CHAP. XT. HOLLANDAIS RÉFORMÉS
consistoires. Cependant ils supportèrent ce mal jusqu'en 1738, qu'un certain nombre de ministres proposèrent de former entre eux une compagnie [cœius). 11 ne s'agissait point de lui donner le droit de consécra-r. lion, ni celui de prononcer des arrêts dans les différends qui pourraient s'élever, et toutefois la classe d'Amsterdam ne put se décider qu'en 1746 ou 1747, à les autoriser dans leur dessein. Ce premier pas fait, ils en reconnurent bientôt l'insuffisance. C'était trqp de dépenses et de retard que de devoir faire ses éludes en Hollande, ou d'en attendre les ministres dont la colonie avait besoin. Les choix de la classe étaient d'ailleurs bien rarement ce qu'on eût désiré. C'est pourquoi, l'an 1754, la compagnie résolut de se constituer en classe régulière , moyennant l'aveu des congrégations, qui furent toutes consultées là-dessus. Ce projet rencontra de vigoureuses oppositions, par l'influence surtout des ministres venus de Hollande. Pendant tout ce temps de distraction et de confusion, la piété ne faisait guère de progrès, et plusieurs familles notables abandonnèrent l'église hollandaise pour l'église épiscopale.
Les difficultés s'arrangèrent enfin par la prudente médiation du révérend docteur John H. Livingston, alors encore jeune. Il était allé en Hollande, l'an 1766^ pour achever ses études ; et sur ses représentations, la classe et le synode formulèrent un projet d'organisation, qu'à son retour, en 1770, Livingston soumit à une assemblée nombreuse de ministres et de laïques députés des églises. Elle se réunit à New-York, en
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octobre 1771, el a[)n^s une longue clis(3ussion, le projet fui a(lo)>l.é d'une voix unanime. Il divisait l'église en cinq classes, trois dans la province de New-Jersey et deux dans celle de New-York; deux ministres el deux anciens, délégués par chaque classe ou presbytère, formaient le synode général, qui devait s'assembler une fois l'an.
Malgré celte amélioration considérable dans la situation de l'église hollandaise réformée, elle ne fil pas tous les progrès auxquels on eût pu s'attendre, et cela par l'obstination qu'on mil à célébrer le culte dans une langue qui de plus en plus cessait de se parler. Ce fut seulement vers l'année 1804 qu'on discontinua tout k fait de prêcher en hollandais.
Puis la guerre de la révolution se fit sentir à celle église comme aux autres; à New-York surtout, elle lui fut onéreuse au plus haut point. De 1776 à 1783, c'est-à-dire, pendant que les forces anglaises occupèrent cette ville, un de ses temples fut converti en hôpital et un autre en manège. Mais pour elle aussi la paix ramena de meilleurs jours. En 1784, elle n'avait que 22 congrégations et 30 ministres ; maintenant elle compte :
267 congrégations ; c'était, en 1842, 253 2S9 ministres, » » 234
29,522 communiants, » » 26,000
dans 21,569 familles qu'elle a sous sa direction.
Dès l'an 1770 les réformés hollandais fondèrent un collège à New-Brunswick, New-Jersey. Après maintes vicissitudes, il marche maintenant avec beaucoup de