CHAPITRE XVI
PETITES EGLISES METHODISTES.
De temps en temps, des dissidences plus ou moins considérables se sont détachées de l'église méthodiste épîscopale, comme une avalanche descend d'une montagne, sans en diminuer la grandeur et sans en changer l'aspect; mais souvent aussi comme une eau qui, tombant du haut d'un rocher, finit par se résoudre en poussière.
Le premier schisme méthodiste eut lieu en 1785, par rinfluence du révérend W. Hammet de Charleston, Caroline du Sud. Ses adhérents prirent le nom de méthodistes primitifs. Le second schisme fut celui des méthodistes républicains , disciples du révérend J. O'Kelly, de Virginie. C'était vers l'an 1792. Celuici fut beaucoup plus sérieux que le précédent ; mais l'un et l'autre ne firent bruit que très-peu de temps. Il n'y a plus en Amérique ni méthodistes primitifs, ni méthodistes républicains.
En 1816, à Philadelphie, il y eut environ mille individus, appartenant tous aux hommes de couleur, qui, sous la conduite de M. Richard Allen, se séparèrent de l'église épiscopale méthodiste. Allen était un homme de grande capacité , qui , après avoir été esclave dans un des Etats du Sud et s'être racheté, a^ait acquis une honnête fortune et reçu l'ordination
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dans l'église mélhodislc. Quand il eut effectué sa re- Iraile, il fut porté à Tépiscopat par ses disciples réunis en conférence générale, rimposilion des mains lui ayant été conférée par cinq prédicateurs sédentaires, dont l'un avait reçu l'ordre de la prêtrise de la part de l'église épiscopale protestante. J'ignore quel est actuellement le nombre des minisires de cette fraction du grand corps des méthodistes; je sais seulement qu'à la mort d'Allen, au lieu d'un évoque, son église se donna deux surintendants.
Il y eut encore à New-York, en 1819, une autre dissidence toute composée de gens de couleur. Elle compte maintenant plusieurs congrégations au New- Jersey, dans le Connecticut, à Rhode-Island, et dans le Massachusets. Il y a trois ans que cette église méthodiste nègre avait :
21 arrondissements d'évangélisation.
32 prédicateurs.
2,608 communiants.
On pense qu'ils sont demeurés fidèles aux doctrines et à l'ordre ecclésiastique de la société dont ils se sont détachés. Leur seule raison pour le faire a été que leurs prédicateurs n'étaient pas admis au service itinérant, et que ne pouvant desservir d'autres fonctions que celles de ministres à résidence, ils n'avaient jamais aucune part aux salaires.
L'église méthodiste essuya , dans le même temps à peu près, une ou deux autres pertes semblables; mais elles ne furent pas assez considérables pour qu'il vaille la peine de s'y arrêter. Je n'en dirai pas autant de
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celle qui vint la frapper en 1828. Comme l'échec qu'elle reçut alors menace d'avoir des conséquences assez graves, j'en dois le récit à mes lecteurs.
On a vu qu'en vertu de sa constitution, l'église méthodiste épiscopale est entièrement gouvernée par le clergé, et encore par une partie seulement des membres de ce clergé nombreux. Le pouvoir suprême, législatif, judiciaire et exécutif, appartient aux ministres itinérants, à Texclusion de tous les autres, puisqu'ils fortnent à eux seuls les conférences annuelles et la conférence générale. Ce monopole a, depuis longtemps, paru vexaloire à deux classes de membres de cette église : d'abord, aux prédicateurs sédentaires, et à ceux qui, obligés par la maladie, par l'âge ou par des raisons de famille, de quitter le service actif, n'ont plus rien à voir dans le gouvernement de la société ; puis aux laïques, qui estimaient avoir le droit de se faire représenter dans les conférences annuelles et dans la conférence générale.
Le mécontentenient prit un caractère plus prononcé vers l'an 1820. Il parut un journal qui avait pour mission de réclamer ce qu'on appelait l'égalité des droits, et de nombreuses pétitions dans ce sens arrivèrent sur le bureau de la conférence générale de 1824. Ces pétitions ayant été éconduites, il y eut parmi les méthodistes beaucoup de mouvement et la discussion reprit avec une nouvelle chaleur. Le parti qui demandait une réforme y mit plus que de la vivacité, et en conséquence il y eut, à Baltimore et ailleurs, plusieurs personnes qui subirent les lois de la discipline. II. 17
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Tout cela ne calmait pas les esprits, et ils étaient dans une disposition assez violente lorsque s'ouvrit la conférence générale de 1828. Aussi le résultat de celte session fut-il la retraite des mécontents, qui formèrent une nouvelle société sous le nom de église mé-