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commune, d'un état, d'une nation? C'est un malheur public, assurément. Il y a là de quoi ébranler la confiance générale et briser les liens qui devraient faire de tous les peuples une grande famille. Mais la pauvreté n'est pas plus un crime pour un gouvernement que pour un individu, si d'ailleurs on ne se l'est pas attirée par sa faute. D'où il suit qu'il peut arrivera un État de suspendre ses paiements, sans qu'il y ail violation formelle de la foi publique. Quant à la doctrine de la répudiation, de quelque prétexle qu'on la ^colore , je ne saurais absolument que dire pour justifier ceux qui la préconisent. Car ce n'est, après tout, qu'une escroquerie légalisée, escroquerie d'autant plus coupable que les victimes n'ont aucun moyen de se faire rendre justice. Peu importe qu'une partie de l'emprunt ait été gaspillée, ou qu'on l'ait appliquée à des entreprises qui ne rendent pas. C'est un malheur pour nous, peut-être notre faute. Dans tous les cas , je ne saurais y voir une excuse pour méconnaître un contrat solennel et fouler aux pieds ses promesses. Je ne saurais croire non plus que les maximes honteuses que certaines personnes ont émises là-dessus, prennent jamais faveur au milieu de nous. Nous avons assez de ressources encore , assez d'amour de la justice , assez de pudeur publique pour ne pas recourir à cet indigne expédient. Mieux vaut nous imposer toutes sortes de sacrifices personnels, que de. tromper la confiance d'honnêtes créanciers. Il importe que nos dettes se paieul jusqu'à un centime, quelque difficile que nous soit la chose. Il faut que sur ce point il n'y
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ail pas rapparencG de faux-fuyanls. Reconnaissons IVanclienienl les obligulions ((iie nous avons conlrac- I6es, et déclarons le désir sincère où nous sommes de les remplir. En faisant ainsi, et en nous mettant sérieusement à l'œuvre, nous fermerons la bouche à nos ennemis, et peut-être verra-l-on qu'on s'était trop pressé de suspecter notre intégrité nationale.»
Voilà donc, sur ce sujet, ce qu'on peut regarder comme la profession de foi des chrétiens d'Amérique. Ensuite, je consens volontiers qu'on exige beaucoup de gens qui font profession de piété ; mais je ne conçois pas qu'on puisse exiger de nos églises ce qu'aucune église n'a pu faire nulle part. Les membres effectifs des congrégations chrétiennes de tout nom ne surpassent pas la cinquième partie de la population du pays. Ils y exercent une influence très-réelle , mais ce n'est pas eu des questions comme celle-ci que leur opinion est le plus consultée. Est-ce que les églises de la Grande-Bretagne, de la France, de l'Allemagne, de la Hollande et d'autres pays encore, consentiraient à ce qu'on les rendît responsables des actes législatifs et administratifs de leurs gouvernements ; et ne se commet-il pas en Europe des erreurs politiques tout aussi répréhensibles que celles dont on fait de vifs reproches aux Etats-Unis? *
' Le lecteur appréciera sans doute la modération de ce langage. Quelle serait longue la liste des crimes politiques qu'on peut justement reprocher aux gouvernements européens dans toutes les phases de leur histoire! Or ce n'est pas sans doute la séparation de l'Eglise et de l'Etat qui les a produits ! Rien plus, il serait permis de
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C'est comme les plainles de certains voyageurs contre les tromperies dont ils ont été victimes. 11 n'est pas un chrétien parmi nous qui ne s'en afflige. Mais est-il juste d'eu imputer la faute au pays tout entier et à ses institutions religieuses? J'ai voyagé dans presque tous les pays de l'Europe; et je puis déclarer qu'il n'en est aucun où je n'aie été trompé et quelquefois d'une manière bien coupable; mais je me serais cru dépourvu de bon sens et surtout de charité , si j'avais jugé de tout un peuple et de sa religion par les pratiques frauduleuses de certaines classes de citoyens.
