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CHAP. 111. CONSEIL AAIÉRICAIN DES MISSIONS

autant qu'on en peut juger, sincèrement convertis à Dieu. Pendant ces deux années , le nombre des membres de l'Eglise s'éleva de 5,000 à plus de 18,000 ; et l'on n'admet comme membres de l'Eglise que ceux dont ou a lieu de croire la piété véritable. Les indigènes ont d'ailleurs érigé bon nombre d'édiûces destinés au culte, et encore plus de maisons d'école. L'on y observe généralement le sabbat par la suspension des travaux et des amusements ordinaires. Dans ce jour béni, l'on en (end maintenant, au fond des vallées, le joyeux son de la cloche qui appelle les fidèles au service du Seigneur.

C'est avec beaucoup de raison que le Conseil américain consacre une portion de ses ressources à faire annoncer l'Evangile aux tribus indiennes les plus importantes de l'Amérique du Nord. Il commença en 1816 et 1818 ses travaux auprès des Cherokis et des Choclas, qui habitaient alors à l'intérieur de quelques Etals du sud-ouest. Ces deux missions eurent pendant au moins dix ans les plus beaux succès. Ce fut alors que ces pauvres Indiens se virent chassés par ceux qui convoitaient leurs terres et obligés de se transporter, le désespoir dans l'âme, au-delà du Mississipi. Les missionnaires suivirent ces tribus dans leur exil.

On institua d'autres missions, à diverses époques, chez les Criks et les Chickasas, à l'est du Mississipi, et chez les Osages, à l'ouest; mais on a dû les discontinuer. Après 1830, on envoya des missionnaires aux tribus errantes des Ojibwas, des Sioux et des Pawnis,

dOâ LA llKLIGION EN AMLKIQL'E. LIV. YIII

dans le vaste territoire iiord-ouest des Etals-Unis; et en 1835, on en expédia tout au travers du continent, au-delà des Montagnes Rocheuses, pour travailler auprès des Indiens de l'Orégon. Enfin, le Conseil américain entretient plusieurs missions parmi les faibles restes des Six Nations, autrefois si puissantes, et qui n'ont plus que quelques membres épars sur les bords du lac Erié, dans l'Etat de New-York.

Le tableau suivant présente en résumé l'état actuel des missions appartenant à ce Conseil. C'est un extrait du compte rendu le 31 juillet 1843 :

Nombre des missions soutenues durant l'année. 26

Stations 86

Missionnaires ayant reçu l'imposition des mains. 131

Médecins 8

Instituteurs 15

Imprimeurs et relieurs 10

Autres aides-missionnaires 6

Femmes attachées aux missions 178

Prédicateurs indigènes 14

Aides indigènes 116

Nombre total des ouvriers 478

Diminution sur l'année précédente 10

Missionnaires partis cette année 4

Aides ditto 2

Femmes ditto 9

Eglises organisées 62

Membres ajoutés aux églises cette année. . . 2,690 Nombre total des membres de ces 62 églises. . 20,797

Imprimeries 16

Presses 30

Fonderies pour caractères d'imprimerie. . . 4

Fontes dans l'année 43

Nombre des langues dans lesquelles on a imprimé. 33

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Nombre de celles qui ne s'écrivaient pas jadis. 15

Exemplaires sortis des presses 600,000

Nombre des pages 56,383,000

Difto depuis le commencement 442,056,185

Séminaires d'instituteurs et de prédicateurs indigènes 7

Nombre des élèves 524

Autres pensions 22

Elèves, garçons 300

Id., filles 400

Ecoles gratuites 610

Nombre des écoliers 30,778

Nombre total des élèves des missions. . . . 32,000

Recettes dollars. 244,224

Dépenses 257,247

Soit environ quatorze millions de francs.

Pour compléter ce tableau, nous avons à présenter les observations suivantes:

Indépendamment des 8 médecins qui se ratlachenl à ces missions, il est 8 des missionnaires consacrés «jui exercent aussi la médecine.

