle commence d'exister, quel que soit ce moment, en sorte que le péché serait antérieur à tout choix , à toute intelligence , à tout désir et à toute émotion; d'autres soutiennent que le péché consiste seulement dans le mauvais emploi des forces de notre nature. Ceux-là croient que « la nouvelle naissance» est, littéralement et en quelque sorte physiquement, une création nouvelle, et non pas au sens jîguré et moral seulement; c'est une transmutation de l'être même, d'où résulte inévitablement une rénovation morale. Avant qu'un homme soit repentant, et qu'il croie, ou qu'il ait quelque bon mouvement, il faut non pas seulement une influence du
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Saint-Esprit sur son âme, mais un chaniçcmenl subjeclif, chaiigeiiieut auquel ils donnent le nom de repenlance. Ceux-ci, au contraire, disentque la conversion, on ce retour vers Dieu qui se fait par la repentance et la foi, est la régénération elle-même, effet d'une influence divine sur l'àme. Selon quelques-uns, l'homme renouvelé persévère dans la sainteté, parce que le pouvoir de Dieu est sur lui de telle sorte qu'il ne peut défaillir; selon d'autres, la promesse que Dieu a faite de garder les siens ne peut manquer de s'accomplir, et c'est pour cela que ceux qui sont à Dieu ne sauraient défaillir. Ici vous entendrez affirmer que, dans les œuvres de la création, de la providence et de la rédemption , Dieu n'a pas suivi le meilleur des systèmes qu'il eût pu concevoir ; là, au contraire , que le plan de l'univers , tout compensé , est absolument le meilleur des systèmes que Dieu pût engendrer ; meilleur, malgré le péché, que si toutes les créatures fussent demeurées fidèles ; mais ailleurs on vous dira qu'il est seulement le meilleur de ceux qui pussent être réalisés, la création et le gouvernement de Dieu étant admis, et néanmoins qu'il est à regretter que les créatures ne soient pas demeurées saintes et heureuses. Il en est qui prétendent que partout oiî survient le péché , Dieu voit que c'est, en définitive, ce qui vaut le mieux , et qu'il préfère alors le mal au bien; il en est d'autres qui nient qu'il puisse jamais en être ainsi. Dieu ne choisit pas le mal préférablement au bien; mais quand le péché se commet, il a des raisons de sagesse pour le permettre, plutôt que de l'arrêter
par sa puissance. Nous avons enfin quelques ibéologiens pour qui nos actes volontaires sont tellement prédéterminés, qu'à les entendre , nous n'avons pas le pouvoir d'agir de deux manières; mais ils sont combattus par ceux qui , tout en admettant que nos actes volontaires sont par avance certainement liés aux conseils de Dieu , estiment qu'il n'y a rien dans celte cei'litude qui ôte à notre volonté le pouvoir d'agir autrement qu'elle ne le fait.
On jugera par ce spécimen de ce que sont les controverses théologiques dans nos églises fidèles et surtout dans les communions congrégationalisleset presbytériennes. Si je devais dire ma pensée sur la direction probable que prendra l'opinion religieuse aux Etals-Unis et que suivra la théologie au milieu de ces débats métaphysiques, je n'hésiterais pas à dire qu'elles tendent à mettre toujours un plus grand prix au christianisme le plus simple et le plus scripturaire : la bonne nouvelle à tous les hommes, la bonne nouvelle du pardon des péchés au moyen de l'expiation opérée par le Fils de Dieu, la bonne nouvelle du Saint-Esprit qui se donne aux pécheurs, pour les amener à la repenlance,el aux fidèles pourachever l'œuvre de la sanctification dans leur cœur. Partout on demande un christianisme qui puisse èlve prêché , et qui, étant prêché, se recommande au cœur de tous les hommes en la présence de Dieu. Ce ne sont pas d'interminables spéculations, sans rapport avec les besoins de la conscience, que ce soient les craintes du pécheur, ou les saintes espérances du fidèle; non, ce ne sont pas des II. 23
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spéculations niélaphysiques qui peuvent satisfaire ce vœu si général. Aussi l'Evangile est-il toujours moins prêché sous la forme d'un dogmatisme traditionnel, mais, au contraire, toujours plus comme VÉvangile, c'est-à-dire le message de la miséricorde divine aux pécheurs, pour que tous y cherchent )a satisfaction de leurs besoins spirituels, le remède à leur profonde misère, et qu'ils saluent avec foi et avec joie la résurrection d'entre les morts. Contre cette tendance, il y a, je le sais, et il y aura, dans l'occasion, passablement de résistance çà et là ; la surface des eaux sera de temps en temps soulevée par quelque vent de doctrine , ou plutôt de spéculations dogmatiques, et le courant semblera marcher en sens inverse; mais, après loul,je me persuade que de révolutions en révolutions, si ce n'est d'année en année , l'on en reviendra finalement au plus simple, qui est de prêcher l'Evangile comme un message de la grâce de Dieu, mis à la portée de tous et que chacun doit recevoir immédiatement. Voilà ce qu'il faut, je le répète, au lieu de ces expositions philosophiques et traditionnelles, qui, entravant le prédicateur dans sa marche, détournent en même temps les auditeurs.