2. Les troubles politiques dont l'Amérique est quelquefois le théâtre , sont encore un fait qu"on objecte à ceux qui vantent ses institutions religieuses. Nul doute que nous n'ayons par moment des agitations populaires , et tout homme de bien parmi nous ne peut que déplorer les scènes qui ont déshonoré notre pays ces dernières années , surtout à l'occasion des travaux auxquels se livrent les adversaires de l'esclavage. Ces troubles toutefois ont été grandement exagérés dans les rapports qui parviennent en Europe, et quant à leur fréquence et quant à leur étendue. Afin de rendre la nouvelle plus piquante, nos gazetiers convertissent quelquefois en émeute une simple querelle entre quelques misérables matelots, ou bien une batterie où les noirs et les blancs de certains faubourgs en sont venus aux mains, ou bien encore l'opposition qu'on aura
demander si les crimes politiques ne sont pas plus odieux et bien ptus funestes à la religion, là où l'Etat ne fait qu'un avec l'Eglise ?
( Traducteur. )
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failc dans (|U(îlqiie villaijfe à ce qu'un aboliiionislc achevai son discours sur la servitude.* C'est ainsi qu'il y a deux ou trois ans , on annonça qu'il y avait eu à Philadelphie une émeute épouvantable à roccasion des abolitionistes. On s'était battu dans les rues; on était armé de fusils et d'autres instruments de mort; cependant personne n'avait été tué, ni même blessé, si je ne me (rompe. Or les Américains savent très-bien se servir de leurs armes. Il faut donc qu'on ne se soit nullement battu. Ces récils exagérés, se répandant et se grossissant encore, vont porter au-dehors l'idée que notre pays tout entier est dans un étal continuel d'anarchie. Mais il n'est pas d'Américain qui ne sache à quoi s'en tenir. Ces troubles sont trop partiels et trop rares pour juslitier l'éclat qu'on en fait. Ils sont aussi impuissants à compromettre la paix publique, que le souffle passager d'une nuée à remuer le fond de nos lacs.
Dans les sept ou huit dernières années , les habitants des Etals et Territoires du sud-ouest se sont permis quelquefois de faire prompte justice de joueurs, de illoux et de nègres pris en flagrant délit, sans attendre que les tribunaux les eussent jugés. Mais je ne sais trop si l'on a vu ces faits se reproduire plus d'une fois
' Malgré tout ce qu'on dit en Europe de rantipaUiie qui existe entre les Américains et les hommes de couleur aux Etats-Unis, on peut donner comme certain que les disputes dont les faubourgs de nos grandes villes sont le théâtre, ont presque toujours pour acteurs, contre les hommes noirs, les Allemands ou les Irlandais qui habitent ces faubourgs.
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par année. Ils se sont d'ailleurs passés dans nn pays nouveau, mal peuplé, où les instilulions religieuses n'ont point encore pris racine et oij l'adminislralion régulière de la justice commence à peine. Quand on connaît l'élat des choses, tout en désapprouvant ces violences, on ne s'étonne pas qu'elles aient lieu, mais plutôt on s'étonne qu'elles ne soient pas plus fréquentes. Et puisqu'on relève, avec raison, ce qu'elles ont de coupable, il serait juste aussi de dire que tout ne s'y passe pas avec le même désordre. Il y a quelques années, par exemple, qu'un homme commit un meurtre dans les mines de plomb de Dubuque. Elles appartiennent actuellement au territoire de Jowa, mais alors celte contrée était sans administration politique quelconque. Les gens de la localité, se réunissant par un mouvement spontané, saisissent le meurtrier, nomment des juges, instituent un tribunal et ouvrent un procès régulier devant un jury. Le prévenu, déclaré coupable, fut condamné et exécuté avec l'ordre le plus parfait.
