LA RELIGION KN AMÉRIQUE. LIV. VI
aiîeclions humaines avec les perfections de la divinité, il a tout ce qu'il faut pour nous ôtre un Sauveur compatissant et infaillible. La justification qui s'obtient, non par aucune œuvre de justice que nous ayons faite, mais uniquement par la rédemption et la justice de Christ, consiste dans le pardon des péchés et dans la promesse de la vie éternelle.
Quant à la gratuité du salut, on entend par là que les grâces du salut sont mises par l'Évangile à la libre disposition de tous; que c'est un devoir pour chacun de les recevoir immédiatement de tout son cœur et d'une foi soumise; et que rien ne prive du salut le plus grand pécheur, si ce n'est le refus qu'il fait volontairement d'obéir au Seigneur Jésus-Christ, refus qui doit l'exposer à une condamnation d'autant plus grande. La régénération, de son côté, consiste dans une sainte impulsion que Dieu donne à l'âme du pécheur, œuvre incompréhensible du Saint-Esprit qui nous fait obéir volontairement à l'Évangile, et de la réalité de laquelle on a pour preuves les fruits que, dès ce moment, le pécheur régénéré porte à la gloire de Dieu.
Le DESSEIN DE LA GRACE DE DIEU, c'cst, eU d'dUtreS
termes, l'élection en suite de laquelle il régénère , sanctitie et sauve les pécheurs. Elle marche d'accord avec la liberté de l'homme; elle suppose l'emploi des moyens ordonnés de Dieu. Manifestation magnifique de la grâce de Dieu et de sa souveraine charité, elle écrase l'orgueil et développe l'humble esprit de prière, pousse aux actions de grâces et inspire la cou-