Nous pouvons aussi juger des tendances de nos théologiens par l'attention croissante qu'ils apportent à l'étude de l'Écriture. De tout temps on la tint universellement pour la seule autorité en matière de foi, mais, trop fréquemment, c'était en théorie plus qu'en pratique. 11 n'en va plus ainsi. L'on attache un prix tout nouveau à la science et à l'art d'interpréter la
Bible. Le meilleur théologien est celui qui comprend le mieux ce saint livre et qui l'explique le plus simplement. On ne dit pas qu'il soit sans importance de savoir ce qu'ont dit Edwards et les puritains, et les réformateurs, etAugustin, et Jérôme, et lesPères; mais la plus importante des questions est de savoir ce que dit l'Ecriture, ce qu'ont enseigné Jésus-Christ et ses apôtres.
Le mérite particulier delà théologie arnéricaine est d'avoir jeté beaucoup de jour sur la doctrine de l'expiation, en étudiant à fond la nature morale du gouvernement de Dieu. Nulle part on ne distingue mieux l'œuvre de Christ pour la propitiation des péchés, «l'avec l'œuvre du Saint-Esprit pour renouveler et sanctifier le pécheur; nulle part on ne fait mieux sentir la nécessité de cette double œuvre en ce qui touche le salut des âmes. Sous l'impulsion que lui donnèrent les travaux d'Edwards, notre théologie sait éviter l'habitude commune aux philosophes et aux théologiens philosophants, de ne voir en Dieu que la cause première des êtres et des faits; elle sait de plus admirer en lui le gouverneur moral des êtres qu'il a créés capables de répondre de leurs actes. C'est ce qui fait la différence entre le dieu de la Bible et le dieu de l'intelligence. Ce dernier est simplement une cause première, la raison des choses, quelquefois, si ce n'est même toujours, une hypothèse pour rendre compte de l'existence de l'Univers, un autre nom pour désigner la nature et le destin. Le dieu de la Bible est le chef d'un gouvernement moral, je veux dire un législateur,
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un juge, un ôlro qui distribue la peine el la récompense. Il a donné aux créatures douées de conscience, une loi qui est destinée àvrendre heureuse la* portion la plus noble de son vaste empire. Celle loi exprime avec force el vérité la volonté du législateur relalivemenl à nos actions. Il fallait ensuite qu'une disposition pénab; fixée par le législateur luimAnie fît connaître quelle esl, à ses yeux, la grandeur des inlérêls lésés par la désobéissance. Enfin, comme la loi n'a rien d'arbitraire, mais qu'elle renferme le moyen indispensable pour atteindre le plus excellent des buts , elle ne saurait être arbitrairement anéantie. C'est pourquoi , lorsque l'homme se fut révolté et que le genre humain tout entier se vit sous la condamnation, Dieu envoya son fils dans le monde, afin que, revêtu de la nature humaine, il s'offrît pour nos péchés; el que, magnifiant la loi par ses souffrances volontaires, il montrât que Dieu est juste el qu'il justifie ceux qui croient en lui. C'est ainsi que l'Eternel, gouverneur moral de l'univers, manifeslc sa gloire par le salut des pécheurs ; qu'il appelle tous les hommes à se repentir et à chercher vivement leur délivrance; qu'il a fait à ce monde rebelle le don immense de son Esprit, afin de communiquer la vie à ceux qui meurent par le péché; que, dans ce même monde de pécheurs qui, laissé à lui-même, rejetterait toute offre de pardon, il sauve ceux qu'il a choisis dans le monde. Enfin c'est ainsi qu'il emploie pour coopérer au salut des âmes, les pécheurs mêmes que sa grâce ft rachetés el renouvelés ; car si l'homme esl sauvé de
la condamnation et du péché, ce n'est point par un simple acte de la puissance divine, c'est par des moyens en accord avec la nature du gouvernement moral de Dieu et avec les fins qu'il se propose dans son auguste administration. Cette manière d'entendre l'Evangile ramène le prédicateur et le théologien, des rêveries de Platon et du dogmatisme desséchant de l'école à la Bible et à ses trésors de foi, d'espérance et d'amour. Elle force, pour ainsi dire, le théologien à étudier, et le prédicateur à imiter les franches allures, la simplicité, la méthode directe des apôtres, qui parlaient à l'intellis^ence et aux affections de tous.
Je ferai remarquer, en terminant, qu'il est, dans l'histoire, peu de faits plus propres à prouver la vérité divine et la vitalité immuable de l'Evangile, que l'extension et la permanence de son autorité sur le peuple américain. Le christianisme des Etats-Unis n'est pas le formalisme cadavéreux d'institutions ecclésiastiques soutenues par la loi , par la tradition ou par la force de l'habitude et de l'exemple. Il ne consiste pas dans un système compact de superstitions dont on opprime les âmes pour assurer la tyrannie d'un sacerdoce. Ce n'est pas non plus ce rationalisme, qui, ne conservant du christianisme que le nom, a eu son règne dans une partie de l'Europe protestante; mais c'est au contraire le christianisme évangélique, le christianisme du Nouveau-Testament. Quel que soit celui de nos temples et de nos oratoires où l'on entre, il y a dix probabilités contre une qu'on y trouvera un culte spirituel, de pieux adorateurs et une prédication selon
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la ])urclé de l'Evangile. Peiil-ôlre lout ne plaira-l-il pas égaleineiit dans les formes parfois un peu rudes, el à coup sûr on n'y jouira pas de la pompe des cathédrales ; peul-ôlre aussi l'Evangile y est-il prêché sans beaucoup de science, et avec moins d'art encore; mais enfin c'est l'F^vangile, el cet Evangile s'y manifeste souvent comme « la sagesse de Dieu et la puissance de Dieu pour le salut des âmes, »