‹ La religion aux États-Unis d'Amérique (volume 2)Chapitre 93 sur 167 · ÉGLISE CATHOLIQUE ROMAINE · texte numérisé non relu

ÉGLISE CATHOLIQUE ROMAINE

On connaît trop généralement les doctrines et le système de l'église romaine pour que j'entre à ce sujet dans aucun déiail. C'est de toutes les sociétés religieuses qui doivent m'occuper, celle dont l'importance est de beaucoup la plus grande.

Nous avons dit ailleurs comment le catholicisme romain se transplanta dans rAmériquf, du Nord, sous les auspices de lord Baltimore , fondateur au Maryland d'une colonie tout à la fois papiste et libérale. Bien que, sous le règne de Guillaume et Marie, l'église épiscopale protestante y devînt l'église officielle, et

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que les lois anglaises contre les catholiques romains s'exéculassent à la rigueur, ces derniers n'en conlinuf'îrent pas moins de l'ormer la portion la [)lus considérable et la plus influente de la population de la province.

Il en fui ainsi jusqu'à la révolution; et aujourd'hui même, bien qu'en minorité, et inférieurs en nombre soit aux épiscopaux, soit aux méthodistes, ils ne laissent pas d'avoir au Maryland une importance hors de proportion avec leur valeur numérique , qui est de 80,000 âmes.

À l'exception de la Pensylvanie et de Rhode-Island, je ne sache pas qu'à l'époque de la révolution, les catholiques eussent nulle part la pleine jouissance des droits politiques, mais je crois qu'à présent ils sont partout sur le pied d'une parfaite égalité.'

' J'ai souvent entendu les catholiques romains en Europe reprocher aux protestants des Etats-Unis leur intolérance , et pour preuve on en revient toujours à ce couvent de Charlestown, près de Boston , que la populace mit en cendres, le 11 août 1834. Comme c'est le seul fait de persécution qu'on allègue, et qu'il a été singulièrement dénaturé parl'évéque England, dans sa lettre à la propagande, il peut m'être permis d'en toucher quelques mots.

C'était un couvent d'Ursulines, pensionnat de jeunes demoiselles, fondé en 1820. Il s'y trouvait ordinairement de huit à dix sœurs et de vingt à soixante élèves. Une des religieuses , Miss Harrison, maîtresse de musique, avait dû quitter momentanément 1? maison pour raison de santé. Sa tête paraissait exaltée, et le bruit courut que c'était par suite de mauvais traitements. Déjà depuis quelque temps on soupçonnait les soeurs, je ne sais à quel propos, de se livrer à des actes fort répréhensibles. Ce fut là ce qui mit de l'irritation parmi la populace de Boston, dont le couvent n'était qu'à

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L'acquisition de la Louisiane en 1803 et celle de la Floride en 1820 accrurent de beaucoup la population catholique des États-Unis. Il faut ajouter à cela les produits de l'émigration européene, surtout de celle qui vient d'Irlande et d'Allemagne. Voici vingt-cinq années, ou pourmieux dire soixante ans, qu'elle nous envoie des sectateurs de Rome en quantité. Je ne dis pas qu'il n'y ait pas eu de conversions du protestantisme au catholicisme ; mais il s'en faut bien qu'on puisse y voir la cause principale de l'accroissement des cathodiques romains. Quoi qu'il en soit, ils évaluent eux-mêmes leur nombre à 1,300,000 âmes ; et voici

deux milles. Des jeunes gens et des enfants s'y portèrent en foule, et rien ne les satisfit que l'entière destruction de l'établissement. Il n'y eut, de la part de tout ce qu'il y avait d'iionnôtes gens aux Etats-linis, qu'un cri d'indignation contre cet acte de vandalisme; et peu de jours après ce déplorable événement, trente-sept des principaux citoyens de Boston, tous protestants, publièrent un écrit où la réputation du couvent était hautement, et je dirai justement vengée. Quelques-uns des émeutiers furent découverts et punis. Une portion notable du public demanda que l'Etat du Massachusets indemnisât les catholiques romains pour la perte qu'ils avaient essuyée. Il est à regretter qu'on n'ait pas donné suite à cette idée, et cela, parait-il, en grande partie parce que les uns voulaient que l'Etat rebâtit le couvent, et que les autres, trouvant que c'eiit été sanctionner un établissement de cette nature, préféraient qu'on donnât de l'argent.