. Personne, au surplus, ne saurait songer à l'immense étendue de notre territoire (en ne prenant même que celui qui est occupé), k la longue ligne de côtes qui le bordent vers l'est et le sud, au désert qui lui sert de frontière occidentale, aux montagnes qui en coupent le centre, aux forêts qu'on y rencontre partout et qui fournissent tant de facilités à la perpétration du crime comme à l'évasion des coupables , sans être surpris du petit nombre de mouvements sérieux dont les Etats- Unis sont le théâtre, surtout quand on pense que nous
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avons, pour accroître les diiïiciillés de noire position, resclavat^^e et tous les désordres qu'il enc^endie. Il nous faudrait des troupes aussi nombreuses que celles de l'empereur de toutes les Russies, pour avoir la police militaire qu'on nous reproche de ne pas entretenir; et il est vrai que cette armée de gendarmes ne sérail effectivement pas de trop, si notre pays n'était pas en général sous une bonne influence morale, grâce à nos institutions religieuses. Il y a eu, en Pensylvanie, dans la Caroline du Sud et à Rhode-Island, des mouvements politiques qui eussent pu devenir fort graves. 11 ne s'agissait pas de renverser les institutions du pays; mais on demandait, par des voies extra-constitutionnelles, le redressement de griefs réels ou imaginaires, n'importe. Eh bien , tout se termina sans qu'aucun citoyen perdît la vie , ni dans une bataille, ni par jugement des tribunaux. Et à quoi dut-on cette heureuse issue, si ce n'est à l'esprit doux et conciliant que le christianisme répand autour de nous. Là où l'Évangile règne, on comptera toujours beaucoup sur les voies de la persuasion.
Il faut dire , au reste , que nos institutions politiques reposent sur une base plus solide que les étrangers ne se plaisent à le croire, et que ne pourraient le faire penser quelquefois des articles de journaux écrits dans un moment d'irritation ou de découragement. Il existe à New-York, depuis plusieurs années, deux papiers politiques, rédigés l'un en français et l'autre en anglais par des hommes de talent, avec le programme arrêté d'attaquer et d'insulter régulièrement les insti-
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lulions du pays et les actes du gouvernement, en leur opposant les doctrines monarchiques de la France et de l'Angleterre. Il n'y a guère que les étrangers qui les lisent. C'est pour eux , après tout , qu'on les publie ; et ni les citoyens ni les gouvernements ne s'inquiètent le moins du monde de ce qu'ils disent.
Mais j'en reviens aux faits qui démontrent l'heureuse influence du christianisme dans les Etats-Unis, pour ce qui concerne la paix publique. Malgré l'ex- Irèrae facilité que nos routes offriraient presque partout k des coups de main, qui a jamais entendu parler de bandtiii infestant nos montagnes et nos forêts , comme on le voit au cœur de l'Italie? Pour une nation de dix-huit millions d'âmes, on ne saurait croire combien sont rares les vols de grands chemins et les meurtres! Dans la plupart des Etals de l'ouest, un homme seul, un enfant à cheval, conduit la malle, au travers de forêts sans limites, et avec la plus complète sûreté.
Il y a eu des temps ou la nation tout entière fut en mouvement et dans un état inouï d'excitation. Par exemple, durant la dernière crise commerciale, où tant de banques, tant de négociants et de marchands, tant d'entrepreneurs d'industrie, et, pour tout dire, tant d'individus de tout état et de toute condition se virent subitement et complètement ruinés, comment ce désastre fut-il reçu? Y eut-il la moindre tentative de révolution? Non : le gouvernement fut sérieusement blâmé; la majorité de la nation, je pense, était persuadée ({ue tout le mal venait d'une mauvaise lé-
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gislolion dans laquelle ou s'obstinail; cl cependant personne ne prit le fusil , on ne vit pas briller une seule épée, il n'y eut point de sang versé pendant celle longue et terrible crise. Il ne se livra pMs d'autre bataille que celle du scrutin , quand vinrent les élections.
