CHAPITRE III
MODE d'introduction DANS LES ÉGLISES.
Dans la plupart des pays du continent européen, on ne connaît aucune disciplitie ecclésiastique. Il est des églises où il suffit de se présenter à la table du Seigneur pour y être admis, et. parce fait seul, on est membre de l'église. On va là sans en avoir dit un mot, ni au pasteur, ni à aucun autre fonctionnaire
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ecclésiasli(|ue. Il n'est pas étoniiant, en conséquence, que les chrétiens d'Europe m'aient souvent demandé de quelle manière on acquiert la qualité de membre d'une de nos églises.
D'abord, nous supposons que tout pasteur fidèle, qui a régulièrement prêché dans un endroit pendant un an ou deux, doit bien connaître le personnel de sa congrégation. Il s'est mis en relation non-seulement avec toutes les familles qui forment le troupeau, mais encore avec la plupart des individus, surtout des adultes, qui composent ces familles. Avec le plus grand nombre d'entre eux, si ce n'est avec tous, il a eu des conversations qu'il aura sûrement, une fois ou l'autre, dirigées sur les grandes vérités du salut. C'est ainsi qu'il parvient à se faire quelque idée des dispositions religieuses de ceux qui se sont confiés à sa direction spirituelle.
Après quoi, le pasteur a des classes bibliques et des écoles du dimanche, qui le rapprochent intimement de la portion la plus jeune du troupeau sur lequel le Saint-Esprit l'a établi surveillant. D'ailleurs, le ministre de la Parole n'a pas seul charge d'âmes. Nos anciens, nos diacres, quelque nom qu'on leur donne, l'assistent puissamment de leur coopération. Par eux et par d'autres membres de l'église, en s'adressant toujours aux plus zélés et aux plus judicieux tout à la fois, il ne cesse d'apprendre à fond ce qu'il importe à son ministère de ne pas ignorer.
Il faut savoir aussi que, chez nous, on va souvent à son pasteur pour lui ouvrir son âme. C'est ce qui a
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lieu surloiil dans les temps de réveil. Il y a des heures fixes où le serviteur de Christ reçoit dans sa maison, ou en quelque autre local convenable, tous ceux qui commencent à sentir le sérieux de la religion. Après avoir conversé avec chacun d'eux, il leur donne, autant que possible, les directions spéciales qui leur sont nécessaires; puis il les réunit tous dans une pièce commune. Si le nombre des visiteurs est trop considérable, le pasteur s'adjoint un des officiers de l'église. Quelquefois même c'est un ministre du voisinage qui vient le seconder. J'ai vu de vingt à cent personnes, et même jusqu'à trois cents, presque toutes adultes, courir à la fois dans ces réunions particulières, le cœur plein d'angoisse au sujet de leurs péchés.*
En beaucoup de nos églises, la cène du Seigneur ne se célèbre qu'une fois tous les trois mois; en d'autres, c'est tous les deux mois ou plus souvent encore. Quelque temps auparavant, le pasteur avertit qu'il recevra tel jour, et en tel lieu, les individus qui désirent se joindre à l'église et recevoir la cène pour la première fois. Là, il s'informe de l'état de leur âme, autant qu'il est possible de le faire dans un entretien , et qu'un homme d'ailleurs en est capable. Il arrive souvent que ces visites se répètent avec une nouvelle ouverture de cœur. Si le pasteur estime qu'on a subi
* Tout ceci n'est pas un vain formalisme; car si le pasteur so relâche dans sa prédication, et l'Eglise dans son zèle, dans sa foi et dans ses prières, le nombre des visiteurs diminue sensiblement, et bientôt plus rien ne se meut au sein de la congrégation.