Eu 1842-43, il n'est parti que 15 nouveaux ouvriers; jamais, depuis 1831, le nombre n'en avait été si peu élevé.

Dans les 20,797 membres des églises appartenant aux missions du Conseil américain, l'on ne compte pas, cela se conçoit, plusieurs centaines d'Américains, de Nestoriens el d'autres asiatiques occidentaux convertis par la prédication des missionnaires.

Des 32,000 jeunes gens qui fréquentent les écoles, il en est 2,000 environ, comme on le voit par le tableau, qui sont élevés essenliellemenl en vue du mi-

3% LA ULLltilUN kH AMiililQVE. LIV. Vlll

nislthe évangolique. L'iiistrucliou qu'on leur donne esl aussi soignée que cela se puisse avec l'exlrônie pénurie 011 l'on esl encore de livres éci'ils dans les langues de la plupart de ces conlrées. En général, les missionnaires ont dû composer eux-mêmes les livres d'étude, et de grands progrès y ont été faits, surtout pour ce qui concerne la géogra[)hie, l'arithmétique, la géométi'ie, l'histoire sainte, el les éléments de la religion et de la morale.

Les 33 langues dans lesquelles on a imprimé jusqu'ici 442 millions de pages, sont le zulu, le grebo, l'italien, le grec, l'arménien, le turc (en caractères arméniens, ) l'arabe, le mahratte, le portugais, le goojuratte, l'indoustani, le latin, le tamul, le lelougou, le siamois, le chinois, le japonnais, le malais, le bugis, le hawaïen, le cheroki, le chocla, le seneca, l'abenaquis, l'objiwa, l'ottawa, le crik, l'osage, le sioux, le pawni, et le nez-percé. Dans ce compte n'entrent pas les impressions eu langue anglaise.

Enfin, les églises qui se forment chez les païens sous les auspices du Conseil américain, sont, autant que possible, calquées sur le modèle des églises congrégationnelles des Etats-Unis. On n'admet à la Cène que les membres effectifs des églises, et nul n'obtient ce titre s'il ne donne des preuves non équivoques de piété.

Après ce résumé de l'histoire des missions entreprises par le Conseil américain, il ne sera pas sans intérêt d'exposer le système qu'il suit dans ses opérations.

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Il n'envisage point une mission comme un établissement permanent. Le but qu'il se propose est de propager, par là grâce de Dieu, l'esprit et les institutions de l'Evangile dans les pays qui en sont encore privés ; après quoi, son intention est de les abandonner à eux-mêmes, en comptant pour le maintien de la foi, sur les saintes influences de ce même Evangile implanté dans les cœurs par la grâce de Dieu. Rien , en théorie, n'est plus vrai que ce principe. Le missionnaire est essentiellement un étranger et un voyageur; il n'a pas de cité permanente; mais c'est une théorie qu'on ne peut pas réaliser du premier jour.

Le point essentiel oii vise le Conseil américain c'est donc de former des prédicateurs indigènes, comme ie seul moyen d'acclimater l'Evangile et de le placer en des conditions où il puisse se maintenir et se propager de lui-même. Les anciens, ou pasteurs , que les apôtres élablissaientsurles églises sorties de la genlilité, étaient généralement des hommes du pays. 11 y a seulement à liire là-dessus que les apôtres n'étaient pas obligés, comme nous, de commencer par des écoles. Toujours est-il que, dans leurs missions, ils avaient pour principe de Ibndei" des églises, d'y établir des ministres , puis de passer eux-mêmes en d'autres lieux.

Quant au plan que suit le Conseil américain pour mettre sa théorie en pratique, le voici tel que l'exposait le comité dans le rapport annuel de 1841.

