‹ La religion aux États-Unis d'AmériqueChapitre 109 sur 185 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

QUE LA LEG1SLATI0\ PARTICULIERE DES ETATS PORTE QUELQUE- FOIS INDIRECTEMENT SUR DES OBJETS RELIGIEUX.

S'il n'existe actuellement aucune église nationale aux Etats-Unis, ce n'est pas, comme nous l'avons vu , que les Etats n'aient pas le pouvoir d'en instituer, mais c'est parce qu'on a jugé peu expédient d'appeler

> On voit par le contenu de ce chapitre que l'Etat qui répudie une église ne répudie pas par cela même la religion. Resterait à exanniner si la religion chrétienne réclame réellement de l'Etat toute l'assistance que les lois et coutumes des Etats-Unis permettent à la force publique de lui donner. [Trad.)

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ce sysU'aïie au secours do la religion. L'expérience a (lémonlré (jue, cliez nous du moins, les églises nationales sont plus nuisibles que bienfaisantes. On a dû y renoncer par la raison même que, vu les circonstances, on ne pouvait les maintenir sans injustice envers une portion des citoyens.'

Ainsi, bien que les constitutions de plusieurs Etats, notamment celles du Maryland, du New-Hampshire et de la Caroline du Sud, confèrent à la législature le droit d'instituer une église, nul usage n'a été fait de ce droit, et il n'y a pas la moindre apparence qu'on l'exerce jamais. Cependant, ces mêmes Etats n'envisagent point comme peu sage ou injuste de seconder la religion par des voies indirectes. Aux exemples que nous avons donnés nous devons en ajouter quelques autres.

Les Etals font beaucoup pour l'éducation publique dans tous ses degrés, et souvent ils prêtent ainsi à la

1 Ceux pour qui la religion n'est qu'une sorte de police préventive, ne trouvent pas qu'il y ait injustice à faire payer à des incrédules les frais du culte chrétien. Ils en prulitent, dit-on, par les garanties d'ordre et de moralité que la religion donne au pays. Mais dans cette hypothèse même, on devrait voir, nous semble-t-il,^ tout ce qu'il y a d'injuste à lever sur les dissidents les frais d'un culte qui n'est pas le leur. Car s'il ne s'agit que d'une police, ils la font par leur propre culte, et pourquoi leur faire supporter à double cette charge? — Quant aux croyants qui se rattachent au culte national , j'ai peine à comprendre qu'ils ne sentent pas l'injustice qu'ils commettent en faisant peser les frais de leur culte sur des dissidents, et sur la masse des incrédules dont, hélas! tous les pays ne sont (pie trop peuplés. [Trad.)

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