LA RELIGION EN AMÉRIOUB. LIV. VII
que la population protestante et les nninistres en particulier surveillent tous les mouvements du clergé romain, et qu'ils ne paraissent nullement disposés à laisser inaperçu ce que leurs tendances pourraient avoir de menaçant. On a bien pu le voir ces dernières années , par les vives discussions auxquelles celle question même a donné lieu , discussions qui ont retenti dans presque toutes les chaires du pays.
Quant au prosélytisme qui , selon quelques-uns, se ferait par les catholiques avec un succès effrayant, j'ai dit ce qu'il en faut croire; et déplus, je présume que le protestantisme gagne sur le terrain de l'église romaine de quoi se dédommager amplement des pertes qu'il fait ailleurs. Il y a quelques années que l'évêque England écrivait à la Propagande que, dans son seul diocèse, l'église avait perdu 50,000 de ses enfants, manque d'un nombre suffisant de pasteurs. Maintenant le personnel du clergé romain s'est tellement accru quen effet les conversions au protestantisme ont din^inué.*
' Le capitaine Marryat prétend que les catholiques romains s'accroissent rapidement dans l'Ohio, l'Jndiana, l'Illinois et les autres parties de la vallée du Mississipi,- en sorte qu'à l'en croire ils y seraient bientôt en majorité. C'est une opinion qu'il n'appuie sur aucune donnée statistique, et dont la valeur est plus que contestable. Quand le brave capitaine parle marme, on voit qu'il est chez lui ; mais lorsqu'il s'avise de décrire l'état moral et religieux de la Confédération américaine, décidément il se lance dans un monde inconnu. Un homme qui s'est laissé conter les choses étranges qu'il rapporte, n'est guère propre à la tâche difficile d'étudier les faits et d'en tirer des inductions. Quelle confiance