‹ La religion aux États-Unis d'Amérique (volume 2)Chapitre 140 sur 167 · SOCIÉTÉ ÉVANGÉLIQUE DES ÉTATS-UNIS, EN FAVEUR DES ÉGLISES ÉTRANGÈRES · texte numérisé non relu

SOCIÉTÉ ÉVANGÉLIQUE DES ÉTATS-UNIS, EN FAVEUR DES ÉGLISES ÉTRANGÈRES

De toutes nos Sociétés de missions à l'étranger, la Société évangélique des États-Unis esl la plus récente, car elle ne date que de 1839. Elle a pour objet de favoriser les progrès de la religion évangélique dans les pays qui portent le nom de chrétiens. Ce qui lui a donné naissance, c'est la conviction, toujours plus profonde chez beaucoup de personnes en Amérique, qu'il faut la restauration du christianisme dans la chrétienté, avant qu'on puisse se flatter d'obtenir la conversion du monde païen. Il y a des protestants par millions, et dix fois plus de romanistes, qui croupissent dans une ignorance profonde des grandes doctrines de l'Évangile, et dont la vie atteste qu'ils ne sont guère autre chose que des païens baptisés. Il est des contrées, dites chrétiennes , où l'on trouve des centaines

CHAP. X. SOCIÉTÉ ÉVANGÉLIQLE. 421

de mille individus qui ne lurent jamais une seule page du livre que Dieu destine pourtant à être, par excellence, le Livre du peuple. Les conducteurs aveugles de ces pauvres ignorants leur soustraient le Irésor de la vérité, ou parce qu'ils n'en connaissent pas euxmêmes la valeur, ou parce qu'ils en craignent l'influence.

Ainsi, tandis que d'autres sociétés cherchent à répandre la lumière au sein des Etats-Unis ou chez les païens, la Société évangélique dirige ses travaux vers les peuples étrangers qui, sous des formes ou des apparences chrétiennes, cachent une religion qui n'est pas l'Évangile, ici le romanisme, ailleurs une erreur pire encore, le rationalisme. Cependant, la sainte Providence de Dieu leur prépare de meilleurs jours. Une suite de révolutions étonnantes a certainement ébranlé le despotisme clérical qui pesa si longtemps sur une grande partie delà chrétienté, soit en Europe, soit en Amérique ; et les fruits amers de l'irréligion font sentir à bien des âmes la nécessité de revenir aux simples vérités de l'Évangile , sans les défigurer par des spéculations humaines et par une philosophie faussement ainsi nommée. Les dernières révolutions de France et de Belgique, entre autres, semblaient avoir ouvert une grande porte à l'Évangile, et l'on espérait qu'avant peu l'Espagne et le Portugal seraient également accessibles à la Parole de Dieu.

Après une enquête soigneuse, faite sur les lieux mêmes par un agent spécial, il se forma, l'an 1836, une association qui, trois ans plus tard, se convertit

422 LA RELIGION EN AMÉIUOUK. LIV. Vlll

en sociélù rôguliùre. Klle ne songe pas, on le comprend, à pourvoir l'Europe de missionnaires américains ; mais elle se borne à seconder les amis de l'I^^vangile, en France , en Belgique el ailleurs. C'esl ainsi qu'elle a accordé quelques secours aux Sociétés évangéliques de France et de Genève , sans parler d'autres associations moins importantes. Par une lente extension de ses travaux, elle a soutenu la même cause en Allemagne et en Suéde, bien que dans ur.e faible mesure et d'une autre manière. Mais comme le Comité exécutif n'est pas limité dans l'emploi des moyens, il est aisé d'assortir aux circonstances les formes de son activité. Ainsi , en Allemagne, il s'est borné jusqu'ici à la distribution de traités religieux.

Pendant que la Société s'occupait de l'Europe, il se présenta près d'elle une œuvre que le Seigneur semblait lui avoir préparée. Il s'agit de la population catbolique romaine du Bas-Canada, laquelle est presque tout entière d'origine française. Celte mission, qui doit son existence au zèle de quelques Suisses, amis de l'Evangile , est en grande partie soutenue par une association dont le siège esta Lausanne. Elle possède une maison de missions, oii plus de vingt Canadiens convertis se préparent à servir comme instilu-, leurs, colporleurs, évangélistes et prédicateurs. La mission compte un nombre considérable de missionnaires, puisqu'il y en a huit ou neuf, presque tous Français ou Suisses. Plusieurs d'entre eux ne parlent que le français. On ne saurait trop attendre d'une œuvre si bien commencée, et cela chez un peuple qui.

CBAP. XI. SOCIÉTÉ AMÉinCAINE DE COLONISATION. 4.23

jusqu'à ce momeiU, était demeuré rebelle à loule tentative de ceiçenre.

Je dois dire enfin que la Société évangélique des Etats-Unis pense sérieusement à attaquer l'Amérique du Sud sur plusieurs points, dès qu'elle aura des hommes propres à cette mission.

Ses recettes, en 1843, furent d'environ 15,000 dollars, et le nombre des ouvriers qu'elle s'est aidée à entretenir fut d'environ 80.

Page 1