Autre exemple. L'automne de 1840 vil la plus rude lutte politique dont nous ayons été les témoins. La ([ueslion était le maintien ou le renversement du parti dominant, et tout dépendait du choix du président. Près de deux millions et demi de citoyens se précipitèrent vers le scrutin. Partout, au jour fatal , d'immenses multitudes se trouvèrenl réunies aux mêmes lieux, et agitées comme on peut le croire. Or, je ne sache pas qu'il y ait eu, au milieu de tout cela, un seul individu non pas tué, mais seulement insulté. En eût-il été de même en Angleterre, ou en France? J'en doute; mais ce qui est parfaitement sûr, c'est que dans le Canada, sous le gouvernement anglais, et en présence d'une armée de quinze à vingt mille hommes, il y a eu, ces cinq dernières années, plus de commotions violentes et de sang versé dans les émeutes, qu'aux Etats-Unis depuis leur origine.
En supposant que la population de la Grande-Bretagne, l'Irlande comprise, soit de 26,000,000, on y compte un soldat de troupes soldées pour 260 individus ; en France , il y a un soldat pour 85 habitants ; aux Etats-Unis, avec nos huit mille hommes de troupes de bgne , nous n'avons qu'un soldat pour garder 2,312 individus de la population totale. El cepen-
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danl, en Angleterre eL en France, on ne peut nier que les émeutes ne soient autrement sérieuses et fréquentes qu'en Amérique. D'où vient la différence, sinon du caractère certainement plus religieux de notre population? *
3. Les étrangers ont accusé quelquefois les Américains à'imnwralilé. Or, bien qu'il ne soit pas aisé de répondre en peu de mots à une telle accusation, je ne puis entièrement la passer sous silence.
Qu'il y ait en Amérique des vices et qu'il s'y commette des crimes en trop grand nombre, c'est ce qu'il faut avouer sans hésitation. Mais ce qu'il est permis de nier, c'est que le vice et le crime y soient assez répandus pour qu'on se croie autorisé à flétrir le peuple américain, comme s'il formait une nation immorale par excellence.
Il n'est certainement pas extraordinaire, comme le remarquait dernièrement la Revue de Weslminsler, qu'il y ail aux Etats-Unis des escrocs, des faussaires, des voleurs, des bigames, des meurtriers, puisque, aux produits naturels du sol, il faut ajouter ce que l'Europe y rejette. Rien de plus juste que cette observation. Un homme qui arrive en Amérique la conscience chargée d'un de ces crimes qui la remuent
1 II pourrait être permis au citoyen d'une république d'attribuer ce résultat, en bonne partie du moins, aux institutions politiques du pays, encore plus qu'aux institutions religieuses. Mais il est des républiques, la Suisse par exemple, où les mouvements insurrectionnels sont plus fréquents et plus sanglants qu'en Amérique. ( Traducteur. )
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profomléineiil, pcul, en changeani tlo nom el de pays, ehaiiirer aussi de genre de vie el oblenir quelque considéralion, grâce à l'ignorance où l'on est de ses anlécédenls; mais un voleur, un faussaire, un bigame, resle en Amérique ce qu'il était en Europe, à moins que la grâce de Dieu ne le louche. Oui , au point de vue humain, il y a souvent plus à espérer d'un meurtrier que de lui.
Au surplus, un petit nombre de faits aideront le lecteur à juger de ce qu'il doit penser de la prétendue immoralité du peuple américain.