1. Formation de mim'slres indigènes. « Il faut pour cela des séminaires, écoles de prophètes dont, sous une forme ou sous une autre, l'église a toujours senti la

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nécessité. Les élèves iloivenl y entrer jeunes et demeurer jour et nuit sous la surveillance des missionnaires, loin des influences du paganisme. Les études dureront en iîénéral de 10 à 12 ans. Puis il faut des écoles primaires d'où sortent les séminaristes.

j> Il y a peu de chose à attendre d'un séminaire qui ne sercaitpas sous l'inspection d'un corps démissionnaires profondément pieux. La sainteté de leur vie et de leurs entreliens, autant que la prédication du pur évangile, doivent répandre continuellement des flots de lumière sur l'institution. L'expérience atteste que, moyennant cela, il est permis d'espérer qu'un grand nombre d'élèves contracteront une piété véritable.

» Pour mettre à l'œuvre les élèves, on n'attendra pas qu'ils soient hors du séminaire. Mais il faut ici beaucoup de prudence. Après qu'ils auront achevé leurs éludes générales, on formera en classe de théologie ceux qui se vouent au ministère ; ou bien, ce qui offre quelques avantages, on les placera sous la direction spéciale d'un missionnaire, auprès duquel ils compléteront leurs études, tout en commençant avec lui un service actif.

« Aux séminaires doivent correspondre nécessairement des pensions, où l'on élève chrétiennement de jeunes filles, dont plus lard les prédicateurs indigènes pourront faire leurs compagnes. Que serait-ce en effet qu'un pasteur dont la femme serait ignorante el idolâtre ? Et pour qu'il se forme enfin dans le pays des familles chrétiennes, ne faut-il pas qu'il s'y fasse des mariages chrétiens?»

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II. Emploi des minisires indigènes. « Les élèves des séminaires n'ont pas tous les mêmes dons; et les étudiants pieux ne sauraient tous devenir prédicateurs. Il en est qui resteront au séminaire en qualité de répétiteurs; il en est d'autres qu'on emploiera comme maîtres d'écoles, imprimeurs, relieurs, etc. Ceux mêmes qu'on destine au ministère de la parole feront d'abord les fonctions de catéchistes , de distributeurs de traités, de lecteurs, d'inspecteurs d'écoles. C'est ainsi qu'ils gagneront de l'expérience, et qu'on mettra leurs dispositions à l'épreuve. Quand le temps en sera venu, on leur donnera une licence de prédicateur, et après un examen sérieux, on leur imposera les mains comme évangélistes ou comme pasteurs.

» Bien qu'il faille se garder d'imposer les mains avec précipitation, il y aurait de graves inconvénients à trop exiger d'un indigène qui se consacre au saint ministère. Il se passera quelques générations peut-être avant qu'un peuple , à peine sorti des ténèbres du paganisme , fournisse un corps de pasteurs égal en mérile à celui que possèdent nos contrées.

» Si l'église indigène des îles Sandwich se divisait en sections de i80 individus chacune, on aurait 100 églises qui pourraient occuper autant de pasteurs. Il faudrait en outre des évangélistes pour les nombreux districts où il n'y a pas encore d'églises, et qui sont, par cela même,plus ouverts aux envahissements de l'ennemi.Dans lesautresmissions, cedonlonabesoinsurtoul. à celte heure, c'est d'évangélistes indigènes. Les missions tamules en pourraient facilement occuper des

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cenlrtiiies. QuaiU aux églises occidciilules de l'Asie, c'est l'œuvre du moment, l'œuvre urgente , que d'y foruier parmi les natifs, des ministres vraiment évangéliques.»

III. Efficacité et économie de ce plan. « Dans la plupart de nos missions, nous avons à lutter contre ces trois formidables ennemis : l'éloignement, la dépense elle climat. L'Angleterre rencontra les mêmes difTicullés dans la conquête de l'Inde; et comment s'y prit-elle pour les vaincre? Elle employa des troupes indigènes, et c'est par ce moyen qu'elle tient sous son empire ces immenses territoires. Ayons aussi nos soldats indigènes dans notre guerre spirituelle.

» Par là nous ferons une grande épargne de temps. Non-seulement nous ne saurions abandonner nos champs actuels de travail, avant de pouvoir laisser les églises des missions à des pasteurs du pays; mais encore, si nous avions de ces aides en abondance, nos missions feraient de bien plus grands progrès.

