EFFICACE DU SYSTEME VOLONTAIRE
1" Pour l'augmenladon du nombre des minisires.
En portant à 1,441 le nombre total des ministres que possédaient les colonies de l'Amérique du Nord en 1775, je suis à peu près sûr qu'on l'évalue trop haut ; mais je laisse subsister ce chiffre, tel que je l'ai indiqué dans mon troisième livre, chapitre P"". Si, à cette même époque, la population des colonies était de 3,500,000 âmes, il y aurait eu un ministre pour environ 2,428 individus. Mais, en admettant que la population fût seulement de 3,000,000, ce qui me paraît plus probable, ce serait, en moyenne, un ministre par 2,082 individus.
D'un autre côté, l'on peut estimer qu'au commencement de 1844, la population a dû atteindre le chiffre de 18,500,000 âmes. Alors aussi, le nombre des ministres, abstraction faite des communions non évangéliques, de quelques petites églises, et surtout des 8,500 prédicateurs méthodistes sédentaires, s'élevaità 16,300 ; ce qui donne un ministre protestant évangélique pour 1,135 individus.
Si nous ajoutions à cela les prêtres romains, les ministres unitaires, les universalisles et ceux des autres
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sectes hélôrodoxcs, nous aurions un prédicateur pour 800 âmes, c'esl-k-dire un nombre à peu pn^.s triple de celui que fournit l'année 1775.
Je no prétends point que le clergé évangéliquesoil encore assez considérable pour suffire aux besoins de la population. Quand on le doublerait, ou en d'autres termes, quand nous compterions un ministre évangélique par 500 âmes, ce ne serait pas trop ; non-seulement parce que la population est fort éparse en certains districts, et que, par un effet de la diversité des communions, il faut souvent un nombre de ministres sans rapport avec le montant de la population , mais encore parce qu'il y en aura toujours beaucoup d'employés comme professeurs et agents des sociétés religieuses. Cependant, si le principe volontaire a eu la puissance de tripler le nombre proportionnel des ministres évangéliques depuis 1775, et notamment depuis 1815, sans qu'on puisse d'aucune manière en attribuer la gloire à l'ancien système des églises nationales, il y a tout lieu d'espérer qu'il suivra une progression croissante; et si nous jugeons de l'avenir par les progrès de ces trois dernières années, il ne s'écoulera pas vingt-cinq ou trente ans avant qu'on ait obtenu le résultat désiré.
2" Pour l'enlrelien des minisires.
Dans un pays nouveau comme le sont les Etats-Unis, la richesse se distribue assurément d'une manière plus égale que dans les vieilles contrées de l'Europe; mais
CHAP. IT. LE SYSTÈMlî VOLONTAIRE. kH
la somme totale de la fortune publique ne saurait y ulleindre ce qu'elle est en Angleterre, en Ecosse, en Hollande, en Allemagne ou en France. Il ne serait donc pas étonnant que le [)roduit des contributions volontaires n'y égalât point les sommes énormes que produisent en Angleterre et ailleurs, les dîmes et les revenus d'anciennes fondations religieuses. Nous n'avons guère de ces fondations. La seule qu'il vaille la peine de citer, est celle de l'église de la Trinité, appartenant à l'église épiscopale de la ville de New-York. Elle est, dit-on, riche de quinze à vingt millions de dollars, et c'est là qu'on a pris de quoi bâtir beaucoup d'églises épiscopales dans cet Etat. Nos ressources reposent donc presque uniquement sur les offrandes volontaires du peuple. Volontaires, en effet; car personne n'est contraint d'aller à l'église, et nous avons bon nombre de congrégations que l'on pourrait fréquenter toute sa vie, sans payer un centime. Il est vrai que si l'on prend l'engagement de contribuer pour une certaine somme aux frais de tel ou tel culte, l'on est tenu de s'acquitter, et les tribunaux, au besoin, prononceraient l'exéculiou du contrat. Mais il est bien rare qu'on doive recourir à cette mesure de rigueur. Voici donc la somme totale qui se dépense chaque année pour l'entretien des ministres dans les seules églises évangéliques :
I. Ministres épiscopaux, liv. VI, ch. XVII. . 1,203 A déduire : missionnaires et professeurs 48