PRÉFACE DU TRADUCTEUR
L'important ouvrage dont nous publions la traduction, vient de paraître simultanément à Glascow et à New-York. L'obligeance de l'auteur, ou plutôt son zèle pour' la propagation de la vérité , nous a permis do ie donner au public^ii'ançats, presque à l'instant même où il sort des presses xieia Grande- Bretagne.
L'édition de Glascow est précédée d'une note signée par MM. David Welsli, William Cunningliam et Robert Buchanan , tous les trois docteurs en théologie et hommes éminents parmi les respectables conducteurs de l'église libre d'Ecosse. Dans cette note, ils recommandent en ces termes le livre de M. Baird :
<r Nous ne connaissons pas d'ouvrage qui fournisse autant de renseignements sur l'histoire et l'état des églises d'Amérique. Il est plein d'encouragement pour celles qui se trouvent placées dans une situation analogue, et aux autres il présente d'ex-
VI l»UKFACE UU TUADUCTEUU.
c«^lloii(ps leçons sur la maniôi-e dont elles doivent marcher vei'S le but. Sans partager absolument toutes les opinions qu'exprime le respectable auteur, nous ne pouvons qu'admirer son esprit judicieux, bienveillant, candide et catholique, au vrai sens de ce mot. Nous envisageons ce livre comme une faveur que Dieu fait aux églises delà drande-Bretagne, nonseulement par la connaissance qu'il donne de la religion en Amérique, mais aussi parce qu'il nous paraît très-propre h répandre entre les églises de Christ plus de charité et de bienveillance. D'ailleurs on ne peut disconvenir de l'utilité dont nous peuvent être et l'expérience des églises américaines , et le spectacle du bien que le Chef de l'Eglise a daigné faire par leur organe. Malgré la diversité des opinions sur des points qui se rattachent à ce sujet , qui niera qu'en Amérique la religion n'ait été placée en des circonstances dignes d'une sérieuse attention, et qu'il n'y ait de g'T.ndes instructions à re-.irer du rôle qu'elle y joue. Sous ce rapport , nous saluons avec joie l'apparition de cet écrit, et nous le recommandons aux chrétiens de la Grande-Bretagne. »
A ces témoignages honorables et bien dignes de conliance, le traducteur n'ajoutera qu'un mot : c'est que le livre de M. Baird est de nature à plaire tout particulièrement aux personnes qui veulent des faits et non des théories. L'auteur rapporte et ne plaide guère; et il rapporte avec une parfaite ingénuité ce qui fut et ce qui est, sans trop s'inquiéter du parti qu'on en pourra tirer quelquefois contre ses principes.
Quand je parle des principes de l'auteur, c'est
PREFACE DU TIIAUL'CTIÎUK. VII
qu'effectivement il en a, et de très -arrêtés, sur plusieurs points essentiels ; mais ce n'est pas dans la question de l'union de l'Etat et de l'Eglise que s'exerce son dogmatisme. Il défend moins une doctrine qu'un fait. La séparation telle qu'elle existe en Amérique , voilà ce qu'il expose et justifie plus encore qu'il ne le recommande.
Qu'on ne croie pas non plus que , chez notre auteur, la doctrine de la séparation soit une idée fixe qui absorbe tout son intérêt. Ce qu'il dit à cet égard dans sa préface est d'une entière vérité. Aussi nous osons promettre à ceux mêmes qui redoutent cette question, qu'ils ne poseront pas le livre de M. Baird sans y avoir recueilli de quoi s'édifier.
Nous dirons enfin qu'avec la permission de l'auteur nous avons resserré quelque peu son ouvrage. Si l'on y trouve encore des longueurs, c'est que nous n'avons pas trop su comment abréger davantage un livre dont la valeur essentielle est dans les faits. Il s'agissait après tout de traduire et non d'imiter. Aussi les retranchements sont-ils au fond assez insignifiants. Du reste, le traducteur espère s'être mis à son travail dans un espiit semblable à celui de l'auteur. Puisse cette publication de deux amis du bien , faibles et faillibles , mais sincères , répandre quelque lumière et quelque paix dans les âmes, par la bénédiction du Seigneur.
Janvier 1844.