CHAPITRE XV
DES CAS OU L AUTORITE CIVILE PEUT INTERVENIR DIRECTEMENT EN MATIÈRE RELIGIEUSE.
Quand je parle de l'intervention de l'Etat en matière religieuse, je n'entends point par là les questions de doctrine^ mais les questions de propriété ecclésiastique, questions que les tribunaux sont quelquefois appelés à décider. C'est ce qui arrive même assez fréquemment pour des congrégations isolées ; et l'on a vu, deux fois au moins, des communions chrétiennes fort considérables recourir à la justice pour terminer des différends de cette nature. Dans le New-Jersey, par exemple, les tribunaux eurent à prononcer sur les I. -22
préleulioiis réciproques des deux grands corps doiil se compose la société des ({uakers aux EUils-Uuis : les orthodoxes et les hicksiles. Il s'agissait de savoir à qui revenait un immeuble appartenant à la société avant l'introduction du schisme, et, bien que le procès ne roulât que sur un intérêt local, l'issue s'en fit res* sentir aux quakers de l'Etat tout entier.
Le second cas est celui qui s'est présenté récemment en Pensylvanie, où l'assemblée générale de l'église presbytérienne possédait une certaine propriété; et comme celle église s'est partagée en deux églises distinctes, il s'agissait de décider à laquelle des deux ces fonds appartiendraient désormais, ou, en d'autres termes, quelle était, des deux, celle qui succédait à l'église ancienne. 11 semblait que la doctrine devait tout décider; mais la cour ne l'estima point de la sorte, elle préféra juger d'après les actes de l'une et de l'autre partie. Ce n'est pas ainsi qu'on avait procédé dans l'affaire des sociétés quakers dont je parlais tout à l'heure : le tribunal jugea, d'après leurs doctrines, laquelle des deux était la vraie société des Amis.
Je crois maintenant en avoir dit suffisamment, et l'avoir fait avec assez d'impartialité, pour instruire mes lecteurs sur ce que sont au juste les relations de l'Eglise et de l'Etat en A»nérique. Toutefois, je ne quitterai point ce sujet sans leur avoir donné, par manière de récapitulation, l'extrait d'une note qu'a bien voulu me communiquer l'honorable Henry Wheaton, ambassadeur des Etals-Unis à la cour de Prusse.
« En réponse h voire prfîniière question, je vous