‹ La religion aux États-Unis d'Amérique (volume 2)Chapitre 67 sur 167 · ÉGLISE HOLLANDAISE RÉFORMÉE · texte numérisé non relu

ÉGLISE HOLLANDAISE RÉFORMÉE

Nous avons dit au commencement de cet ouvrage que les Hollandais réclamaient jadis tout le territoire américain qui se compose actuellen.ent des Etats de New-York, de New-Jersey, de Delaware et de Pensylvanie ; qu'en 1614- ils firent un établissement de commerce au lieu où fleurit maintenant ]\\ ville de New- York, et où quelques familles hollandaises vinrent se fixer en 1624; puis, qu'on leur envoya pour premier pasteur le révérend Everard Bogard. Cet homme excellent quitta la colonie en 164-7 pour regagner la Hollande, et l'on croit qu'il péril en mer sur le même vaisseau que le gouverneur Kiefl. Il eut pour successeurs Jean el Samuel Megapolensis, le dernier desquels fut un des commissaires que le général Stuyvesant chargea de négocier avec les Anglais les conditions du traité qui , en 1664, leur livra la colonie hollandaise.

Comme elle avait été fondée par la compagnie des Indes occidentales d'Amsterdam, c'est à elle que les colons s'adressaient pour avoir des ministres; et la compagnie à son tour s'adressait à la classe pour qu'elle choisît et consacrât ceux qu'elle jugerait bon d'envoyer. De là vinl que la clas'se d'Amsleidam et le synode de la Nouvelle-Hollande se trouvèrent, par le

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conseil lemonl Uicilc du reste tle l'église, exclus! vemenl chargés du soin spirituel des colonies ; * et cela se faisait avec une telle jalousie d'autorité, que les églises d'outre-mer n'avaient réellement rien h dire dans leurs propres affaires. On conçoit que de perturbations cet ordre de choses dut amener.

Jusqu'à quel point la compagnie des Indes occidentales vint-elle en aide aux congrégations de la colonie, c'est un fait sur lequel on n'a pas de données positives; mais on ne saurait mettre en doute qu'elle ne les ait soutenues dans une certaine mesure. Il ne paraît pas toutefois que les colons aient eu de très-bonne heure des édifices consacrés au culte; car, en 1641, De Vries faisait obsçrver au gouverneur Kieft combien il était honteux qu'un Anglais, passant à New-Âmsterdam ( New-York) pût voir qu'il ne s'y trouvait en fait d'église qu'une grange. El toutefois il est certain qu'on envisageait alors les congrégations de la colonie comme faisant partie de l'église nationale de Hollande.

Même après la prise de possession de ce territoire par les Anglais , et lorsque le gouverneur Fletcher fut parvenu à y installer l'église épiscopale , les réformés hollandais ne cessèrent de se rattacher à la mère-patrie, ou plutôt à la classe d'Amsterdam, pour tout ce qui tenait à leur culte. Ce n'est pas qu'ils ne sentissent vivement quel inconvénient il y avait pour eux de ne pas posséder d'autorité ecclésiastique supérieure aux

* C'est encore la clas'^e d'Amsterdam qui a, de nos jours, la surveillance des églises coloniales appartenant à la Hollande.

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