‹ La religion aux États-Unis d'Amérique (volume 2)Chapitre 58 sur 167 · II. u · texte numérisé non relu

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(le tenir des assernl)lées destinées anx exhortations et à la prière; il liiiit (jirils aient reçu du prédicateur en cliarge une première licence.

7. Ne reçoivent le tilre de prédicaieum que ceux qui ont obtenu l'autorisation de prêcher; mais cette autorisation n'emporte pas celle d'administrer les sacrements. Il y a des pndicaleurs ilineranls, ou voyageurs, et des prédicateurs aëdentairea [local preacher). Les premiers donnent tout leur temps au ministère et sont entretenus par ceux auprès desquels ils travaillent; les seconds s'entretiennent généralement par leur industrie particulière, et ne prêchent guère que le dimanche. Les uns et les autres sont munis d'une licence qui leur a été délivrée par un pasteur [presiding elder), sous l'autorité de la conférence trimestrielle; mais ils ont dû premièrement être recommandés par leurs classes ou par l'assemblée des conducteurs ou directeurs. C'est ainsi qu'au moyen des classes et des assemblées des directeurs, ces pépinières de l'église, le peuple a l'initiative dans le choix de ses guides spirituels. Quand un frère a reçu , comme je viens de le dire, sa licence de prédicateur, les conférences annuelles peuvent l'appeler au service de prédicateur itinérant ; et après avoir passé de la sorte deux années en faisant par-devers lui certaines lectures et certaines études déterminées, il est apte à recevoir l'ordre du diaconat. Deux ans encore de prédications et d'études le préparent pour Toidinalion supérieure de prêtre ou ancien. Telle est, chez les méthodistes, la manière dont se forment les ministres de l'Evangile, et vérila-

blement elle ne produit pas des résultats aussi misérables qu'on pourrait bien le croire.

8. Le diacre, muni de son dipfôme signé par un évoque» est autorisé non-seulemen l à prêcher, mais encore à solenniser les mariages , à administrer le baptême, à assister les anciens dans la célébration de la Cène du Seigneur.

9. Aux anciens appartiennent toutes les fonctions des diacres, et de plus, comme on vient de le voir, celle d'administrer la Sainte-Cône.

10. Parmi les anciens, il en est qui portent le nom àe présidents ; ils ont sous leur charge un certain nombre de localités, formant dans leur ensemble ce qu'ils appellent un district. Leur devoir est de visiter chaque localilé une fois tous les trois mois, d'y prêcher et d'y administrer les sacrements; de réunir en conférences trimestrielles les prédicateurs itinérants et les sédentaires, les frères exhortants, les économes et les directeurs de classes. En l'absence de l'évêque, ils ont le droit de recevoir, d'examiner, de suspendre et môme de destituer les prédicateurs, en suivanl les règles de la discipline. C'est l'évêque qui nomme ces présidents de districts.

11. Les ëvêques eux-mêmes sont élus par la conférence générale, devant laquelle ils ont à répondre de leurs mœurs et de la manière dont ils remplissent leurs fonctions. Ils parcourent sans cesse le pays, veillant sur les intérêts temporels et spirituels de l'église. Ce sont eux qui président les conférences annuelles, chacun dans son ressort. Ils doivent consacrer, en qualité

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«le diacres ou d'anciens, les prédicateurs élus à ces offices j>ar la conférence, et ils assignent à chacun leur slation. Comme il y a plusieurs évèques, ils se partagent naturellement le pays, et ne se réunissent «jue dans la conférence générale. Du reste, l'épiscopal chez les méthodistes est un office ou une fonction , et non un ordre.

12. La réunion des direcieurs se compose de tous les directeurs des classes d'une localité, ou autrement d'une station. Elle a pour président le prédicateur de la slation. C'est là qu'on remet aux mains des économes le produit des collectes hebdomadaires, qu'on rend compte de l'élatdes classes, qu'on fait rapport sur les individus qui sont tombés en faute, et qu'on s'informe des pauvres et des malades.