Comme je l'ai dit ailleurs, je crois, à l'exception peut-être de l'Ecosse , il n'est pas de pays dans la chrétienté où le repos du dimanche soit plus fidèlement observé. Il faut excepter la Nouvelle-Orléans, où l'influence américaine ne domine pas encore celle des Français et des Espagnols. Mais il y a lieu d'espérer qu'il n'en sera pas toujours ainsi. Il est probable également que l'habitude de voyager le dimanche disparaîtra bientôt tout à fait. Les sociétés des bateaux à vapeur et des chemins de fer y trouveront elles-mêmes leur compte; car le dimanche est déjà leur plus mauvais jour de recette. En s'arrêtaut, elles diminueront leur dépense, bien certaines d'ailleurs que ceux qui n'auront pu partir le dimanche, partiront le lendemain. Bientôt donc il n'y aura plus que la posie-aux-lettres qui , le jour du Seigneur , parcourra nos grandes voies de communication.
Quoique les voleurs ne manquent pas dans les grandes villes, où il leur est plus facile d'exercer leur
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coupable industrie, je ne sache pas de pays où l'on vive géuéralemenl dans une plus grande sécurité.
Quant au meurtre, ce crime horrible au premier chef, les calculs les plus exacts n'ont jamais pu donner un chiffre supérieur à celui de 100, pour les homicides commis dans une année, et depuis quelque temps le nombre en est réduit à peu près de moitié. C'est encore déplorable, hélas ! mais que l'on compare sous ce rapport les Etats-Unis avec d'autres contrées qu'oD estime sans doute moins immorales. Depuis 1812, la statistique judiciaire de l'Angleterre et du pays de Galles, sans compter l'Irlande, donne de 60 à 75 individus convaincus de meurtre. Quant à la France, non-seulement les meurtres y sont plus fréquents, mais ils y sont accompagnés de circonstances bien plus atroces et plus diaboliques. C'est ici d'ailleurs qu'il faut rappeler l'observation de la Revue de Westminsier. Il n'est presque pas de troubles et d'émeutes, dans les Etals allanliques du moins, qui ne soient occasionnés par les Irlandais et par les Allemands rassemblés dans les faubourgs de nos villes, ou employés aux canaux et aux chemins de fer. Ce sont eux aussi, soit dit sans reproche, qui occupent le plus nos hôpitaux.
S'il faut parler ensuite de la prostitution, j'exprimerai l'élonnement que m'a causé l'assertion de M, Tait d'Edimbourg, cité par le docteur Wardlaw, savoir, qu'à New -York on compte une femme perdue pour six à sept adultes de la population masculine. Cette donnée, prise dans un ra[)[iori publié il y a dix
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ans par la Soci»Mé en laveur des Filles repenties, est d'une exajjçéralioii nianiresle. J'ai Irès-longlenips vécu il New-York ; j'en connais bien, je crois, la situation morale, et Irès-cerlainemenl il y a là erreur matérielle. Cependant on ne saurait nier que la proslitulion n'existe, à un degré considérable, dans nos principales villes au bord de la mer, telles que New-York, Philadelphie, Baltimore, la Nouvelle-Orléans. Elle fait aussi, bien qu'à un moindre degré, la honte des grandes villes de l'intérieur. Mais, prise dans son ensemble, l'Amérique du Nord se rend moins coupable de ce crime que la plupart des autres pays du monde. En beaucoup de nos villes peuplées de dix à vingt mille âmes, il est à peu près inconnu. A Boston, et dans les autres capitales de la Nouvelle-Angleterre, ou l'ignore presque. En aucun pays de la terre, les l'emmes assurément ne sont plus généralement vertueuses, soit avant, soit pendant le mariage. Les étrangers s'offensent de la familiarité qu'ils voient exister aux Etats-Unis entre les jeunes gens des deux sexes; mais si les étrangers connaissaient mieux les niœurs domestiques des Américains, ils sauraient que cette familiarité n'a que bien rarement de fâcheuses conséquences, surtout au sein des contrées oîi l'Evangile exerce le plus son pouvoir. Elevés dans une atmosphère morale, les enfants des familles pieuses apprennent de bonne heure à se confier les uns aux autres, à compter en quelque sorte sur leur propre honnêteté; mais surtout on leur enseigne à craindre Dieu. Dès leurs plus tendres années , les jeunes gens