» Puis, quelle économie d'argent! Les dix années d'études de cinq indigènes n'exigent pas plus de frais que le voyage des Indes orientales pour un missionnaire et sa femme. Après cela, l'entretien d'un missionnaire coûte cinq fois plus que ne coûterait celui d'un prédicateur indigène. Celui-là ne pourrait, sans exposer sa santé et sa vie , se nourrir uniquement de riz, se couvrir d'une simple toile de culon, habiter une maison de (erre pélrie et recouverte en chaume, ni voyagera pied sous le soleil des tropiques.

» Pour donner à 1,000 jeunes gens une éducation

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propre à les préparer au saint ministère, et pour entretenir 200 prédicateurs indigènes et leur famille, il faut , dans l'Inde , environ 25,000 dollars , ce qui est en moyenne la dépense de 25 missionnaires et de leur famille. A supposer maintenant que deux de ces prédicateurs indigènes bien élevés et bien dirigés puissent faire autant d'ouvrage dans le règne de Dieu qu'un de nos missionnaires , ces 200 prédicateurs indigènes nous présentent l'équivalent de 100 missionnaires , et cela pour la somme de 75,000 dollars par année. Notez ensuite que, habitués au climat du pays oîi ils sont nés, les prédicateurs indous ne se verront pas si promptement arrêtés par les fatigues de leur ministère, ils n'auront pas à faire aux Etats- Unis de fréquents voyages afin de rétablir leur santé, ils ne devront pas y envoyer leurs enfants pour leur conserver la vie. Remarquez enfin qu'il y aura moyen d'amener insensiblement les églises nouvelles à fournir tout ou partie du traitement de leurs pasteurs, quand ce seront des hommes sortant du milieu d'elles; tandis qu'à présent il ne sérail guère praticable de leur demander de l'argent pour les missionnaires... »

Ce fut, avons-nous dit, en 1841, que c<es considérations firent le sujet du rapport annuel qui se lit en séance publique. L'assemblée a toujours, lieu au mois de septembre, dans une des grandes villes de l'est ou du centre. La session dura trois jours; il s'y trouvait 56 membres de la corporation et 102 membres honoraires. Des 56 membres de la corporation 5 étaient

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chefs (le oolléÊçe; 31, pasteurs ou niinislres; 10, juriscoiisulles; les 10 autres, néLçocianls ou médecins. — Le premier jour, on enteiulil la lecture des comptes rendus par le comité , puis il y eut, le soir, un sermon prêché par un pasteur désigné un an à l'avance. Les deux autres jours furent consacrés aux discours et aux exhortations convenables à ces fêtes chrétiennes. Toutes les années, la chose se passe de la même manière. Il n'est pas de société religieuse dont le rapport attire autant Pallention du public. Les journaux le donnent presque tout au long, et il exerce sur le pays une très-heureuse influence.

Outre ce rapport d'environ 200 pages, qui se tire à 4000 ou 5000 exemplaires, le Conseil américain publie le «Missionary Herald, » recueil mensuel tiré k 24,000 exemplaires; le « Day Spring» (l'Aube du jour), nouvelle publication mensuelle ; enfin, le «Sermon annuel » et d'autres écrits de circonstance.

Parmi les nombreux ouvrages sortis directement ou indirectement des missions du Conseil américain, bien qu'il n'en ail pas été l'éditeur, on peut citer les suivants :

Vie de Madame H. Newell, par le révér. Léonard Woods, docteur en théologie, 1815. Vie du révérend Levi Parsons, par le révérend docteur Morton, 1824. Vie du révérend Pliny Fisk , par le révérend Alvan Bond, 1828. Vie de Catkerine Brown , chiroquoise convertie, par le révérend Rufus Anderson, 1824. Vie du révérend Gordon Hall, par le révérend Horace Bardwell , 1834. Vie de Madame H. Winslow, par le

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