13. Les conférences trimestrielles , composées, comme nous l'avons dit, de tous les fonctionnaires ecclésiastiques d'une localité, jouent dans le système un rôle fort important, puisque c'est à elle qu'il appartient d'accorder les licences de prédicateurs, et de recommander à la conférence annuelle ceux qu'on désire pour minisires itinérante. C'est d'ailleurs à ces conférences trimestrielles qu'en appelle tout membre de la société qui croit avoir à se plaindre des décisions du corps des directeurs ou de tel autre comité local.

14. Pour former les conférences annuelles on réunit les prédicateurs itinérants , les diacres el les anciens d'un certain disirict. Ce corps exerce le pouvoir exéculif et judiciaire, suivant les règles que lui prescrit la conférence généiale. Chaque année on y examine

la conduite des prédicateurs itinérants; on y décide l'admission des candidats k celte charge; on reçoit les griefs des membres de la société contre les prédicateurs sédentaires; c'est là qu'on élit aux charges de diacres et d'anciens les individus qu'on en juge capables. La conférence annuelle possède sur ses propres membres un premier droit de discipline, en vertu duquel elle peut les suspendre de leurs fonctions et les destituer, conformément aux lois de leur église.

15. La conférence générale s'assemble tous les quatre ans. Elle se compose de délégués des conférences annuelles. Elle a le droit de modifier la discipline, sauf dans les points oi!i cette faculté lui est expressément refusée. C'est elle qui nomme les agents du comité de publication, les éditeurs de journaux et les évoques. Elle prononce en dernière instance sur les appels des prédicateurs frappés par quelque arrêt d'une conférence annuelle. En général elle soumet à son contrôle tous les actes de ces conférences; puis elle examine l'administration des évêques durant les quatre années écoulées ; et, s'il y a des plaintes contre un évêque , c'est elle qui lui fait son procès, le censure, l'acquitte ou le condamne. La conférence générale, comme on le voit, est la plus haute magistrature de l'église méthodiste épiscopale.

16. Les repas de charité sont des réunions accidentelles, où les membres de la société font en commun, et durant une heure, un simple repas, de pain et d'eau, et où ceux qui s'y sentent disposés, racontent ce que Dieu a fait pour leur âme. Ces réunions furent

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imaginées par Wesley, à l'inlenlion de ressusciter en quelque sorte les agapes de la primitive église. Elles ont pour but de rapprocher les uns des autres les sociétaires, de développer en eux l'amour fraternel et de leur apprendre à s'édifier mutuellement.

17. Pour Faire face aux dépenses qu'exige l'entretien des prédicateurs, on a recours aux collectes. Elles fournissent de (juoi les indemniser convenablement, et même de quoi faire une retraite aux prédicateurs que l'âge rend incapables de continuer leurs travaux. Sans entrer dans des détails inutiles, je dirai seulement que les ministres itinérants reçoivent aujourd'hui 100 dollars (542 francs) pour eux-mêmes, autant pour leur femme, 16 dollars par an pour chacun de leurs enfants âgés de moins de sept ans, et 24 dollars pour ceux qui sont entre sept et quatorze. Outre cela, les économes de chaque station sont invités à pourvoir d'une maison les prédicateurs mariés, et même de leur bonifier une certaine somme pour l'entretien de leur ménage. A cet égard, on ne fait aucune différence entre les prédicateurs, les diacres, les anciens, les présidents et les évêques; tous reçoivent le même salaire ; seulement, on rembourse aux derniers leurs frais de roule. Enfin, les veuves de ministres ont toutes une pension de 100 dollars.

Sur quoi, je dois faire observer que ces chiffres sont ceux que la conférence générale a fixés; mais je me doute qu'en bien des localités le produit des collectes ne permet pas qu'on y atteigne.

J'ai dit plus haut combien cette église comptait, il

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y a cinquante-huit ans, de minisires et de membres : des uns 86, et des autres 14,986. Voici comment les choses se présentaient en 1841 :

6 évêques pour 32 conférences annuelles. 3,587 ministres itinérants, tout entiers au ministère. 6,393 prédicateurs sédentaires, aidant les précédents par de fréquentes prédications.

852,918 communiants.

