‹ La religion aux États-Unis d'Amérique (volume 2)Chapitre 57 sur 167 · LA RELIGION EN AMÉRIQGB. LIV. VI · texte numérisé non relu

LA RELIGION EN AMÉRIQGB. LIV. VI

conforme k la Parole de Dieu. Qu'on voie, par exemple, ce qui esl dil du péché originel : « Le péché originel n'est pas simplement l'imitation d'Adam, comme le prétendent vainement les pélagiens; mais c'est la corruption naturelle de tout homme. Transmis naturellement de génération en génération depuis Adam, le péché prive l'âme de toute justice originelle , et fait que, de sa nature, l'homme est enclin au mal , et cela sans relâche. »

Au sujet du libre arbitre : « L'état de l'homme, ensuite de la chute d'Adam, est tel que, par ses forces naturelles et par ses œuvres, il ne peut ni se convertir, ni se disposer à la foi , en priant Dieu ; d'où il résulte que nous ne saurions faire des œuvres bonnes et agréables à Dieu , si la grâce de Dieu en Christ ne nous prévient pour nous donner une bonne volonté, et si elle n'est ouvrière avec nous, une fois que cette bonne volonté nous a été donnée. »

Tel est le langage des articles. Il n'y a rien là que nos bienheureux réformateurs n'eussent approuvé. J'en dis autant des autres doctrines fondamentales : la justification par la foi , les bonnes œuvres , les œuvres de surrérogation, les sacrements.

Outre ces vingt-cinq articles , les conférences ont £^dmis tout un code de règles en trente-cinq sections. Ces règles, dues àWesleydans l'origine, subirent en Amérique de notables modifications. Elles portent sur l'économie entière de l'Eglise, sur le genre de vie que doivent mener ses ministres et ses membres, sur

la meilleure manière de prêcher l'Evangile, elc. Traitant de la méthode à suivre quant à la doctrine de la perfection , la section vingt-deuxième donne des directions qu'on ne sera pas fâché peut-être de trouver ici : « Exhortons fortement et en termes explicites les fidèles à marcher vers la perfection. Pour que nous parlions tous de la même manière, nous posons nettement cette question : Défendrons-nous cette doctrine de la perfection , ou l'abandonnerons-nous? Nous sommes tous d'accord à la défendre; en entendant par là, comme nous l'avons toujours fait, la délivrance de tout péché, délivrance qui s'obtient par un entier amour pour Dieu et les hommes, amour que le Saint- Esprit met au cœur des fidèles. Les papistes disent qu'on ne peut parvenir à cet état qu'après avoir été purifié par le feu du purgatoire. Quelques-uns, pensant mieux dire, estiment que l'âme atteint la perfection dès qu'elle se sépare du corps; d'autres le veulent un peu avant de mourir ; un instant après ce serait trop tard. N'est-ce pas ainsi? Pour nous, nous sommes d'accord à croire qu'avant de mourir nous pouvons nous voir sauvés de tout péché proprement dit, par où nous entendons les dispositions coupables ; car pour ce qui est de ne jamais parler, penser ou agir d'une manière répréhensible, c'est ce que nous ne saurions espérer tant que nous habitons nos maisons d'argile. Voilà donc une chose entendue quant au fond. Mais, quant aux circonstances; la conversion est-elle graduelle ou instantanée ? Elle est l'une et l'autre. Les prêcherons-nous donc toutes les deux? Oui , nous devons

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prôcher la conversion graduelle el y insister avec force. — Mais n'y a-l-il pas de bonnes raisons pour que nous insistions aussi sur la conversion instantanée? Si cet heureux changement doit s'effectuer avant de mourir, ne faul-il pas encourager tous les fidèles à le rechercher? Bien mieux, il le faut, parce qu'une expérience constante démontre que plus on recherche cette conversion entière el subite, plus l'œuvre graduelle du Seigneur se fait avec facilité dans les âmes. Celles-ci s'attachent d'autant plus à croître dans la grâce, elles n'en sont que plus zélées pour les bonnes œuvres et que plus assidues au culte divin; tandis qu'on observe précisément les effets contraires lorsqu'on cesse de vouloir sur le champ l'entière délivrance. Par celle espérance, par l'espérance, disonsnous, de ce changement total, on est sauvé d'un salut qui s'accroît par degrés. Détruisez cet espoir, el le salut s'arrête , ou plutôt il rétrograde de jour en jour. C'est pourquoi , voulons-nous produire chez les fidèles la conversion graduelle, insistons fortement sur la conversion instantanée. »

Pour de plus amples détails sur les doctrines de l'église méthodiste épiscopale, je renvoie aux quatre volumes de Sermons de Wesley et à ses notes sur le Nouveau-Testament, qui sont la véritable confession du corps entier. Quant à la discipline, telle qu'elle ressort du code en trente-cinq sections dont j'ai parlé tout-à-l'heure, je vais en donner une esquisse. On verra quel admirable système d'organisation ecclésiastique cette société doit à son fondateur.

1. Il y a d'abord la sociéié ou la réunion de tous les membres de l'église qui résident en un même lieu.

2. Chaque société forme un certain nombre de classes, composées de douze à vingt individus, qui se réunissent une fois par semaine pour leur édification mutuelle. Ce sont là comme les écoles normales.de l'église méthodiste.

3. Le ministre qui a la surveillance générale des classes d'une société, établit sur chacune d'elles un conducteur ou directeur [leader), dont le devoir est de visiter tous les membres de sa classe une fois par semaine, pour s'informer de l'état de leur âme, et pour recevoir ce qu'ils ont à cœur de donner aux pauvres ou à l'église.

4. Chaque société a ses économes établis par la conférence trimestrielle, sur la présentation du pasteur [ruling elder). Ils réunissent dans une caisse générale les collectes qui se font pour l'entretien des ministres et des pauvres , et pour les frais du service de la Cène. Ce sont eux qui exécutent les paiements relatifs à ces objets.

5. Il y a de plus des curateurs qui ont à leur charge les propriétés de l'église et les tiennent en fidéi-commis. Dans les étals oii les lois exigent qu'il en soit ainsi, c'est la congrégation qui les nomme; ailleurs ils sont établis suivant les règles de la discipline.

6. La plupart des sociétés ont des {v^vq^ exliortanis , c'est-à-dire, comme le mot l'indique, des frères qui reçoivent de la conférence trimestrielle la permission

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