‹ La religion aux États-Unis d'Amérique (volume 2)Chapitre 124 sur 167 · CHAP. III. CONSEIL AMÉRICAIN DES MISSIONS · texte numérisé non relu

CHAP. III. CONSEIL AMÉRICAIN DES MISSIONS

de bêche dans ce champ de travail. Après leur mort, eu 1828, la guerre qui éclata, et les attaques des Maronites, contraignirent les survivants à quitter momentanément la Syrie. Telle fut la circonstance qui, par la volonté de Dieu, provoqua l'évangélisation des Arméniens de Conslantinople et de l'Asie-Mineure. Il est vrai que deux missionnaires avaient déjà pénéiré dans l'Asie-Mineure en 1826 ; mais leur destination était proprement la Grèce. Ce fut en 1830 qu'on envoya MM. Smilh etDwight, pour explorer l'Arménie et visiter les Nestoriens de la Perse. Ce voyage remit en lumière la plus célèbre église missionnaire des temps anciens, et le Conseil résolut de travailler à y rétablir le pur évangile. Les opérations commencèrent dans la plaine d'Ouroumiah, et dernièrement elles se sont étendues aux tribus nestoriennes du Kourdistan. Le principal objet qu'on se propose , est d'instruire les membres du clergé, de raviver en eux l'esprit de l'Evangile, moyennant la bénédiction de Dieu, et de les engager à le prêcher avec un nouveau zèle. Les missionnaires y ont introduit une imprimerie. Dans les écoles gratuites, entretenues aux frais de la mission , l'on compte plus de 400 Nestoriens, enseignés par dixhuit prêtres et par seize diacres ; soixante d'entre eux vivent dans ses séminaires. Il y a en outre une école de théologie que dirigent les missionnaires et qui compte une douzaine d'étudiants. Déjà la prédication reprend quelque vie parmi ce peuple qui se compose d'environ 100,000 âmes et chez qui se trouve, hélas ! si peu de vrai christianisme.

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Depuis quelques années, la mission de Syrie entretien l (les relations avec les Druses du mont Liban. A peu près aussi nombreux que les Nesloriens, ils leur ressemblent par leurs habitudes de monta^fnards el par leur hardiesse. C'est une sorte de mahomélans hérétiques. Tout dernièrement, ceux qui habitent la montagne ont réclamé en corps les instructions des missionnaires. Peut-être ont-ils pour seul motif celui d'améliorer leur condition civile, en devenant chrétiens et prolestants; toujours est-il que nous devons être reconnaissants envers Dieu de la permission qu'ils ont accordée aux missioniiaires d'ouvrir un séminaire au siège même du gouvernement. Ils leur ont également permis de prêcher l'Evangile, d'établir librement des écoles au milieu d'eux.

L'église arménienne n'offre pas un champ de travail d'un moindre intérêt que les Nesloriens. On peut même dire qu'il a porté plus de fruits. L'influence de l'Evangile se fait sentir fortement au sein du clergé. Il est en plusieurs lieux des centaines d'Arméniens qui, rejetant du fond de leur âme les corruptions et les superstitions de leur église, ne veulent plus d'autre doctrine que celle qui annonce la justification par la foi en Jésus-Christ. Cela se voit chez ceux mêmes qui n'ont aucune relation personnelle avec les missionnaires; la lecture de la Bible el des livres publiés par la mission a suffi pour les éclairer. Ainsi , les principes dont le Saint-Esprit se servit pour produire en Europe la Réformation du XVP siècle, commencent à exercer leur action sur l'Asie occidentale.

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Il y a, dans ce fait, de quoi exciter l'intérêt de tous les chrétiens, et rien ne sollicite plus fortement leurs prières.

En 1836, une mission partit pour le sud de l'Afrique. On en conçut d'abord de grandes espérances ; mais l'affaire des boërs , leur émigration et leurs guerres sur le Zulus , ont singulièrement changé la face des choses.

La mission dans l'Afrique occidentale, bien que commencée en 1834, ne s'est pas avancée au-delàdu cap Palmas, où elle possède un séminaire pour les jeunes Grebos. Ce n'est pas là toutefois qu'est sa vraie destination. Dès que le Niger lui sera ouvert, elle se transportera dans les contrées populeuses et salubres de l'intérieur. En attendant, il y a le long des côtes, à l'est du cap Palmas , de l'ouvrage pour bien des missionnaires.

Parmi les merveilles de notre siècle, il n'en est pas de plus grande que le résultai des missions aux îles Sandwich , dans l'océan Pacifique du nord. Les premiers missionnaires s'y établirent en 1820. A celle époque , la population de ces îles était tout à la fois sauvage et païenne, sans langue écrite et sans un seul rayon de lumière évangélique. 11 est vrai qu'elle venait, par une étrange décision, de briser ses idoles; mais on ignorait complètement ce fait aux Etats-Unis lorsque les missionnaires se mirent en roule. Vingt ans après, ce même peuple pouvait à juste titre réclamer le nom de chrétien. Bien que , par un effet de leur pauvreté , l'on ne voie pas chez les habitants des

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îles Sandwich les signes les plus imposants de la civilisalion , cependant ils en ont les bases essentielles dans leurs institutions civiles, dans leurs écoles, dans leur langue , dans leurs livres et dans des habitudes de piété toujours plus générales. Maintenant leur idiome s'écrit , et la mission a publié près de 100,000,000 de pages en celle langue. Gomme leur alphabet ne contient que douze lettres, et que chacune de ces lettres n'a qu'un son , il n'est pas difficile d'apprendre à lire le sandwich. Aussi un tiers de la population est-il en état de le faire. Les fils des chefs son t élevés par un membre de la mission, dans une pension qui leur est spécialement destinée et que les chefs eux-mêmes entretiennent. Cet établissement est à Honolulu , dans l'île de Oahu. A Lahainaluna, île de Maui, existe un séminaire, grand édifice bâti en pierre, qui contient près de 100 élèves. A Wailuku , môme île, est une institution semblable qui reçoit environ 50 jeunes filles. A Waialua, Oahu, une école de travail se soutient d'elle-même. Deux pensions k Hilo, île de Hawaïe, subsistent de l'argent que paient les parents des pensionnaires. Il est aussi des écoles gratuites pour 14,000 élèves environ. La loi a défini et garanti les droits de la propriété. Otant aux chefs la faculté de lever des contributions au peuple, chacun pour son compte, elle en a investi le Conseil national, dans sa session annuelle. Mais, de tous les faits, le plus remarquable est l'effusion extraordinaire du Saint-Esprit qui eut lieu sur ces îles, en 1838 et 1 839, en suite de quoi plusieurs milliers d'indigènes furent,

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