‹ La religion aux États-Unis d'Amérique (volume 2)Chapitre 41 sur 167 · LA RRLIGION EN AMKKIQDR. LIV. VI · texte numérisé non relu

LA RRLIGION EN AMKKIQDR. LIV. VI

poralion civile qu'on appelle la paroisse ou la société. Composée des liomrnes adulles qui consentent à en faire partie, c'est elle qui est propriétaire du temple et de la maison du pasleur , tout comme des capitaux que l'église peut avoir acquis par donation et legs pies. Elle lève les fonds dont elle a besoin, ou par des souscriptions volontaires, ou par la vente et le loyer des bancs, ou par un impôt sur les fortunes des associés; et dans ce cas, les sommes recueillies ne peuvent être capitalisées. C'est elle enfin qui traite avec le pasteur la question du salaire, et si elle voulait manquer k ses engagements, le pasteur aurait accès contre elle devant les tribunaux.

Ainsi, et pour me faire bien comprendre des personnes qui sont étrangères à l'Amérique, l'église est, je le répète, une association purement spirituelle, tandis que la société ecclésiastique de paroisse est une association temporelle, ou séculière. \J église ne se compose que de ceux qui ont ressenti la sainte influence de l'Évangile, et qui en font profession; la société comprend tous ceux qui, de leur bon gré, concourent à Tentrelien du culte public; bien entendu que nul ne peut le faire sans le consentement exprès ou tacite de la société elle-taême. L'église veille sur la conduite de ses membres, qui sont tous tenus de s'entr'aider dans la pratique de leurs devoirs; et, quand il le faut, elle les censure ou les absout; la société n'a rien à faire avec la discipline, et elle n'y est point assujettie. A l'église appartient la célébration du baptême et de la cène ; la société n*a pas à s'ingérer dans

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l'adminislraliou de ces sacrements. L'église ne possède que ses registres, les vases sacrés et les aumônes qu'elle distribue par ses diacres; la société, corporation reconnue par la loi, est le véritable propriétaire de tous les biens meubles et immeubles dont l'église a l'usufruit. L'église enfin conduit ses affaires intérieures par le ministère de son pasteur et de ses diacres, et quelquefois par des commissions ; la société a son secrétaire , son trésorier et ses prud'hommes, soumis à une réélection annuelle. Cependant, le pasteur de l'église ne laisse pas d'être en même temps le ministre et le docteur de la société, et toutes les familles appartenant à la congrégation ont le droit de réclamer ses soins pastoraux. D'où l'on voit que l'église et la société réunies forment à elles deux la congrégation proprement dite.

Ce système offre de grands avantages. Par lui, chacun des membres de la congrégation ne peut que s'intéresser à la prospérité commune. Tous ont leur part d'influence, et pourtant l'église ne saurait être mieux placée pour se maintenir pure, et dans la doctrine et dans la pratique. A l'abri de tout ce qui pourrait la séculariser , elle n'est pas tentée d'admettre au nombre de ses membres des hommes irréligieux et non convertis, dans le but d'obtenir leurs contributions; et ceux-ci, de leur côté, n'ont pas de motifs temporels à demander l'entrée de l'église. Le pasteur et le temple leur appartiennent tout autant que s'ils étaient du nombre des communiants.

Mais par cela même que le pasteur appartient à la

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