CHAP. IV. BAPTISTES RÉGCL1ER
très églises de ce nom sur des doctrines quelquefois très-importantes et même sur des points fondamentaux, ce qui reste n'égale pas en nombre les méthodistes.
La forme ecclésiastique des baplistes de toutes les dénominations est l'indépendance , soit l'ancien système connu de tout temps sous ce nom. Chaque église est souveraine chez elle et ne doit aucun compte de ses actes, même aux églises avec qui elle forme une certaine alliance. En conséquence, la moindre congrégation baptiste a le droit d'autoriser quelqu'un de ses membres à prêcher l'Évangile, et d'ordonner des anciens ou prêtres, qu'elle investit par ce fait des fonctions du ministère. Les congrégationalistes dont nous parlions tout à l'heure semblent, en théorie, avoir le système des indépendants, mais dans la pratique ils se rapprochent beaucoup du presbytérianisme; aussi les a-t-on souvent désignés sous le titre de congrégationalistes presbytériens. Il n'en est pas de même des baplistes.
Si l'on voit les députés de ces églises se réunir en assemblées publiques, c'est pour s'exhorter et s'encourager mutuelleraenl, et non pour s'occuper des affaires intérieures de leurs congrégations. Il existe bien une sorte de lien social entre la plupart des églises baplistes évangéliques , au moyen d'associations de districts et de conventions d'États qui réunissent leurs pasteurs une fois chaque année; mais c'est uniquement dans l'intérêt des missions, dans celui de l'éducalion ou de quelque autre œuvre de charité
I5'|. LA llKl.KilON KN AMÛUIQUK. MV. VI
chrolioiiiitj. Tous les trois ans, la convention g('jnùralc des ljii|)listes s'assemble au lieu iixé dans la session précédente; mais encore ce corps doit, par son règlement constitutif , ne s'occuper que des missions étrangères. 11 tint sa première séance en 1814. Dès lors, ou pour mieux dire dans les dix dernières années, les baplisles oui fondé plusieurs sociétés i"eligieuses qui ont eu déjà la plus excellente intluence ; ainsi une Société des missions domestiques, une Société des traités, une Société biblique, une autre pour faciliter les études des jeunes gens pauvres qui se vouent au saint ministère. Mais nous avons déjà cité ces faits dans le quatrième livre de notre ouvrage.
Les baptisles, comme les congrégalionalisles, ont pour principe fondamental de ne voulqir d'aulr^ cqiifession de foi que la Bible, Mais la plupart des églises évangéliques de cette dénomination, si ce n'est même l'universalité de ces églises, ne laissent pas de faire usage de certains abrégés, ou sommaires de la doctrine qu'elles professent; et sauf un très-petit nombre d'exceptions, ces formulaires sont tous franchement calvinistes, du moins chez les baplistes réguliers et associés, car nous ne parlons actuellement que de ceux-ci.
1( y a peu d'années, la convention baptiste de l'État du New-Hampshire adopta une déclaration de foi en seize articles et une forme d'engagement [churcli cocemni), qu'elle recommanda aux églises baptistes de cet État, et qu'on peut envisager comme représentant assez bien les opinions du corps entier des baptisles
<:HAF. IV. BAPTISTBS KÉGl'LIEKtJ. 155
orthodoxes. Les articles portent sur les sujets suivants : les Écritures, le vrai Dieu, ki chute de l'homme, la voie du salut, 1^ justification, la gratuité du salut, la grâce de la régénération, le dessein de la grâce de Dieu, la persévérance des saints, l'accord de la loi et de l'Évangile, une église selon l'Évangile, le baptême et la cène du Seigneur, le sabbat chrétien, le gouvernement civil, le juste et le méchant, le monde à venir.
Sur tous ces points, sauf sur le baptême, les articles exposent la doctrine reçue par les églises calvinistes de toutes les dénominations. Il y est exprimé que la Bible a été écrite par des hommes divinement inspirés; qu'elle a Dieu pour auteur, le sahil pour objet, et pour contenu la vérité pure , sans aucun mélange d'erreur; qu'elle est le centre de l'union chrétienne, la règle suprême d'après laquelle se doivent juger la conduite, les croyances et les opinions de chacun.
Le vRAï Dieu se révèle dans les Saintes Écritures sous les traits personnels et dislinclifs du Père, du Fils et du Saint-Esprit, avec égale participation à la perfection divine, et coopérant d'une manière une et diverse à la grande œuvre de la rédemption. Celle-ci, ou autrement le salut des pécheurs, est entièrement par grâce, au moyen de la médiation du Fils (Je Dieu (jui, ayant revêtu notre nature, mais sans péché, rendit hommage à la loi par son obéissance, et fil l'expiation de nos péchés par sa mort. Après être ressuscité des morts, il s'est assis sur son troue dans le ciel ; si bien qu'unisaanl en lui, par un étonnant miracle, les