En 1843, ces chiffres se sont élevés comme suit :

Ministres itinérants. . . 3,988

Prédicateurs sédentaires. 7,730

Communiants 1,068,525

Rien de changé dans le nombre des évêques et des conférences.*

Quant au nombre des personnes qui sont, de manière ou d'autre, sous l'influence de cette église, c'est-à-dire qui fréquentent les prédications de ses ministres, l'évêque Soûle l'évaluai! à 5,000,000, en août 1842. Il est sûrement permis de s'écrier après

» Ainsi l'accroissement de l'église niéthodiste aux Etats-Unis serait dans la proportion de 1 : 71, durant la même période à peu près qui nous donne pour l'église épiscopale protestante un accroissement de 1 : 6, pour les presbytériens de 1 : 8, et pour les baptistes de 1 : 10. Il est vrai de dire qu'il y a une grande différence entre une institution qui commence et une institution déjà ancienne. Cependant, voici soixante-seize ans que le méthodisme est prêché en Amérique. I! n'y est donc plus si nouveau; et nous voyons que le nombre des communiants qui se rattachent à cette doctrine s'est accru de 215,607 individus dans les deux dernières années réunies , c'est-à-dire d'un cinquième, tandis que la population totale des Etats-Unis n'a dû s'accroître, en ces deux années, que d'un seizième, ou même d'un dix-septième. ( Traducleur. )

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cola: (luellc ouivre de Dieu! Kiiveloppanl loul )c pays dans son vasle réseau, celle église porte l'Evangile jiisciues aux lieux les plus reculés cl les moins peuplés du territoire américain.

Elle a fait d'énormes sacrifices, ces dernières années, pour augmenter le nombre de ses temples ; mais ses prédicateurs itinérants n'en continuent pas moins, en mille localités, de prêcher dans les écoles, dans les salles des tribunaux, et en maisons particulières.

Quand on considère l'ensemble de l'œuvre de Dieu aux Etals-Unis, et qu'on voit de quelle manière admirable les moyens et les instruments s'y adaptent à la nature et à l'étendue des besoins, on ne peut que bénir le Seigneur dopt la miséricorde dispose toutes choses avec tant de sagesse. El s'il s'agit du méthodisme en particulier, il est impossible de ne pas reconnaître que, par la puissance de son organisation, par le zèle, le dévouement et l'habileté de son clergé, il est destiné à exercer l'influence la plus salutaire sur notre prospérité religieuse et même sur la stabilité de nos institutions politiques.

J'ai dit ailleurs ce que les méthodistes font pour les missions domestiques, pour les traités et livres religieux, et pour les écoles du Dimanche ; plus tard, nous verrons la part qu'ils prennent aux missions étrangères.

Longtemps on leur a reproché la négligence qu'ils apportaient à l'instruction de leurs minisires. On les accusait de vouloir à toute force un clergé ignorant. Il est vrai que, si leurs hommes d'élite ne furent pas

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proprement hostiles à la science, ils avaient une juste frayeur des ecclésiastiques savants, mais non convertis, tels qu'en fournissent d'autres églises. Toutefois prenons garde d'exagérer. Dès les premiers temps de leur existence, on les a vus insli tuer des séminaires. Ils en eurent un entre autres au Maryland, qui fleurit de 1787 à 1795, époque où il fut détruit par un incendie. Pour le remplacer, ils en fondèrent un autre à Baltimore ; mais ii subit une destruction pareille, et avec le collège, une église attenante. Cette double catastrophe entraîna une perte d'environ 90,000 dollars, et eut pour effet de décourager pendant un certain temps. Mais voici quelques années que les méthodistes ont mis décidément la main à l'œuvre. Ils ont fondé vingt et une académies, outre onze collèges, dont il en est deux qui portent le nom d'universités. Ils ont d'ailleurs quatre journaux religieux qui se publient sous les auspices de la conférence générale, quatre autres sous celles des conférences annuelles, sans compter plusieurs entreprises particulières du même genre. Ce fait prouve, tout au moins, que la société ne craint pas la ditfusion des lumières et qu'elle trouve dans son sein bon nombre d'écrivains et de lecteurs.

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