‹ La religion aux États-Unis d'AmériqueChapitre 107 sur 185 · CH4P. XII [. LÉGISLATION DES ÉTATS. WL · texte numérisé non relu

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décence et une violation de l'ordre. Rien ne serait plus offensant pour tous les hommes vertueux de la république , ni de plus démoralisant pour la jeunesse, que de déclarer innocente une telle profanation. Ce serait anéantir toute différence entre le sacré et le profane. — Sauf une seule exception qui doit servir d'avertissement, il n'est, parmi les nations civilisées de l'antiquité et des temps modernes , aucun gouvernement qui ait permis d'insulter en face à la religion généralement reconnue ; c'eût été par trop se fier à la solidité de la morale publique. — Il est vrai que la constitution supprime les églises d'Etat; mais elle n'interdit pas aux tribunaux de prendre connaissance des actes qui , sans porter atteinte à une église particulière plus qu'à une autre, s'attaquent à la religion et sapent ainsi par leur base toute obligation morale et le pacte social lui-même. Rien ne serait plus contraire à l'esprit de la constitution que de prétendre qu'elle a voulu rapporter les dispositions par lesquelles le droit coutumier protège le christianisme contre les insultes d'une impiété déclarée et sans frein.... »

A ce témoignage du grand juge Kent, nous pouvons ajouter celui du juge Duncan de Pensylvanie, dans le procès qui fut intenté à un homme pour cause de blasphème. Ce n'était pas de Dieu directement qu'il avait mal parlé, mais de la Rible; aussi l'accusait-on d'avoir «voulu flétrir et vilipender la religion chrétienne et les Saintes-Ecritures.» «Quand il serait

' Dr. Johnson's Reports, p. 290.

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vrai , » dit le luagislral (lue nous venons de nommer, «quand il serait vrai (jue le christianisme n'ait pas de earaclère légal dans le pays, toujours est-il qu'on doit voir en lui la religion du peuple tout entier; et l'insulter, n'est-ee pas porter atteinte à la paix publique? — Nulle société ne saurait tolérer la tentative volontaire et malveillante de renverser la religion qu'elle professe. »*

C'est par des motifs semblables, je pense, que les tribunaux de ce même Etat de Pensylvanie n'ont jamais refusé d'appliquer les dispositions du droit coutumier aux insultes faites à un ministre de l'Evangile dans l'exercice de ses fonctions.

D'ailleurs, ainsi que je le disais tout à l'heure, il n'est pas un seul de nos Etats dont les lois'ne protègent les assemblées religieuses contre ceux qui voudraient les troubler; et je ne sache pas de délit qui soit plus promplement réprimé par la police, soit que ces assemblées aient lieu dans une église , ou dans une maison particulière , ou bien encore sous les ombrages des forêts.

Les lois de tous les Etals garantissent aux églises leurs propriétés, moyennant certaines formes à suivre et certaines restrictions, et ces lois s'appliquent à tontes les sociétés qui s'occupent d'objets religieux. En quelques Etats, il suffit qu'une association chrétienne ait son règlement organique pour être ipso facto envisagée comme une corporation jouissant de l'exis-

* Sergeant et Rawle's Reports, p. 394.

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