Quoi qti'il en soit, il est manifeste que, si le couvent de Charlestown essuya cette triste catastrophe, ce ne fut point parce que c'était une institution catholique romaine. Protestante, elle eût subi le même sort. Ce n'est ni justifier, ni pallier la conduite coupable du peuple de Boston ; mais c'est dire qu'il n'y avait pas làdessous une question religieuse, ni des passions d'intolérance.

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pour les aimées 1842 el 184i la slalisliquc d('ilaillée de l'Almanach calholique-inélropolilaiu deBallirnore:

Diocèses » 'i\

. Vicaire apostolique ; »,; i .1,,,

Archevêque 1 ,1

Kveqiies 20 »

- Ditto eu activité de service « ■ 17 ' '

,, Oitto élus )) 8

Prêtres employés dans le ministère. . . HH 520

Ditlo employés dans les collèges . . . lU 114

Eglises et chapelles 541 Cil

Ditto en construction. . . . ..;.'>^- . ., IjO * 66 > >

Stations, sans églises ni chapelles. . '. . 470 4(31 i-. Nombre total des lieux consacrés au culte . 1,101 1,072 Ktablissements ecclésiastiques ou séminaires 21 1,{^ ,

, Etudiants se destinant à la prêtrise. . . 180 r^!k i')

Etablissements d'instruction publique. . 21 16

Etudiants 1,712 »

Couvents de femmes ,-in<^^"i> ■ • ■ -4^';'

Académies de demoiselles 28 i h^^m',

Elèves . 2,96ô , ^;.,,,.<,

Etablissements de charité 77 -»

Associations religieuses ■. . 88 ,, - M,...

Les catholiques romains ortt . eti ot'fli*'é; Séfît 'jdiirnaux hebdomadaires, dont un en allemand; trois joiir-^ naux mensuels et une publication aiinuelle. ,;-',;,,/ 11 résulte de loul cela que l'église romaine s'est so^ lidement assise aux Etats-Unis. La construction jJé 50 nouvelles églises dans une année n'est pas peu 3e chose assurément.* Du reste, les secours leur vien- ' On sait qu'en général, si les protestants attendent d'avoir formé une église pour bàiir un temple, les catholiques romaine

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nenl de loin et en abondance. La Propagande française leur a envoyé G3,000 dollars de 1839 à 1840, sans parler des sommes plus considérables encore des années précédentes. La Société de Léopold en Autriche ne leur épargne pas non plus ses offrandes. Je ne suis pas à même d'en indiquer le montant ; mais il paraît que, de ces deux sources réunies, les catholiques des Etats-Unis peuvent avoir reçu 135,000 dollars, dans la seule année 1842.*

Les adversaires du catholicisme en Amérique ont j)rétendu que ses adhérents ne feraient jamais de bons républicains et que, si leur église venait une fois à primer, ce serait le coup de mort de notre constitution politique. On pense que les prêtres romains ne peuvent que haïr la démocratie, et d'un autre côté qu'il est impossible de balancer leur influence sur le peuple. Je ne sais jusqu'à quel point ces craintes sont fondées ; toujours est-il que nous avons eu parmi les romanistes de chauds patriotes, et il reste à voir s'il y a moyen que les prêtres exercent sur le peuple américain le même genre d'influence que sur leurs ouailles en Europe. Ce qui, dans tous les cas, est certain , c'est

bâtissent des temples bien longtemps avant d'avoir assez d'adorateurs pour les remplir. Sous ce rapport, il en est probablement aux Etats-Unis comme ailleurs. Dès lors ce chiffre de SO ne signifierait pas tout ce qu'il paraît indiquer à première vue. (Traducteur.)

^ Il faut dire aussi que les catholiques romains d'Amérique envoient à leur tour de l'argent en Europe ; dernièrement on a recueilli d'assez fortes sommes dans nos principales villes, pour la construction d'une cathédrale magnifique à Ardali, au cœur de l'Irlande.

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