‹ La religion aux États-Unis d'Amérique (volume 2)Chapitre 43 sur 167 · CHAP. III. ÉGLISES CONGRÉGATIONNELLES · texte numérisé non relu

CHAP. III. ÉGLISES CONGRÉGATIONNELLES

vouent décidément à l'état de missionnaire, on n'impose volontiers les mains qu'aux individus qui ont une vocation de pasteur de la part d'une église.

Quoi qu'il en soit, selon les principes actuels des congrégationalistes , les ministres, pasteurs ou évangélistes, reçoivent tous la consécration par l'imposition des mains de ceux qui les ont précédés dans le ministère; car s'il appartient à l'église d'instituer les pasteurs, c'est aux ministres de consacrer les ministres.

9. J'ai déjà dit que les congrégationalistes n'acceptent pas le nom d'indépendanis. Dès les premiers temps, ils ont professé et mis en pratique le principe de la communion des églises. Leurs diverses congrégations n'ont cessé de s'envisager réciproquement comme des églises de Christ, et de se témoigner de plusieurs manières leur affection. Unies par un lien spirituel, elles ne répugnent point à se rendre mutuellement compte de leurs actes. Il suffit qu'on soit membre d'une de leurs églises, pour être occasionnellement admis à la participation de la cène dans toutes les autres; et quand un congrégationalisle change de domicile, il emporte avec lui une lettre de congé et de recommandation, sans laquelle on ne le recevrait pas au nombre des membres de l'église où il transporte ses foyers. Jamais ils ne perdent de vue le principe salutaire que, en toules les choses qui peuvent intéresser, non pas une église seulement, mais l'ensemble des églises, il faut agir de concert et non isolément. Quand il est question de consacrer un pasteur

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ou (le le louvoyer, lors môme ((ue tout se l'erait d'un commun accord entre le troupeau ellui, on ne manque pas de solliciter la coopération de pasteurs et de députés des églises voisines. S'il arrive que des membres d'une église croient avoir à se plaindre d'une décision générale, et qu'il s'élève ainsi des difïicultés dans le sein de la congrégation, ou bien encore si un individu excommunié estime avoir été traité durement, l'on convoque une espèce de synode ou de conseil composé des représentants de toutes les églises de la contrée, afin de lui soumettre le cas et d'entendre son avis, et il est rare qu'on ne le suive pas. Enfin, quand une église est accusée de s'écarter sensiblement de la saine doctrine ou de la discipline chrétienne, celles du voisinage sont admises à lui en faire des reproches, comme un frère le ferait à son frère. Si la répréhension fraternelle ne produit aucun effel, l'on convoque une réunion des églises voisines, et si l'église coupable persiste dans sa mauvaise voie, toutes les autres se retirent de sa communion et lui refusent la leur.

Au Conneclicut, cette communauté des églises se réalise, depuis environ cent trente ans, par le moyen de ce qu'on appelle des « alliances » {consocialions) , confédérations volontaires qui réunissent de six à vingt églises conliguës. D'après leur pacte, elles se doivent des avis dans tous les cas difficiles, et forment, à l'occasion, ces synodes, ou pour suivre leur langage, ces conseils, dont nous venons de parler. Ailleurs, le conseil se compose seulement de délégués des églises

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auxquelles uue congrégalion s'est adressée spécialement pour avoir le secours de leurs lumières.

C'est grâce à ce système ecclésiastique , si l'on en croit beaucoup de gens, que les églises de la Nouvelle- Angleterre ont joui, pendant plus de deux siècles, d'une prospérité religieuse, d'une vie spirituelle, d'une pureté de foi et de discipline, telles qu'il n'y en eut jamais depuis le temps des apôtres, dans un corps aussi considérable de chrétiens. 11 n'est en Amérique aucune communion qui ait eu sur ses propres membres une influence plus salutaire, ni qui ait plus contribué au progrès des lumières dans le pays, ou qui se soit plus activement employée à la propagation de l'Évangile au dedans et au dehors. 11 n'en est point non plus 011 l'on ait vu d'une manière plus remarquable cet esprit large et vigoureux, qui préfère aux formes et aux institutions particulières d'une secle, le fond commun de christianisme qu'on retrouve chez tous* ceux « qui retiennent le Chef, Jésus-Christ. »

Il peut n'être pas sans ulililé d'indiquer les noms des corps ecclésiastiques dans lesquels se personifie en quelque sorte l'union des églises congrégationnelles des États-Unis. Ce sont les associations générales du Conneclicul, du Massachusels, du New-Hampshire et de New- York, la convention générale de Vermonl, Talliance générale ( coiuociaiion) de Rhode-Island et la conférence générale du Maine. Ces corps s'assemblent chaque année et s'envoient mutuellement des députés. 11 ne faut pas croire cependant que toutes les églises congrégationnelles de ces Étals se rattachent à une

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iissocialion , el par elle à une conférence générale; mais le nombre de celles qui demeurent isolées n'est pas considérable. Quant aux églises congrégalionnelles de l'Ohio , du Michigan , de l'Illinois , du Wisconsin el de Jowa , elles ne sont pas assez nombreuses pour avoir pu former des associations. Que ce soit par cette cause ou par d'autres, il est de fait qu'elles n'en ont point encore.

Nous avons dit ailleurs que les congrégationalistes de la Nouvelle-Angleterre ont huit collèges et cinq séminaires, facultés de théologie où étudient environ trois cents jeunes gens. Dans les autres États, ils profitent des établissements scientifiques des presbytériens.

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