PREFACE DE L'AUTEUR
A la demande de quelques hommes distingués par leur piété et par leur position sociale dans son pays natal , l'auteur de ce livre consentit, en 1835, ;\ parcourir l'Europe, avec un mandat purement religieux et philanthropique. Il a mis sept années à remplir sa mission; et , pendant ce temps, il a visité plus d'une fois presque toutes les contrées du continent.
Ses voyages et le but qu'il se proposait, l'ont rapproché de bon nombre de persoimages marquants dans toutes les classes de la société. Parmi eux se sont trouvés ceux qui honorent le plus leur pays par leur piété , leurs lumières, leur zèle et leur activité ; et c'est de leur part que l'auteur s'est vu adresser de continuelles questions sur sa patrie et spécialement sur ses institutions religieuses. Une fois, entre autres, il eut à répondre là-dessus à une illustre personne (I) que le Seigneur a retirée dès lors près de lui. Il écrivit donc quelques pages sur
. ^ Madame la duchesse de Bro^lie.
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l'origine et les progrés de l'unitarianisme aux Etals-Unis. * Mais en satisfaisant la curiosité sur un point, ce petit ouvrage ne fit que l'augmenter sur tous les autres ; en sorte que l'auteur eût cru négliger un devoir manifeste , s'il n'eût pas accède au vœu qu'on lui exprima généralement, tant en Allemagne et en Suède , qu'en France et en Suisse, de publier un ouvrage aussi volumineux qu'il le faudrait, sur l'origine, l'histoire, l'économie, l'action et l'influence de la religion aux Etats-Unis. Il s'est efforcé de remplir sa lâche en y employant l'été et l'automne qui viennent de s'écouler, et qu'il a eu le bonheur de passer dans cette antique cité qui , par son illustre réformateur et par l'influence qu'il exerça sur l'Angleterre et l'Ecosse, peut se glorifier d'avoir eu une grande part, bien qu'indirecte , à la colonisation de l'Amérique du Nord , à son gouvernement politique et à son caractère religieux.
L'auteur ne s'est donc point proposé d'offrir à ses lecteurs des théories toutes faites sur les questions d'église qui s'agitent en quelques pays du continent , et encore moins de défendre les institutions politiques de sa patrie , ou la conduite du gouvernement américain au dehors et au dedans. Il n'a pas eu d'autre pensée que d'exposer purement et simplement les doctrines elles institutions religieuses des Etats-Unis, et de montrer de quelle manière elles y ont fonctionné , depuis l'origine jusqu'à ce jour.
Dans toutes les contrées de l'Europe où se trouvent des protestants, l'auteur a franchement fraternisé avec eux, quelles que fussent leurs tendances politiques et à quelque communion qu'ils appartinssent , et il n'a qu'à se louer des bons procédés dont il a été l'objet de leur part. Il les a entendus discuter avec chaleur diverses questions importantes, et entre autres celle
' L'Union de V Eglise et de l'Etat dans la Nouvelle- Angleterre. Paris, 18:57.
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(le l'uiiioii (le riï,j;iisc el do l'Etal, celle question (ini est si (bit à l'ordre du jour en (juelques lieux, et qui paraît devoir l'ôlre bicnlôl en heaiiconp d'autres; mais sans l'aire profession d'une iinparlialilé aHeclc-e, peu convenable à un chrétien, sans prétendre qu'il n'ait pas d'opinion formée sur ces divers points , l'auteur peut allirmer en conscience qu'il ne s'en est point préoccupé dans son livre , el qu'il n'y a pas déposé, volontairement, un seul mot, avec rinicntion formelle d'appuyer ou de combattre tels ou tels arguments dont il a vu qu'on se servait dans ces débats. Tout ce qu'il a voulu, c'est de satisfaire la juste curiosité des personnes qui lui ont demandé des informations sur l'Amérique , et la pensée qui l'a soutenu, c'est qu'il y aurait peut-être là de quoi contribuer aux progrès du règne de Christ dans le monde.
Plus l'auteur a pu étudier la chrétienté, plus il s'est convaincu de l'exlrôme importance des vraies doctrines et de la piété vivante. Quelles que soient les formes extérieures d'une église, sa discipline intérieure et ses relations avec le pouvoir civil, ce n'est pas là qu'est sa sauve-garde. Non qu'à l'exemple de quelques personnes, il regarde tout cela comme choses indifférentes; mais, d'un autre côté , il ne saurait y voir une panacée à tous les maux , ni un équivalent au grand moyen que Dieu a choisi pour établir dans les âmes son salut glorieux. Ce moyen, c'est la prédication de l'Evangile dans sa plénitude , selon sa propre méthode et en toute occasion favorable, par des ministres pleins de l'esprit de Dieu, consacrés et rais à part pour cette bonne œuvre ; c'est, après cela, la coopération sainte, vivante et fidèle des membres de l'église, chacun dans sa sphère spéciale et tous s'unissant en de ferventes prières au Seigneur. Voilà ce qui, dans cet ouvrage môme, a le plus occupé l'attention de l'auteur, et ce qu'il ose recommander par-dessus foula celle du public religieux.
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On comprend d'ailleurs que , pour l'aire son livre , l'auteur a dû consulter de nombreuses autorités. J)ans le but de se procurer les matériaux indispensables, il fit l'année dernière un voyage en Amérique , et il en revint tellement pourvu de documents, qu'il a pu achever son travail sans jamais manquer de renseignements exacts sur les points de quelque importance.
Mais il négligerait un devoir s'il ne reconnaissait les services »|ue lui ont rendus beaucoup de ses amis d'Amérique , notamment les révérends docteurs Dewitt, Ilodge, Goodrich, Bacon, Anderson, Durbin , Emerson, Schmucker, et MM. les révérends Tracy, Berg et Allen. ' Les secrétaires de presque toutes les sociétés religieuses l'ont aussi considérablement aidé, ainsi que les directeurs de nos principaux établissements. Il nomme le docteur Howe, principal de l'Inslitut des Aveugles, à Boston; le révérend M. Weld , principal de l'Asile des Sourds- Muets , à Hartford , et le docteur VVoodward , directeur de l'Hospice des Aliénés, à Worcester.
Le chapitre remarquable sur les réveils religieux , qu'on lira dans le cinquième livre , est dû à la plume du révérend tioodrich, docteur en théologie, l'un des professeurs les plus distingués du collège de Yale.
L'auteur ne saurait non plus passer sous silence les noms de l'honorable Henri Wheaton , mirnstre des Etat-Utiis à la coui' de Prusse , et de Robert Walsh esq. , résidant actuellement à Paris. L'un et l'autre lui ont été fort utiles. Il se fait d'autant plus un plaisir de le reconnaître, que le dernier est catholique romain ; et bien qu'il n'ignorât pas le caractère tout protestant qu'aurait cet ouvrage, il n'a pas laissé de fournir à l'au-
' Ces Messieurs appartiennent à sept ooniniunions différentes : réformée liollandaise, presbytérienne, congrégationaliste, méthodiste, luthérienne, réformée allemande, et baptisle.
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tour, avec une ;;raii(l(^ oldi^tîancc, les rciiseij^iicments qui lui ont été (leniandés.
Pénétré plus <iue personne des imperfections de son travail, l'auteur le recommande à Celui sans la grâce duquel on ne p(!ut réaliser rien de bon ni de durable.
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